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La Grippe A (H1N1) : Qu'est-ce qui s'est réellement passé ?

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L'année dernière, jour pour jour, je me posais la question suivante : «Dois-je prendre le nouveau vaccin développé à la va-vite et qui vise à protéger les gens contre la grippe A (H1N1), et dois-je le donner à mes enfants ? »

En effet, la planète tout entière vivait au rythme des reportages et des mise en garde incessantes contre cette nouvelle forme de grippe décrite comme extrêmement dangereuse et responsable de la mort de plusieurs personnes dont des jeunes. A la lecture des nouvelles dans les journaux et à l'écoute des programmes de radio qui se succédaient, je me sentais chaque jour un peu plus coupable de remettre ma décision de prendre le vaccin à plus tard.

J'essayais d'apprendre par cœur les différences de symptômes entre la grippe saisonnière et la nouvelle grippe pour pouvoir détecter le moindre signe de maladie et courir chez le médecin. Je paniquais et je m'inquiétais à la moindre toux que j'entendais sortir de la bouche de mes enfants. L'organisation mondiale de la santé (OMS) était allée même jusqu'à modifier la définition d'une pandémie mondiale grippale en retirant la notion d'un taux de mortalité supérieure à une grippe normale. Avec les nouveaux critères, une pandémie existe dès qu'un nouveau virus se répand rapidement à travers le monde, même si sa mortalité est faible. Désormais, on vivait une pandémie.

Des plans d'urgence avaient été développés, et dans certains pays, comme la France, par exemple, on commençait à envisager de retenir les enfants chez eux en leur dispensant des cours par Internet, au cas où beaucoup d'enseignants tomberaient malades. En entendant certains commentateurs ressusciter le spectre de la grippe espagnole de 1918 et qui aurait, à l'époque, causé jusqu'à 100 millions de morts, selon certaines réévaluations récentes, j'avais froid dans le dos et mon malaise ne faisait que croître. «Vas-tu te faire vacciner ?», demandais-je un jour à ma voisine enceinte, comme si je cherchais dans sa réponse une alliée et donc un moyen de diminuer mes craintes.

«Je vais attendre jusqu'à ce qu'il y ait une version du vaccin sans adjuvants pour me faire vacciner…» me répondit-elle. Puis, elle se lança dans un long discours sur les méfaits de certains vaccins et de leurs conséquences néfastes sur la santé. Bien évidemment, il n'y avait rien de scientifique dans son interprétation des choses, mais je me trouvais tellement rassurée de voir une mère de famille, tout comme moi, se méfier d'un vaccin nouvellement développé et qui préférait tout simplement attendre.

Et puis soudain, il y a eu la terrible nouvelle de la mort d'une adolescente en Ontario qui était en bonne santé mais qui fut emportée par cette maladie. Je ne savais plus quoi faire, j'étais déboussolée. Mais rien à faire, je restais toujours hésitante et comme pour échapper, encore une fois, au sentiment de culpabilité je m’étais donné un dernier ultimatum: prendre le vaccin après les fêtes de fin d'année.

Cependant, comme par hasard, les choses commençaient à se calmer, avec la nouvelle année 2010 ; le tapage publicitaire autour de la grippe A H1N1 avait diminué d’intensité et les choses me semblaient revenir à la normale. Les émissions radiophoniques n'en parlaient que rarement, les cas de décès ne faisaient plus les premières pages de la presse. La poussière retombait.

Aujourd'hui, je constate que plus un mot n'est dit dans les médias sur cette méchante grippe. Et pourtant, il a été reporté le 29 septembre 2009, par l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC), que 443 millions avaient été consacrés aux activités liées à la grippe A (H1N1). Le 25 novembre de la même année, l'ASPC avait dépensé 345,4 millions de dollars pour acheter des doses de vaccins.

Est-ce que toutes ces dépenses ont été justifiées? Certes, plusieurs vies ont été sauvées mais est-ce que les risques n'étaient pas exagérés ? Qu'en est-il de toutes les doses qui n'ont pas été utilisées ? Ne sommes-nous pas en face d'une mauvaise planification ? C'est plus que jamais le temps des bilans. Déjà, vers la fin janvier 2010, des voix commençaient à se faire entendre pour critiquer l'OMS. L’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a demandé des comptes à l'OMS, suspectée «d'avoir exagéré» la menace de la grippe «sous la pression des laboratoires» ... Certaines enquêtes affirment même que des «liens d'intérêt entre six experts de l'OMS et des firmes pharmaceutiques sont avérés».

Qu'en est-il ici du Canada? On ne peut pas se contenter de spéculations. Une enquête serait certainement la bienvenue pour faire la lumière sur ce qui s'est réellement passé.

22 septembre 2010
 



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