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Birmanie. Appel à une aide d'urgence aux Rohingyas

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Une coalition nationale s'adresse au ministre canadien des Affaires étrangères Marc Garneau pour demander au Canada d’agir d’urgence pour les Rohingyas et d’autres minorités ethniques qui sont maintenant sous la menace directe de l’armée à la suite du coup d’État en Birmanie et pour renouveler le financement canadien pour les Rohingyas qui doit expirer en mars prochain.

La coalition comprend neuf membres du Sénat (Marilou McPhedran, Ratna Omidvar, Mobina Jaffer, Wanda Thomas Bernard, Nancy Hartling, Mohamed - Iqbal Ravalia, Tony Loffreda, Kim Pate, Salma Ataullahjan).

La coalition comprend également le caucus du Parti libéral du Québec (porte-parole : Nicole Ménard), 11 conseillers municipaux (y compris des membres des Conseils de Toronto, Montréal, Ottawa et Edmonton), 6 professeurs d’université, des représentants des groupes de défense des droits de la personne et des réfugiés, des universitaires et des porte-parole de l’organisation rohingya au Canada, qui disent tous que la situation des Rohingyas est sombre.

La coalition note que les Rohingyas sont désormais directement menacés par l’armée birmane depuis le coup d’État qui a eu lieu cette semaine. Il y a 600 000 Rohingyas pris au piège en Birmanie. Ils sont considérés comme « une affaire inachevée » selon le général Min Aung Hlain, l’homme qui préside aujourd’hui le pays, et qui est connu pour avoir orchestré les opérations génocidaires dans l’État de Rakhine en 2017.

La coalition note également que le Canada a accordé une aide financière d’urgence de 300 millions de dollars en 2018. Cette aide expire au printemps 2021 et aucun gouvernement n’a annoncé qu’elle serait renouvelée.

Cette incertitude pour les Rohingyas intervient au lendemain de l’anticipation par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés d’un déficit budgétaire critique qui aura un impact sur les services de base dans les camps de réfugiés, une situation rendue encore plus préoccupante par le récent coup d’État militaire qui exclut toute possibilité de retour volontaire dans leur pays d’origine, en toute sécurité et dignité, des Rohingyas aujourd’hui au Bangladesh.

« Nous exhortons le gouvernement du Canada à prendre une position ferme avec les États-Unis et l’UE en réponse au coup d’État qui a eu lieu la semaine dernière, laissant la vie de centaines de milliers de Rohingyas et d’autres minorités ethniques à la merci d’une armée génocidaire vicieuse », a déclaré Raiss Tin Maung, fondateur du Rohingya Human Rights Network. « Le coup d’État a rendu encore plus vital pour la communauté internationale d’assurer un financement et une protection stables et prévisibles aux Rohingyas. Le Bangladesh, pays d’accueil de 1,2 million de réfugiés rohingyas, n’a pas la capacité financière nécessaire pour combler ce déficit.

La sénatrice Marilou McPhedran, du Manitoba, a fait remarquer qu’en septembre dernier, le Canada et les Pays-Bas ont publié une déclaration promettant leur appui à l’accusation de génocide portée contre le Myanmar par la Gambie devant la Cour internationale de Justice des Nations Unies.

« Nous appuyons l’intention déclarée d’intervenir, mais nous n’avons vu aucun suivi ou action. Nous exhortons le Canada à intervenir en vertu de l’article 62 du Statut de la Cour. Je crois que de nombreux sénateurs sont ouverts à une autre résolution conjointe avec la Chambre des communes pour que le Canada devienne un parti à part entière si cela aiderait le Canada à prendre des mesures dans ce dossier », a déclaré le sénateur McPhedran.

S’exprimant au nom des conseillers municipaux Kristyn Wong Tam, de Toronto, Lionel Perez et Marvin Rotrand, de Montréal, Shawn Ménard et Catherine McKenney, d’Ottawa, et Scott McKeen, d’Edmonton, ont exhorté le gouvernement à accueillir des réfugiés rohingyas au Canada.

« Nous demandons au Canada d’élaborer un programme semblable à celui qui a vu l’admission de 49 000 réfugiés syriens au Canada en 2015 et 2016, a déclaré le conseiller Perez. « Ce geste humanitaire a été un grand succès et offre un modèle pour soulager les souffrances des Rohingyas. »

Le Parti libéral du Québec a appuyé la lettre et espère que le ministre Garneau sera en mesure de répondre rapidement aux principales demandes de la coalition.

« Nous présenterons une motion à l’Assemblée nationale du Québec au cours des prochaines semaines. Nous reconnaissons la nécessité de rétablir le processus démocratique en Birmanie. Entre-temps, le Canada a un rôle majeur à jouer dans ce qui est l’une des crises de réfugiés les plus aiguës au monde », a déclaré Nicole Ménard, porte-parole du caucus libéral en matière de Relations internationales et de la Francophonie.

Informations : Jasmine.Griffith-Reid@sen.parl.gc.ca

8 février 2021



* Camp de réfugiés de Rohinygas au Bengladesh, 2017 


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