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Brésil : les limites du sport

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Les Brésiliens manifestent contre les dépenses illimitées de l’organisation de la Coupe du monde de football en 2014. Certes, il existe d’autres motifs d’insatisfaction : la corruption, les insuffisances des services publics, les besoins urgents des institutions scolaires et de santé. La colère des classes moyennes éclate dans divers pays.

Au Brésil, il est significatif que ce soit le football qui déclenche le mouvement. C’est le pays où ce sport attire les masses. Pelé, l’icône s’était opposé aux protestations avant de changer d’avis et de les approuver. On peut dès lors s’interroger sur le rôle joué par le sport, en l’occurrence, le football dans divers pays et continents.

En Egypte, des partisans de clubs rivaux s’étaient affrontés l’année dernière avec, comme résultat, de nombreux morts et blessés. En Grande -Bretagne, les autorités ont pris de sévères mesures pour empêcher les hooligans de semer le désordre. En France, des villes s’affrontent au nom du sport. Au Québec, le hockey junior suscite de la  violence. Le sport est depuis des siècles un spectacle qui attire les foules. La compétition entre pays et villes est une course pour des victoires, des triomphes pacifiques. La fierté du public favorable aux gagnants qui s’expriment souvent bruyamment.

La puissance du sport comme facteur symbolique coïncide avec la suprématie de l’individu. La massification le réduit de plus en plus en un consommateur, c’est-à-dire en un sujet de la société marchande. Cet individu fait face à un problème d’identité. Pour certains la solution est le recours à une identité religieuse ou ethnique. Le sport apparaît à point nommé comme un facteur de cohésion identitaire, fut-elle symbolique et momentanée. Dans les galeries des stades, cette identité éphémère se transforme, en se dégradant, en signal de combat et d’affrontement.

Au Brésil, la coupe du monde de football aurait pu se transformer en expression de fierté et faire oublier temporairement les véritables problèmes économiques et sociaux. Ce ne fut pas le cas. Au contraire, les dépenses somptuaires de préparation de l’événement, accompagnées de corruption ont soulevé la colère de tous ceux qui attendaient une amélioration de leurs conditions de vie. Et le sport ne masquait plus la réalité. C’est la constatation et l’expression de ses limites. Ainsi le spectacle le plus grandiose ne fait pas oublier la misère et la crise sociale.

30 juin 2013

 



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