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Des événements qui ont marqué le Québec

par
Ph.D., Université de Montréal, Directeur, Tolerance.ca®
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La crise d'Octobre 1970 commence avec l'enlèvement le 5 octobre 1970 de l'attaché commercial de la Grande-Bretagne, James Richard Cross, par un groupuscule armé du Front de libération du Québec (FLQ).  

Suite à cet enlèvement, l’annonceur de Radio-Canada, Gaétan Montreuil, fera le 8 octobre 1970 la lecture intégrale du manifeste du FLQ à la télévision d’État canadienne, dans un but humanitaire afin de tenter de sauver James Cross. Le gouvernement fédéral cédait ainsi à une des demandes du groupe terroriste. 

Le 10 octobre aura lieu l'enlèvement du ministre québécois du Travail, Pierre Laporte, par la «cellule Chénier», un autre groupuscule se réclamant du FLQ.

Suite aux demandes de Robert Bourassa, premier ministre québécois et de Jean Drapeau, maire de Montréal, le Parlement fédéral canadien, pour faire face à la crise, adoptera la loi des mesures de guerre (15-16 octobre) et suspendra les libertés civiles.

Le 17 octobre, le FLQ émet un communiqué dans lequel il annonce la mort du ministre. Le communiqué déclare ceci :

« Face à l’arrogance du gouvernement fédéral et à son valet Bourassa, face à leur mauvaise foi, le FLQ a donc décidé de passer aux actes. Pierre Laporte, ministre du chômage et de l’assimilation, a été exécuté à 6h18 ce soir par la cellule Dieppe (Royal 22e). Vous trouverez le corps dans le coffre d’une Chevrolet verte (no 9J 2420) à la base de Saint-Hubert. Deuxième entrée. Nous vaincrons. »

On trouvera le corps de Pierre Laporte le même jour dans le coffre de la voiture, dont les détails sont précisés dans le communiqué ci-dessus. 

La loi des mesures de guerre adoptée par le parlement fédéral canadien accordera à la police des pouvoirs d’appréhender et de chercher les personnes sans justifications et de les retenir durant 90 jours sans donner de raisons. Plus de 450 personnes seront arrêtées et emprisonnées de façon arbitraire.

8000 soldats de l’armée canadienne seront déployés principalement à Montréal, afin de garder les édifices gouvernementaux et de protéger des personnalités politiques.

La cellule Chénier du FLQ était formée des frères Rose (Paul et Jacques), de Francis Simard et de Bernard Lortie.

Après un mois de filatures, la police découvre le lieu de séquestration de James Cross, à Montréal-Nord. La maison est mise sous surveillance. Le 3 décembre, la police s’entend avec les ravisseurs après de longues négociations conduites par l'avocat Me Bernard Mergler. Les membres de la cellule Libération et leur famille reçoivent un sauf-conduit pour Cuba. Ils s’envolent vers 19h45.

Le diplomate britannique James Richard Cross est libéré après 60 jours de détention.

Paul et Jacques Rose, ainsi que Francis Simard furent arrêtés le 28 décembre 1970. Le 31 mars 1971, Paul Rose fut condamné à une peine d'emprisonnement à perpétuité pour le meurtre de Pierre Laporte. Il s'est vu accorder la liberté conditionnelle le 20 décembre 1982. Il est décédé en 2013.

Dans son film Les Rose, sorti en août 2020, Félix Rose, le fils de Paul Rose, tente de comprendre ce qui a pu mener son père et son oncle à commettre de tels actes. Il a été produit par l'Office national du Canada (ONF).

Il faut ici citer aussi le documentaire L’Otage de Carl Leblanc.

Ce documentaire est consacré au témoignage de l'attaché commercial de Grande-Bretagne à Montréal, Richard Cross, qui fut kidnappé par la cellule Libération du FLQ dont faisait partie Jacques Lanctôt, qui livre aussi son témoignage dans le film.

Ce qui est assez ironique dans cet épisode de la crise d’Octobre, c’est que Cross, qui fut pourtant détenu deux mois par ses ravisseurs, était sympathique, en tant qu’Irlandais, à l’indépendance du Québec. Cause que défendait ses ravisseurs. C’est ce qu’il avoue à la fin du film, L'Otage… Et il ne s’agit pas du syndrome de Stockholm.

À lire aussi :

Robert Côté, Ma guerre contre le FLQ, Éds Trait d'union, 2003. Récit des enquêtes minitieuses de ce légendaire policier de la ville de Montréal, qui a désamorcé d'innombrables engins explosifs et sauvé de nombreuses vies.

Louis Hamelin, La Constellation du Lynx, Roman, Boréal, 2010.

Voir également les films de

Michel Brault, Les Ordres, 1973, Production Prisma (À mo-chemin entre la fiction et le doeumentaire.) 

Pierre Falardeau, Octobre, ACPAV et ONF, 1994.

Jean-Daniel Lafond, La Liberté en colère, ONF, 1994.

Robin Spry, Action: The October Crisis of 1970, ONF, 1973

Robin Spry, A Portrait of a Society in Crisis, ONF, 1973.

10 septembre 2020 



* Image: www.cfi-icf.ca


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