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Le Pacte de Marrakech : ce que les médias ne vous disent pas

(French version only)
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Ph.D., Université de Montréal, Editor, Tolerance.ca®

Si vous vous opposez à ce que votre pays signe le Pacte de Marrakech, vous êtes, selon la plupart des médias, anti-immigration, populiste et fort probablement xénophobe. Sans doute êtes-vous aussi un sympathisant sinon un partisan de Marine Le Pen et, au Québec, un membre de La Meute.

On sait que les 10 et 11 décembre 2018, les états membres de l’ONU sont attendus à Marrakech (Maroc), pour ratifier le « Pacte sur les migrations ». Or, toute opposition à ce «Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières» est automatiquement associée, dans nos médias, à la droite et à l’extrême droite. Sont donc condamnés d’avance tous les opposants à la signature de ce document dont  l’appellation réunit si bien tous les vocables de la rectitude politique. Sont donc qualifiés d’office de populistes et d’anti-immigration, notamment  les États-Unis, la Hongrie, la Pologne, l’Autriche, la République tchèque et, bien sûr, le parti nationaliste belge, qui lui aussi s’oppose au Pacte et a donc démissionné de la coalition gouvernementale. Si certains «gilets jaunes» expriment eux aussi leur inquiétude, c’est que le texte de ce document les «affole» et les «effraie», selon des médias français.

Se rend-on compte dans les médias de cette dérive qui consiste à éviter toute distance critique sur ce sujet en discréditant les opposants à ce Pacte ?

Au Québec, la journaliste Manon Cornellier appuie elle aussi, dans l’édition du très sérieux Devoir du 8 décembre 2018, la décision du gouvernement Trudeau de signer ce Pacte et condamne ceux qui refusent d'endosser cette entente. Mais a-t-on lu le texte de ce document ?

Sous prétexte de défendre les immigrants et l’inclusion, ce Pacte n’est en fait qu’une consécration du multiculturalisme et de la «diversité», dont il fait la promotion. Oserait-on s’interroger, dans nos médias, sur la place de la diversité et des droits de la personne dans des pays tels que l’Arabie Saoudite, l’Iran, le Pakistan ou l’Égypte? On se réjouit de nommer les pays d’Europe centrale qui refusent de le signer, mais qu’en est-il de ces régimes si peu démocatiques où les opposants risquent la prison, le fouet et l’exécution ? Ces pays figurent-ils parmi les signataires ? Comment les principes de ce Pacte y seront-ils appliqués?

Ce Pacte de l’ONU, qui se vante de défendre les immigrants et d’œuvrer à améliorer leur sort, se préoccupera-t-il aussi des millions d’immigrés des pays du Golfe, où les conditions de travail font l’objet régulièrement de rapports provenant des associations de défense des droits de l’homme, à l’instar d’Amnesty International ou de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), qui qualifient ces conditions d’« esclavage moderne » ?

Comble d’ironie : on nous affirme que le Pacte n’engage en rien les signataires. Dans ce cas, pourquoi doit-on se déplacer jusqu’au Maroc, où règne, comme on le sait, un régime démocratique, pour apposer sa signature ?

Contrairement à la plupart des médias, nous donnons ici accès au texte intégral du Pacte de Marrakech, dont tout lecteur pourra prendre connaissance au bas de cet article. Or, qu’apprenons-nous a sa lecture ?

Outre le fait que les énoncés de principes du Pacte sont déjà inscrits dans les législations de toute société démocratique, notamment en ce qui touche les discriminations, signalons que l’entente vise aussi à exercer une pression sur les médias en les incitant à utiliser une «terminologie afférente» et «des normes déontologiques» «dans le plein respect de la liberté de la presse», y lit-on.

Bien que cela ne soit pas dit dans le document et que nos médias ne relèvent pas ce point, le Pacte semble s’adresser avant tout aux sociétés démocratiques qui, comme on le sait, reçoivent une immigration de masse irrégulière, pour ne pas dire illégale, et qui jouissent d'une presse libre. À cet effet, le Pacte se garde bien de sensibiliser les immigrants à l'esprit critique, déjà existant dans ces sociétés, mais il incite pourtant celles-ci à accepter les immigrants et à s’adapter à eux. L’adaptation à la société d’accueil y est aussi recommandée, mais en tant qu’une démarche réciproque. L’accent n’est pas mis, par exemple, sur la connaissance et l’appropriation des valeurs de la société d’accueil.

Il ne dit pas, en outre, si les membres de la société d’accueil ont le droit de critiquer une culture, ses pratiques ou ses croyances ou si ce principe est acceptable et qu’il fait partie du «plein respect de la liberté de la presse».

À supposer, bien sûr, que cette liberté de la presse soit un droit reconnu et protégé par le pays signataire.

Lien au texte du Pacte de Marrakech

9 décembre 2018

 



* Image : Wikipedia


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