 Le Palais présidentiel, Brasilia (Agrandir)
La mort d’Oscar Niemeyer, à l’âge de 104, ans a suscité de nombreux commentaires. On a souligné l’importance, l’originalité et les innovations de ce grand architecte brésilien. Je voudrais évoquer une rencontre que j’ai eue avec lui il y a plus d’un demi-siècle.
En 1961, engagé par Le Nouveau Journal à sa naissance, j’ai fait un reportage d’une quinzaine d’articles sur le Brésil. J’ai parcouru le pays du nord au sud et eu des entretiens avec, entre autres, le président Quadros qui a démissionné, l’écrivain Jorge Amado et ne pouvais manquer le grand bâtisseur des édifices de la nouvelle capitale Brasilia. Je suis arrivé à un grand chantier où émergeaient le palais présidentiel, le parlement et tant d’autres monuments. Les rues étaient réservées aux voitures et, piéton, je ne pouvais faire de promenade qu’en longeant les allées qui entouraient mon hôtel. La ville était entourée de bidonvilles qui abritaient les ouvriers.
J’ai sollicité une rencontre avec l’auteur d’une splendeur naissante. Oscar Niemeyer me reçut à la terrasse du parlement. Détendu, direct, d’une grande simplicité. Il m’a dit que l’architecte s’efforce de donner une forme humaine à l’espace, de le rendre beau et accessible en aménageant les lignes, les courbes, les rondeurs. Je lui ai alors demandé ce que représentent les colonnes devant le palais présidentiel.
- Avez-vous vu le Parthénon à Athènes ?
J’ai dit oui.
- C’est beau, n’est-ce pas ? Vous ne demandez pas alors à quoi servent les colonnes. Eh bien, c’est la réponse à votre question.
Je suis retourné à Brasilia trente ans plus tard et, malgré ses inconvénients, la ville déployait de grandes beautés architecturales .
J’ai eu l’occasion de voir d’autres édifices de Niemeyer dont celui de l’université de Constantine en Algérie. Une splendeur. A l’intérieur on vit le climat du pays, froid l’hiver et chaud l’été. La beauté s’inscrit dans la nature du lieu.
9 décembre 2012
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