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Le Canada : une « république de bananes » ?

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Montréal - L’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ), tout comme l’ensemble des communautés littéraire et universitaire québécoises, a été abasourdie de lire dans les quotidiens du 14 avril dernier que les auteurs de l’ouvrage Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique, publié récemment aux Éditions Écosociété, avaient fait l’objet d’une mise en demeure de la compagnie minière Barrick Gold, les menaçant, à « leurs risques et périls », de « poursuites judiciaires en Cour supérieure du Québec ». Cette « poursuite-baîllon » contre Alain Deneault, Delphine Abadie et William Sacher et contre les administrateurs d’Écosociété est non seulement injustifiée, mais elle constitue une tentative violente de museler toute parole indépendante.

Stanley Péan, président de l’UNEQ, tient à exprimer la solidarité des écrivains membres de l’UNEQ aux victimes de cette attaque frontale contre la liberté d’expression et le droit à l’information et demande au ministre Jacques Dupuis de procéder rapidement à la présentation d’un projet de loi qui limiterait l’usage des « poursuites-baîllons », préservant ainsi les acquis de la société civile.


Si la société minière Barrick Gold, qui dispose d’une période d’un an pour intenter un procès en diffamation aux auteurs et à l’éditeur du livre, entend passer à l’acte, qu’elle sache qu’elle trouvera sur son chemin un grand nombre d’écrivains prêts à défendre, par leur parole et leurs écrits, les auteurs et l’éditeur de Noir Canada.

Ce triste épisode, qui s’ajoute au projet de loi C-10, modifiant la Loi de l’impôt sur le revenu (projet dont le but est d’imposer des critères inacceptables au financement des productions cinématographiques), et au projet de loi C-484 (qui ouvre la porte à la re-criminalisation de l’avortement), est une pierre supplémentaire dans le jardin du néo-conservatisme qui pousse indubitablement le Canada dans le camp des « républiques de bananes ».

L’UNEQ en appelle donc à la vigilance et à la manifestation, non seulement de tous les écrivains québécois et canadiens mais de tous les acteurs de la société civile car, demain, ce sera peut-être votre tour…

Information : Pierre Lavoie : (514) 849-8540




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La stratégie des coureurs de grands chemins
par Richard Tremblay le 10 mai 2008

Ce ne sont pas les sociétés d'exploitation qu'il faut blâmer davantage que les politiciens qui ne remplissent pas leur devoir face aux citoyens qu'ils représentent. Ils accordent aux représentants des grandes entreprises et à la protection des intérêts de ces derniers les mêmes droits qu'à monsieur Tout le Monde. En réalité, et jusqu'à preuve du contraire, les grandes entreprises ont épousé la cause du capital non celle du social. Elles ont pour seul but de travailler dans leur intérêt propre qui est d'accumuler la richesse, ce qui revient dans la pratique à en dénier l'accès au plus grand nombre, allant même jusqu'à bafouer la dignité humaine. Et les moyens dont elles disposent dans l'usage abusif qu'elles font des lois est tout simplement hors de proportion par rapport à ceux dont dispose monsieur Tout le Monde. Il y a là un nivellage vers la loi du plus fort, alors que les politiciens ferment les yeux ou encouragent, tacitement voire ouvertement, l'abus des recours legaux par les coureurs de grands chemins.

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