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Le Salon international du livre de Québec. L'UNEQ réclame une rémunération décente pour les écrivain-e-s qui animent des ateliers en milieu scolaire

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Montréal — En proposant aux écrivaines et écrivains une rémunération indécente pour certaines interventions en milieu scolaire, le Salon international du livre de Québec (SILQ) démontre à lui seul la nécessité d’encadrer d’urgence les conditions de travail des artistes de la littérature.

Dans sa programmation dévoilée plus tôt cette semaine au public, le SILQ annonce un volet d’animations scolaires intitulé « On invite un auteur dans notre salon (classe) ! » avec un cachet de 75 $ pour chaque animation.

Plusieurs membres de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) se sont tournés vers leur syndicat pour faire part de leur indignation.

L’UNEQ établit chaque année une grille de tarifs minimaux pour les différentes interventions professionnelles d’une écrivaine ou d’un écrivain et coordonne, avec différents programmes gouvernementaux, plusieurs centaines de rencontres, ce qui lui permet de bien référencer les tarifs en vigueur pour l’année 2020-2021 :

  • Animation de 60 minutes en bibliothèque (en virtuel ou sur place) : 255 $.
  • Conférence ou atelier dans un cégep ou une université (en virtuel ou sur place) : 500 $.
  • Atelier offert dans les écoles primaires ou secondaires (en virtuel ou sur place) : 325 $.

À 75 $ l’animation, le SILQ propose donc une rémunération qui ne correspond même pas au tiers du minimum établi par notre syndicat.

Pas de budget ?

Contacté par l’UNEQ, le directeur général du SILQ a fait savoir qu’il ne dispose pas d'un budget pour ce volet de 60 activités et qu’ajuster la rémunération au minimum de référence de l’UNEQ entraînerait le sacrifice de ces animations.

« Quel organisme professionnel du milieu culturel annonce publiquement un volet d’activités sans avoir pris la peine d’établir un budget réaliste ? », s’interroge Laurent Dubois, directeur général de l’UNEQ. « Je trouve dommage que le SILQ, dans sa phase de préparation, n’ait jamais contacté l’UNEQ. Aujourd’hui, c’est comme si on nous faisait comprendre qu’en tentant de négocier une rémunération juste et équitable pour les artistes, le syndicat que je dirige mettait en péril tout un pan des activités du Salon. C’est inacceptable. »

L’UNEQ tient à préciser que des discussions sont en cours avec la grande majorité des salons du livre du Québec dans le but d’établir des conditions de travail décentes. Même si, pour le moment, ces échanges n’ont pas encore abouti à un accord, ils n’en demeurent pas moins constructifs.

De l’urgence de négocier des ententes collectives

L’UNEQ s’est exprimée récemment, appuyée par plus de 1 050 écrivaines et écrivains dans une lettre ouverte, sur la nécessité absolue de profiter de la révision des lois sur le statut de l’artiste menée actuellement par le gouvernement du Québec pour offrir aux écrivaines et écrivains des droits équivalents aux autres catégories d’artistes, notamment l’accès à la négociation et à la représentation collective.

« Avec le SILQ, nous avons un parfait exemple du manque de considération et de reconnaissance du travail des écrivaines et des écrivains que nous vivons trop souvent », déplore Suzanne Aubry, présidente de l’UNEQ. « La rémunération des autrices et auteurs devient la variable d’ajustement d’un budget mal planifié. Une entente collective fixant les conditions de travail des écrivaines et écrivains aurait, de toute évidence, évité ce problème, qui n’est qu’un exemple de plus à inscrire à notre longue liste des situations abusives subies dans le milieu littéraire. »

Malheureusement, plusieurs membres de l’UNEQ seront tentés d’accepter ces conditions, car l’année 2020 les a privés de nombreux revenus. Il est d’autant plus urgent de s’assurer qu’à l’avenir les écrivaines et écrivains puissent être payés décemment pour le fruit de leur travail, à l’instar des autres artistes.

À propos de l’UNEQ

L’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) est reconnue l’association représentative des artistes du domaine de la littérature et compte actuellement plus de 1 600 membres. Le syndicat professionnel travaille depuis 1977 à la défense des droits socio-économiques des écrivaines et des écrivains, ainsi qu’à la valorisation de la littérature québécoise au Québec, au Canada et à l’étranger.

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Source : Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ)

Contact : Marie-Rose Desautels, Morin Relations Publiques, 819 580-9235, marie-rose@morinrp.com



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