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La Chronique de Bjarne Melkevik
Par Bjarne Melkevik
Professeur, Faculté de droit, Université Laval, Québec
Bjarne Melkevik, docteur ès droit de Paris II, professeur à la Faculté de droit de l’Université Laval (Québec), est un auteur prolifique dans le domaine de la philosophie du droit, de l’épistémologie et de méthodologie juridique. Ses plus récentes publications incluent Horizons de la philosophie du droit (1998 et 2004), Réflexions sur la philosophie du droit (2000), Rawls ou Habermas. Une question de philosophie du droit et Considérations juridico-philosophiques (2005). Dans le domaine de la tolérance, il a notamment publié l’ouvrage «Tolérance et modernité juridique » (2006). Dr Bjarne Melkevik est membre du Conseil de direction de Tolerance.ca.
Articles de cette chronique
par Bjarne Melkevik, Professeur, Faculté de droit, Université Laval, Québec, membre de Tolerance.ca®
Envoyé spécial du Corriere della Sera, quotidien italien publié à Milan, Michel Foucault (1926-1984) est témoin du renversement de la monarchie et de l'instauration de la République islamique en Iran (1978-1979). Il voit se déployer sous ses yeux la prise du pouvoir par les islamistes et l'émergence d'un projet idéologique qui devait bientôt conduire à l'instauration d'un régime théocratique, autoritaire et profondément réactionnaire. Pourtant, loin d'y déceler les signes annonciateurs de cette dérive, il se montre enthousiaste, exalté, séduit même par ce qu'il croit être l'invention d'une forme inédite de vie politique. L'Iran qu'il contemple n'est cependant pas l'Iran réel, mais un Iran reconstruit par l'imagination philosophique. C'est là que commence son égarement. (Texte intégral)
par Bjarne Melkevik, Professeur, Faculté de droit, Université Laval, Québec, membre de Tolerance.ca®
Le modèle démocratique présente aujourd'hui un double visage : il est à la fois hégémonique et en sursis. D'un côté, il semble bien se porter, puisqu'aucune alternative autoritaire ne suscite de réel engouement dans nos sociétés. De l'autre, il traverse une crise profonde. Celle-ci touche moins ses principes fondamentaux que la confiance des citoyens et l'efficacité des mécanismes de délibération publique. À cela s'ajoutent un mépris croissant envers la classe politique et une méfiance généralisée à l'égard de l'appareil administratif. Pour plusieurs, cette machine est devenue un véritable « monstre bureaucratique » qui a progressivement éclipsé la promesse démocratique qu'elle devait pourtant servir. (Texte intégral)
par Bjarne Melkevik, Professeur, Faculté de droit, Université Laval, Québec, membre de Tolerance.ca®
C’est une perspective politique et philosophique juste et utile. À tout moment, nous recommençons l’aventure humaine, celle de la vie politique et sociale vécue ensemble. Ce recommencement ne s'accompagne d'aucune garantie, d'aucune assurance quant à ses résultats ou à ses conséquences. Pourtant, porté par l’espoir que l’avenir doit nous appartenir, il trouve son expression la plus simple dans cette idée : tout commence et recommence, hic et nunc, maintenant. (Texte intégral)
par Bjarne Melkevik, Professeur, Faculté de droit, Université Laval, Québec, membre de Tolerance.ca®
Décédé en mas 2026, Habermas fut un homme de conviction, toujours engagé dans la vie publique, mettant sa pensée au service d'un monde meilleur et plus éclairé. Sa disparition creuse un vide dans les débats intellectuels, là où la philosophie habermasienne nous rappelle que la réflexion critique est indispensable à toute communauté qui souhaite se comprendre et progresser par l'élaboration d’une prise en compte collective.  (Texte intégral)
par Bjarne Melkevik, Professeur, Faculté de droit, Université Laval, Québec, membre de Tolerance.ca®
Image. Narcisse qui se mire dans l'eau et tombe amoureux de sa propre image.  Source Le Caravage
L’opinion agit comme un miroir où le « moi » ne rencontre que « lui-même ». Elle est le déversoir verbal de nos instincts, de nos préjugés et de nos zones d’ombre ; c’est le cri du « je hais », « j’aime », qui ne cherche aucune preuve. Elle permet également de jeter un pont vers le monde, mais ce pont est fragile : c’est un « je pense, donc j’opine » où la pensée reste prisonnière de ses propres limites. C’est aussi le sujet qui s'enferme dans son jugement en décrétant que ses propres ressources suffisent à dire le vrai : « c'est mon opinion, donc c'est ma vérité ». (Texte intégral)
par Bjarne Melkevik, Professeur, Faculté de droit, Université Laval, Québec, membre de Tolerance.ca®
Saluons la parution de l’anthologie « Big Brother. Manipulation, propagande, surveillance » de George Orwell. Cet ouvrage rassemble les textes essentiels issus de toute l’œuvre d'Orwell pour disséquer le mécanisme du pouvoir totalitaire sous l'angle de la manipulation, de la propagande et de la surveillance. Mais il faut y ajouter des termes plus insidieux encore : totalitarisme, aveuglement et fanatisme. (Texte intégral)
par Bjarne Melkevik, Professeur, Faculté de droit, Université Laval, Québec, membre de Tolerance.ca®
Une ombre plane sur la pensée contemporaine : celle d'une récusation radicale de l'existence. Peut-on — et doit-on — transformer le berceau en cercueil de l'humanité ? Sous le terme d'antinatalisme se déploie une métaphysique du refus qui ne se contente plus d'interroger la condition humaine, mais en révoque la légitimité même. Cette hostilité envers le vivant, cette volonté de tarir la source de l'être, trouve son architecte le plus implacable dans le Grand Nord, chez le philosophe norvégien Peter Wessel Zapffe (1899-1990). (Texte intégral)
par Bjarne Melkevik, Professeur, Faculté de droit, Université Laval, Québec, membre de Tolerance.ca®
Remettons en question le Projet 1619, conçu et promu par le New York Times Company. Analysons et critiquons ce projet comme un coup journalistique se servant de l’histoire afro-américaine pour faire du "politiquement correct". Sous le vernis d'une réparation mémorielle, il opère une substitution périlleuse : celle du récit militant à la rigueur scientifique, transformant l'histoire en un levier de marketing idéologique. En érigeant le militantisme narratif en vérité historique, cette initiative sacrifie la complexité des faits sur l'autel d'une polarisation médiatique lucrative. Ce projet finit par instrumentaliser les souffrances du passé pour valider un catéchisme idéologique contemporain, transformant le métier de journaliste en celui de procureur de l'histoire. Critiquons-le en conséquence. (Texte intégral)
par Bjarne Melkevik, Professeur, Faculté de droit, Université Laval, Québec, membre de Tolerance.ca®
Salman Rushdie, dont la lecture mérite une place de choix, est, on le sait, un auteur remarquable. Se plonger dans le roman Les Versets sataniques, paru en 1988, et donc il y a près de 40 ans, invite non seulement à une réflexion profonde, mais constitue également un geste de résistance face à l’intolérance, aux discriminations et à la pensée réactionnaire, des questions qui demeurent on ne peut plus d’actualité.  Ce chef-d’œuvre s’impose par son exploration du réalisme magique, caractéristique de l’auteur, mêlant fabulations, allégories et fables dans une narration à la fois captivante et envoûtante. Ce livre, d’une maîtrise incontestable, s’inscrit sans hésitation parmi les trésors de la littérature. (Texte intégral)
par Bjarne Melkevik, Professeur, Faculté de droit, Université Laval, Québec, membre de Tolerance.ca®
Sous toutes ses formes et quelles que sont ses justifications, le terrorisme incarne une négation totale des valeurs humaines, de la décence et de la civilité. Il représente un antihumanisme qui blesse, effraie et asservit.  Recourir systématiquement à la violence pour atteindre des objectifs religieux, politiques, nationaux ou culturels, à travers des actes de barbarie, tels que les attentats, assassinats, destructions, violences ou prises d'otages, traduisent un mal profondément inhumain, un fléau innommable, une plaie dévastatrice. Pour toute personne dotée d’une moralité et d’une sensibilité humaine, le terrorisme se réduit à ce constat glaçant : l'autre est nié, rejeté, considéré comme une existence superflue qui peut être effacée.  (Texte intégral)
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