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Les universités anglophones du Québec mises à l’index par Radio-Canada

par
Ph.D., Université de Montréal, Directeur, Tolerance.ca®
Radio-Canada par l’entremise de son journaliste Guy Gendron, qui nous a habitué à plus de rigueur, s’en prend aux universités de langue anglaise du Québec dans un reportage diffusé à la télévision d’État, le 25 mars 2008.

Selon son enquête, de plus en plus d'étudiants français viendraient étudier au Québec en anglais, grâce à un accord signé entre le Québec et la France, lequel est censé consolider le fait français au Québec. « Or, ces étudiants suivent leurs études (en anglais) en partie aux frais du gouvernement québécois », poursuit le reporter, et ils éviteraient ainsi les frais faramineux des universités américaines. Les universités anglophones auraient ainsi « flairé la bonne affaire » dit encore le reportage, le nombre d’étudiants français ayant augmenté considérablement, vu le coût réduit des frais d’inscription. Cet accord signé, en 1978, aurait donc un effet « pervers », selon le journaliste, puisqu’il devait normalement consolider le fait français.

On ne manque pas d’être étonné qu’un journaliste de la société d’État canadienne pointe ainsi du doigt des universités de langue anglaise qui sont tout autant québécoises que nos institutions de langue française. Qu’en vertu d’une entente signée avec la France (entente conclue en plus sous un régime indépendantiste puisqu’en 1978, rappelons-le, c’était le Parti québécois qui était au pouvoir à Québec), des étudiants français viennent étudier dans un établissement anglophone, n’est-ce pas une démarche naturelle? Pour apprendre l’anglais, devraient-ils s’inscrire dans une institution francophone?


Dans son reportage audio, disponible aussi sur le site de Radio-Canada, le journaliste semble aussi s’offusquer que l’Université McGill vante son environnement anglophone, alors que, comme tout le monde le sait, le milieu environnant est déterminant dans l’apprentissage d’une langue étrangère.

Les francophones du Québec, qui n’ont pas le même esprit cloisonné que ce que répand ce reportage, ne devraient-ils pas plutôt se réjouir que des Français puissent séjourner et connaître le Québec grâce à ces cours d’immersion offerts à des prix abordables, alors que le Québec s’efforce de recruter des immigrants de langue française et que, faute d'en trouver en nombre suffisant, dépense des sommes considérables dans les cours d'apprentissage du français ?

Au lieu de constater l’effet positif de cette situation, le journaliste exacerbe l’esprit de division en interviewant, en plus, dans la version intégrale de ce même reportage (non disponible sur le site de Radio-Canada), le président de la Société Saint-Jean-Baptiste qui -Oh surprise!- ne fait que confirmer évidemment l’esprit de suspicion qui règne dans ce reportage.

Étrangement, la ministre de l’Éducation du Québec -et donc de l’ensemble des Québécois et de leurs institutions- ne s’objecte pas que l’on pointe ainsi du doigt des institutions québécoises à cause de leur langue et, portée sur la défensive, déclare : « C'est un phénomène qui ne se vivait pas il y a 30 ans, au moment de la signature de l'entente. Est-ce que cette entente-là doit être revue et corrigée? Très certainement. Il y a possiblement des travaux qui vont s'amorcer dans ce sens-là au cours des prochains mois. »

Radio-Canada est-il devenu le chien de garde de la langue française au Québec ? Imaginons le tollé que cela aurait créé si la chaîne anglaise de la société d’État avait fait enquête sur les universités de langue française du Québec en les pointant du doigt parce qu’elles auraient attiré des étudiants anglophones de l’étranger en bénéficiant des mêmes avantages.

Voir aussi le reportage audio sur cette même page :

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2008/03/25/006-accord-etudiants-france.shtml


* Les armoiries de l'Université McGill.


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Il y a actuellement 2 réactions.

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Mettre à l'index
par Louis Richard le 26 mars 2008

Sans vouloir intervenir dans le propos de votre article,vous ne semblez pas savoir ce que veut dire "mettre à l'index".
____________

Cher internaute,

Consultez votre dictionnaire : http://www.cnrtl.fr/definition/index

Être mis à l'index : exclu, condamné.

V.T. 

Bravo !
par Luc Z. le 27 mars 2008

Pour une fois, bravo à Radio-Canada !

Non aux subventions de Québécois pour angliciser des Français !

Personnellement, je dois ajouter que je trouve qu'il y a beaucoup trop d'universités québécoises subventionnées par les sous de la seule minorité francophone en Amérique du Nord.

Franchement, il faut augmenter le nombre de diplômés au Québec qui parlent vraiment français. J'ai souvent dû parler anglais à des diplômés de McGill et Concordia unilingues. Unilingues fonctionnels qui imposaient à tous le français. C'est inacceptable.

 

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Victor Teboul est écrivain et le directeur-fondateur du magazine en ligne Tolerance.ca ®, fondé en 2002 afin de promouvoir un discours critique sur la tolérance et la diversité. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont des romans et des essais, et de nombreux... (Lire la suite)

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