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Moyen-Orient. Rien de nouveau à l'horizon: l'Islamisation rampante se poursuit

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par Albert Soued

 Un spécialiste israélien de l'utopie politique, devenu depuis président, avait écrit, il y a une trentaine d'années, un livre intitulé "le Nouveau Moyen Orient". Je l'avais offert à une amie et j'ai été surpris de voir qu'il lui avait servi comme support d'équilibrage d'un gros meuble. Peut-être de la clairvoyance. Parce qu'en 30 ans, le Moyen Orient, sauf exceptions, est resté figé, sinon a régressé, sur le plan socio-économique.

Que des jeunes gens excédés par le "farniente" et par un avenir plutôt sombre, en dehors du "mirage des 70 vierges" que leur font miroiter leurs maîtres en pensée, descendent dans la rue, parce qu'ils ont peur de sombrer à nouveau dans la misère, on peut parfaitement le comprendre. On peut aussi très bien comprendre que, pour des raisons diverses, l'armée qui est chargée de maintenir l'ordre, faute d'autre mission, puisse refuser de tirer sur la foule. C'est ce qui est arrivé en 1979 au shah d'Iran qui a été obligé de s'exiler. La place a été vite occupée par les maîtres à penser du peuple, mollahs et ayatollahs, qui gouvernent aujourd'hui le pays d'une main de fer, encore plus impitoyable que celle du shah.

En Tunisie, l'armée a refusé de suivre le pouvoir en place dans la répression du peuple. Les moyens anti-émeutes de la police s'étant vite épuisés devant l'ampleur des manifestations, Ben Ali a été amené à s'enfuir avec sa famille. Le chef de l'opposition islamiste qui vient de rentrer, Rachid Al-Ghannouchi, est un dirigeant de l'organisation des Frères Musulmans. Il a déclaré sur la chaîne al Jazirah "Je salue les jeunes et les femmes de Tunisie, qui ont réussi à donner une leçon au plus grand dictateur de l'histoire tunisienne…Et en effet, Allah a concrétisé leurs espoirs. Ben Ali s'est avéré être un lâche qui s'est enfui comme une souris dans le silence de la nuit…. Il leur reste à ne pas s'accommoder de la destitution du dictateur et à renverser la dictature. Il y a encore une dictature en Tunisie. Le dirigeant est parti, mais le régime est encore en place. C'est évident dans la constitution même. … La dictature transparaît dans toute la structure étatique, conçue sur mesure pour les besoins d'un seul parti politique. En conséquence, c'est devenu un Etat mafia, un Etat policier, l'Etat d'un dictateur ". En fait de dictature, "wait and see" (attendre pour voir).

En Egypte, Hosni Moubarak n'a pas fui, car l'état major de son armée lui reste encore fidèle. Mais sa femme Suzanne, sa fille et son fils Gamal, supposé "hériter du trône" sont déjà à Londres avec leurs bagages. Son ministre de la défense négocie à Washington l'envoi urgent de moyens anti-émeutes. Si jamais Moubarak ne réussit pas à se maintenir plus longtemps que 32 ans, le seul pouvoir organisé qui puisse prendre la relève à terme, après une période de troubles, ce sont les maîtres à penser et le groupe des Frères Musulmans.

La Jordanie connaît des manifestations depuis plusieurs semaines, celles-ci franchement menées par l'organisation des Frères Musulmans. Dans ce pays, on ne demande que la tête du 1er ministre Samir Rifai', pour le moment, pas celle du roi Abdallah, protégé par l'armée des bédouins. (Voir PPPPP N°27)

Le Yémen s'est aussi réveillé avec des émeutes, des dizaines de milliers de citoyens sont descendus dans la rue à Sanaa, demandant le départ d'Ali Abdallah Saleh, considéré comme un tyran qui a trop duré, lui aussi 32 ans. Le Yémen subit déjà la forte pression d'une rébellion shiite houthi, affiliée à l'Iran, au nord, et d'une autre forme d'opposition, celle d'une région émancipée et contestataire, au sud. (Voir le Yémen, une république en plein chaos)

Au Liban, en désignant Najib Mikati comme 1er ministre, le Hezbollah, vassal de l'Iran, récupère définitivement le 3ème et dernier centre de pouvoir qui lui échappait encore. Mikati finance en effet le bras médiatique du Hezbollah et le lobby pro-syrien en Occident.

Depuis le départ des forces américaines d'Irak nous assistons tous les jours à des attentats sordides et meurtriers, qui annoncent l'éclatement inéluctable du pays où l'islamisme shiite sera dominant. L'Afghanistan, le Pakistan, la Somalie, le Soudan ont déjà choisi leur avenir politique, en Islam et sans modération.

Les médias parlent amplement des dangers de l'Iran, de sa volonté de devenir une puissance nucléaire et de la vision apocalyptique de ses dirigeants. On parle moins de l'Arabie, or l'Arabie du Wahabisme, est la source de désordres dans le monde, car il est le principal financier de l'Islam wahabite, des Frères Musulmans (jihad dit pacifique) et d'al Qaeda (jihad tout court).

Paris, le 28 janvier 2011

http://soued.chez.com pour www.nuitdorient.com
 



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