Tolerance.ca
Directeur / Éditeur: Victor Teboul, Ph.D.
Regard sur nous et ouverture sur le monde
Indépendant et neutre par rapport à toute orientation politique ou religieuse, Tolerance.ca® vise à promouvoir les grands principes démocratiques sur lesquels repose la tolérance.

Une organisation juive, critique d'Israël, dénonce son exclusion du Sommet sur l'antisémitisme du gouvernement Trudeau

Partagez cet article

Voix juives indépendantes Canada ainsi qu’un groupe d’universitaires canadiens déplorent que le ministère fédéral de la Diversité, de l’Inclusion et de la Jeunesse ait choisi d’exclure des points de vue critiques à l’occasion du sommet national sur l’antisémitisme, qui a eu lieu le 21 juillet 2021. 

« Même si la ministre insiste pour dire que “diverses” perspectives seront représentées, nous constatons exactement le contraire », explique Corey Balsam, le coordonnateur national de VJI. « La décision du gouvernement fédéral de sélectionner les Juifs et les Juives qu’il désire entendre démontre qu’il n’est pas sérieux dans son intention de combattre l’antisémitisme, mais souhaite surtout organiser un spectacle en vue d’une élection largement anticipée pour l’automne. »

Plus de 1 500 membres et sympathisant-e-s de VJI ont écrit au bureau de la ministre Bardish Chagger pour demander que VJI participe au sommet. Corey Balsam a même été invité par un député libéral, mais il semble que le bureau de la ministre ait utilisé son veto pour faire annuler cette invitation. Des sources au gouvernement ont l’impression que VJI est expressément tenue à l’écart, ainsi que d’autres groupes et individus qui sont explicitement critiques de la définition de l’antisémitisme formulée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), un instrument qui sera sans doute fortement mis de l’avant lors du sommet.

La position critique de VJI à l’égard de la définition de l’IHRA est défendue ou endossée par plus de 650 universitaires canadiens, plus de 170 professeur-e-s juifs canadiens, plus de 25 associations et syndicats de professeur-e-s et de nombreux autres groupes de la société civile. « La pression pour faire adopter la définition de l’IHRA s’inscrit dans les efforts continus visant à faire passer le soutien au peuple palestinien pour de l’antisémitisme », poursuit Corey Balsam. « Malgré les quelques incidents regrettables qui se sont produits dans la foulée des violences récentes perpétrées par Israël contre Gaza et Jérusalem, les manifestations organisées en solidarité avec le peuple palestinien, dans la vaste majorité des cas, n’affichaient aucun sentiment anti-juif. »

Membre du comité qui a organisé et fait circuler la lettre de Jewish Faculty Against IHRA, le professeur Alejandro Paz (Université de Toronto) a lui aussi été exclu du sommet avec d’autres organisateurs de cette campagne. « Même après avoir recueilli les signatures de plus de 170 professeur-e-s juifs de partout au Canada, nos nombreuses demandes à la ministre sont restées sans réponse », déplore Alejandro Paz. « En excluant des universitaires juifs de cette manière, le gouvernement fédéral encourage la propagation de statistiques erronées et de notions douteuses, comme le concept de “nouvel antisémitisme”, qui assimile pratiquement toute critique sévère de l’État d’Israël à l’antisémitisme. »

« Si le gouvernement fédéral est sérieux dans sa volonté de combattre l’antisémitisme, il doit entendre différentes perspectives juives sur cette question, plutôt que de n’admettre qu’un groupe sélect. Il doit également cesser de traiter l’antisémitisme séparément de la lutte contre toutes les autres formes de racisme, comme le racisme anti-Noir et anti-Autochtone ou, dans ce contexte en particulier, l’islamophobie et le racisme anti-arabe et anti-Palestinien », poursuit Alejandro Paz. Il rappelle par ailleurs que selon un sondage EKOS réalisé en 2018 auprès de Juifs et de Juives au Canada, la moitié des personnes interrogées estiment que l’accusation d’antisémitisme est régulièrement employée pour faire taire les critiques légitimes des politiques d’Israël.

Malgré son exclusion du sommet, VJI a fait parvenir au ministère un mémoire contenant plusieurs recommandations, dont celle d’intégrer la lutte contre l’antisémitisme à la lutte globale contre toutes les autres formes de racisme. Une telle approche permettrait d’unir toutes les communautés ciblées au lieu de les diviser.

Pour les demandes des médias :

Corey Balsam, coordonnateur national de VJI

corey@ijvcanada.org | 514-437-2940

23 juillet 2021

NDLR de Tolerance.ca : il s'agit du Sommet sur l'antisémitisme du gouvernement Trudeau qui a eu lieu le 21 juillet 2021.



Réagissez à cet article !

L'envoi de votre réaction est soumis aux règlements et conditions de Tolerance.ca®.
Votre nom :
Courriel
Titre :
Message :
Suivez-nous sur ...
Facebook Twitter