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23 août 2012, journée internationale du souvenir de la traite des noirs, une sinistre période de l’histoire de l’humanité

A l’occasion de cette Journée de commémoration, Madame Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO s‘est exprimée en lançant ce message : «Par leurs luttes, leurs désirs de dignité et de liberté, les esclaves ont contribué à l'universalité des droits humains. Il faut enseigner les noms des héros de cette histoire, car ils sont les héros de toute l’humanité».

L’esclavagisme est l’une des plus sombres périodes de l'histoire humaine. L’esclavage a existé du 6e siècle au 20e siècle. Il s’est intensifié au 16e siècle avec la découverte du nouveau monde. Les espagnols, les portugais, les anglais, les français et les hollandais faisaient de la traite des noirs un commerce lucratif et ont déporté des millions d’Africains dans différentes régions du monde. Longtemps condamné par les autorités morales, l’esclavage a mis longtemps avant d’être aboli. Malgré l'opposition des planteurs ou de la bourgeoisie, l'abolition  de l’esclavage a été proclamée une première fois en France le 4 février 1794, à l'initiative de l'abbé Henri Grégoire  l'une des principales figures emblématiques de la révolution française. À partir de 1827, la Traite est considérée comme un crime et les négriers risquent la confiscation, une amende et le bannissement. Cependant de 1827 à 1830, cinquante navires quittent Nantes dans des conditions qui font suspecter la continuation du trafic. En 1831, une organisation d'oppositionnels libéraux engagés dans le combat contre la traite, fait adopter la loi du 04 mars 1831 qui vise à son abolition définitive et prévoit vingt à trente ans de travaux forcés pour les responsables et la réclusion pour l'équipage du navire. Le député français de la Guadeloupe Victor Schœlcher s'était battu pour l'abolition de l'esclavage. Dès 1842, il exige "l'abolition immédiate". Il propose aux propriétaires d'esclaves une indemnisation pour leur émancipation. Le 27 avril 1848, il fait voter le décret d'abolition.

Au Royaume-Uni, en août 1833, une abolition progressive de l'esclavage est votée avec effet un an plus tard sous certaines conditions. La traite se poursuivra toutefois clandestinement, pour le compte d'autres pays, au-delà même du décret d'abolition de l'esclavage de 1848. Aux États-Unis, la fin de l'esclavage est proclamée le 1er janvier 1863, par le Président Abraham Lincoln.

Au XIXe siècle, les esclaves se révoltent aux États-Unis, à Cuba, en Martinique et dans plusieurs régions esclavagistes.

L’esclavage a été banni par un pacte international relatif aux droits civils et politiques adopté à New York le 16 décembre 1966 par l’assemblée générale des Nations Unies. Ce pacte protège les particuliers contre les ingérences de l’État, comme le droit à la vie, le droit à la liberté, l’interdiction de la torture, de l’esclavage et du travail forcé. Néanmoins, d’autres formes d’esclavages sont d’actualité, tels que l’esclavage sexuel ou la servitude des enfants vendus dans certains pays contre espèces avec une certaine tolérance de certains pouvoirs publics. Bien que la servitude soit illégale mondialement certains pays enfreignent non seulement les lois sur le travail des enfants mais également les conventions internationales ratifiées par la majorité des pays. L'UNICEF estime que 200 millions d'enfants (et des millions d'adultes) sont exploités dans le monde.

L’UNESCO avait lancé en 1994 à Ouidah, ville martyre de la déportation des africains du royaume du Dahomey actuellement république du Bénin, le projet « la route de l’esclave ». Quelques vestiges et lieux qui furent les témoins de pratiques inhumaines sont encore présents. Un autre lieu, d’un des grands drames de l’humanité, l’Île de Gorée, l'un des points de rassemblement de tous les esclaves déportés de l'ouest africain. Les esclaves étaient marqués au fer rouge et déportés dans des navires vers le nouveau monde dans des conditions horribles et une grande partie mourrait en chemin.  Un millier de bateau s’amarraient au port de Gorée par an pour ce commerce exécrable.

J’aimerai rendre hommage à toutes ces personnes qui se sont révoltés au péril de leur vie pour que plus jamais un « Homme » ne soit victime d’esclavagisme. Cette journée internationale du souvenir de l’esclavage, devrait nous sensibiliser sur les dangers du racisme, de la cupidité et des préjugés envers son prochain.

Je terminerai par cette déclaration de William Prescott, ancien esclave  qui en 1937 disait: «Ils se souviendront du fait que nous avons été vendus mais pas de notre force. Ils se souviendront du fait que nous avons été achetés mais pas de notre courage».

22 août 2012



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La Fondation du Mémorial lance un plaidoyer pour faire déclarer la traite des noirs crime contre l'humaniité
par Léontine le 23 août 2012

A l’occasion du 23 août Journée Internationale du Souvenir de la traite des noirs décidée par l’UNESCO, la Fondation du Mémorial de la traite des noirs lance un Plaidoyer pour déclarer la Traite des Noirs et l’Esclavage Crime contre l’Humanité en direction des Etats du Maghreb et des pays arabes.
Pendant quatorze siècles l’Afrique noire a vécu une véritable chasse à l’homme qui a arraché au continent entre 15 et 17 millions d’hommes dans des caravanes par le Sahara pour le Maghreb ou par bateau vers la Péninsule arabique. Des bandes armées et des soldats venus du Maghreb fondent sur les populations de l’Afrique de l’Ouest essentiellement pour razzier enlever et vendre des femmes, des hommes et des enfants exploités comme domestiques, artisans, mineurs, soldats dans les plantations, les mines, les palais et demeures bourgeoises du Maghreb, du Moyen et du Proche Orient. Les marchés aux esclaves se développent jusqu’au début du 20ème siècle, véritables usines de déshumanisation, à Tombouctou, à Marrakech, au Caire, à Bagdad, à Zanzibar, jusqu’à Istanbul. *
A mesure que le continent noir devient le principal réservoir d’esclaves des pays arabes se développe un racisme qui justifie l’esclavage : l’infériorité de l’homme noir. C’est ainsi que préexiste et survit à cette tragédie une discrimination dont les descendants d’esclaves et les immigrés africains continuent de souffrir. De même que des formes d’esclavage moderne issues de cette histoire dans des pays comme la Mauritanie, le Maroc, l’Arabie Saoudite, etc. *
Dans une région où la question de l’esclave et de la traite nègrière demeure encore un sujet tabou, cette histoire douloureuse et créatrice est très peu interrogée par les pays africains et arabes qui peinent à rentrer ainsi dans la modernité de la mémoire et de la protection des droits de l’homme.
La Fondation du Mémorial exige de sortir de l’ombre ses esclaves, aussi, de leur rendre justice et de combattre les formes de racisme héritées dans le Maghreb et le Moyen Orient.
Dans un esprit d’ouverture, de dialogue et de partage autour de ce patrimoine commun mais aussi pour lutter contre l’esclavage moderne, la Fondation du Mémorial de la traite des noirs écrit aux chefs d’États du monde arabe pour leur demander de déclarer la traite des noirs crime contre l’humanité.
Après la France en 2001, le Sénégal en 2010, les États maghrébins et arabes devraient aussi s’engager résolument dans ce nécessaire devoir de mémoire par respect pour la mémoire des millions de victimes de ce commerce honteux, pour lutter contre le racisme et les discriminations héritées de cette histoire mais aussi pour valoriser les contributions apportées par les populations africaines.
* L’UNESCO a fait du 23 août la Journée Internationale du souvenir de la traite des noirs en mémoire la première révolte (23 aout 1791) qui donnera naissance à la 1ère République noire: Haiti.
* « Le Génocide voilé », Tidiane Ndiaye, Gallimard, 2008
* « L’Esclavage en terre d’Islam » Malek Chebel, Fayard, 2007
www.fondationdumemorialdelatraitedesnoirs.com

 

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