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Les inégalités sociales et raciales amplifiées par la crise sanitaire dans certains quartiers de Montréal

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Face au constat que les quartiers parmi les plus pauvres de Montréal constituent de nouveaux points chauds de la crise sanitaire, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse demande aux différents paliers de gouvernement de prendre sans délai des mesures pour lutter contre les inégalités sociales et raciales qui fragilisent les populations vivant dans des zones de défavorisation du Grand Montréal, notamment Montréal-Nord, Saint-Michel et Rivière-des-Prairies. La Commission suggère d’appuyer les organismes locaux qui interviennent sur le terrain afin d’éviter que ne survienne une fracture sociale qui pourrait compromettre la cohésion sociale.

« La COVID 19 met en lumière la hiérarchisation et la différenciation selon le sexe et la « race » dans le travail de première ligne. À ce titre, Montréal-Nord, Saint-Michel et Rivière-des-Prairies comprennent une forte présence de personnes issues de l’immigration récente ou appartenant à des minorités racisées, notamment des femmes, qui occupent des emplois de première ligne dans le milieu de la santé, y compris dans les CHSLD et des emplois qui ont un contact direct avec le public (commis d’épicerie ou de pharmacie) », a déclaré Myrlande Pierre, vice-présidente de la Commission responsable du mandat Charte. « Ces facteurs participent à l’aggravation des problèmes engendrés par la pandémie et il faut s’assurer qu’ils ne deviennent pas les angles morts des mesures gouvernementales. Cela est d’autant plus important étant donné l’effervescence de ces quartiers en termes d’innovation soutenue par diverses initiatives portées par les organismes locaux. Cela mérite toute notre attention, » a ajouté Myrlande Pierre.

La Commission souligne que les inégalités structurelles et les disparités sociales et économiques auxquelles sont confrontées les peuples autochtones, les communautés immigrantes en situation de vulnérabilité, les communautés racisées ainsi que les personnes en situation de handicap sont à la fois aiguës et persistantes et qu’elles sont amplifiées par la crise actuelle, et ce, sur l’ensemble du territoire québécois. En ce sens, la Commission rappelle que la lutte contre le racisme et la discrimination systémiques est indissociable de la lutte contre la pauvreté.

Montréal-Nord, Saint-Michel et Rivière-des-Prairies sont parmi les arrondissements les plus pauvres dans le Grand Montréal, avec une forte densité des populations immigrantes et racisées. On y retrouve une concentration d'immeubles de logements sociaux. Plusieurs familles, du fait de leurs faibles revenus, habitent dans un logement inapproprié, parfois insalubre, et qui ne tient pas compte du nombre d’occupants. Ces facteurs, auxquels s’ajoute le manque d’espaces publics, tels des parcs, ne favorisent pas la distanciation sociale.

Selon la Commission, des mesures structurantes et englobantes venant des différents paliers de gouvernement doivent être mises de l’avant immédiatement pour lutter contre la pauvreté et éviter la fragmentation du tissu social. Par exemple :

  • Augmenter l’accès aux logements sociaux
  • Assurer la sécurité alimentaire pour les personnes et les familles défavorisées
  • Diminuer la fracture numérique et technologique: tous les foyers, notamment ceux ayant des enfants d’âge scolaire, n’ont pas accès suffisamment à des ordinateurs, par exemple. Beaucoup d’informations sont données via les réseaux sociaux et l’éducation en ligne fera ressortir les inégalités. De nombreuses personnes n’ont pas d’adresse courriel dans plusieurs milieux défavorisés.
  • Aborder la discrimination sous l’angle de l’intersectionnalité sachant que plusieurs situations discriminatoires ou fragilisantes peuvent être en cause: sexe, « race », origine ethnique ou nationale, condition sociale, religion, langue, âge et handicap.
  • Sortir des cadres normatifs habituels des programmes gouvernementaux afin de répondre adéquatement aux besoins des populations pour qui les conditions de précarités se trouvent exacerbées par la pandémie.

Le respect de la dignité des personnes exige de mettre les droits de la personne au cœur de toute décision des pouvoirs publics. La société québécoise a pris des engagements clairs à ce sujet, en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne et du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse assure le respect et la promotion des principes énoncés dans la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. Elle assure aussi la protection de l’intérêt de l’enfant, ainsi que le respect et la promotion des droits qui lui sont reconnus par la Loi sur la protection de la jeunesse. Elle veille également à l’application de la Loi sur l’accès à l’égalité en emploi dans des organismes publics.


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Source:
Meissoon Azzaria
438 622-3652
meissoon.azzaria@cdpdj.qc.ca

3 mai 2020

 



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