Tolerance.ca
Regard sur nous et ouverture sur le monde
Indépendant et neutre par rapport à toute orientation politique ou religieuse, Tolerance.ca® vise à promouvoir les grands principes démocratiques sur lesquels repose la tolérance.

Une leçon de démocratie pour le maire de Montréal : l'avenue du Parc ne changera pas de nom

par
Ph.D., Université de Montréal, Directeur, Tolerance.ca®
L'avenue du Parc ne changera pas de nom. Le maire de Montréal a dû reculer devant les protestations de la population et plus particulièrement devant celles des résidants et commerçants du quartier Tolerance.ca® s'était opposé à cette décision autocratique dès le mois d'octobre et publiait une interview avec une personnalité de la communauté grecque du Québec, l'historien Stephanos Constantinides, afin de démontrer l'importance qu'avait le nom de cette artère pour les résidants du quartier.

Rappelons que le le comité exécutif de la Ville de Montréal avait annoncé, de façon unilatérale l'automne dernier, que l'avenue du Parc serait renommée "avenue Robert-Bourassa" à partir de la Place Jean-Paul Riopelle sur la rue Bleury (qui est le prolongement de l'Avenue du Parc au sud) jusqu'à l'intersection de la rue Jean-Talon, plus au nord. Cette décision était entérinée par un vote majoritaire par les élus municipaux malgré les protestations d'un nombre considérable de manifestants massé devant l'hôtel de ville de Montréal, le 28 novembre 2006.

«Je suis perturbé», a dit le maire au cours d'un point de presse mardi 6 février, après avoir admis, en pesant chaque mot, qu'il regrettait la controverse suscitée par son idée de rebaptiser les deux artères en l'honneur de l'ex-premier ministre du Québec, Robert Bourassa.

Il est intéressant de signaler que, selon le maire, ce ne sont pas les protestations de la population qui l'ont conduit à revenir sur sa décision, mais sa rencontre avec la famille de l'ancien premier ministre du Québec.

«Robert Bourassa n'aurait pas aimé toute cette controverse autour de son nom», a-t-il précisé aux journalistes.

Le choix d'autres artères susceptibles d'honorer la mémoire de M. Bourassa sera «fort probablement» soumis à des audiences publiques, a-t-il assuré.

Les élus municipaux seront appelés à retirer le projet de dénomination de l'avenue du Parc, au prochain conseil municipal, le 26 février.

Signe des temps, plusieurs porte-parole ont avoué leur étonnement devant l'intensité des protestations venues de citoyens et de citoyennes, notamment d'origine grecque. Serait-ce que nos «communautés culturelles» se soient si bien intégrées à la société québécoise qu'elles revendiquent leur appartenance au paysage patrimonial de Montréal ?

Ainsi, M. Masson, le porte-parole du comité de commémoration de la mort de Robert Bourassa, a expliqué que Mme Bourassa et la famille de l'ancien premier ministre ne s'attendaient pas à un tel soulèvement.

«Si on (le comité et la famille) a choqué qui que ce soit, en particulier la communauté grecque, pour qui M. Bourassa a beaucoup fait, notamment avec le développement des écoles, nous en sommes sincèrement désolés, a dit M. Masson. Mais nous ne ressentons aucune animosité envers le maire, et on soutient sa décision.»



Rarement dans l'histoire du Québec, un changement
de nom de rue aura-t-il suscité autant de passion

À la Commission de la toponymie du Québec, où on s'apprêtait à fixer une deuxième rencontre pour trancher la question, la directrice de l'organisme a expliqué hier que rarement, dans l'histoire du Québec, un changement de nom de rue avait suscité autant de passion.

«Ce que ça démontre c'est qu'on ne touche pas à un nom n'importe comment», dit la directrice de la commission, Danielle Turcotte.

En tout, la Commission a reçu plus de 800 lettres ou mémoires contre le changement de nom. Et une pétition montréalaise avait recueilli à elle seule près de 42 000 signatures.

Finalement, des porte-parole de la communauté grecque ont souligné que le mouvement de contestation se serait de toute façon transporté jusqu'en Cour supérieure. «C'est dommage pour la famille Bourassa. Il aurait fallu tenir des consultations publiques. Tout ce débat a demandé beaucoup trop d'énergie», a dit Louis Hondronicolas, au nom de sa communauté.

Mise en ligne mercredi 7 février 2007


* Image : Http://www.urbanphoto.net/blog


Partagez vos idées avec Victor Teboul
Pour écrire votre réaction, nous vous encourageons à devenir membre de Tolerance.ca® ou de vous identifier si vous êtes déjà membre. Vous pouvez poster une réaction sans devenir membre, mais vous devrez compléter vos informations personnelles pour chaque réaction.

Devenir membre (gratuit)   |   S'identifier

L'envoi de votre réaction est soumis aux règlements et conditions de Tolerance.ca®. Vous devez lire Les règlements et conditions de Tolerance.ca® et les accepter en cochant la case ci-dessous avant de pouvoir soumettre votre message.
Votre nom :
Courriel :
Titre :
Message :
 
  J'ai lu et accepté les règlements et conditions de Tolerance.ca®.
Chronique
Cet article fait partie de

Bloc-Notes de Victor Teboul

Victor Teboul est écrivain et le directeur-fondateur du magazine en ligne Tolerance.ca ®, fondé en 2002 afin de promouvoir un discours critique sur la tolérance et la diversité. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont des romans et des essais, et de nombreux... (Lire la suite)

Lisez les autres articles de Victor Teboul
Suivez-nous sur ...
Facebook Twitter