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Iran. Les raisons de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad

par
Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®
Jamais une élection à la présidence de la République islamique d'Iran n'avait autant alimenté l'intérêt de la communauté internationale que celle de cette année. Comme il y a quatre ans, le courant conservateur de l'élite politique de ce pays (et donc Mahmoud Ahmadinejad) en est le grand vainqueur. 



Cette victoire s'explique par trois facteurs : d'abord, la division du camp pragmatique, ensuite la démobilisation de l'électorat «réformateur», enfin la menace d'attaques militaires israéliennes contre les installations nucléaires iraniennes. Un résultat riche de dangers et d'opportunités.

L'élection présidentielle iranienne du 12 juin de cette année est marquante à plusieurs titres. Elle intervient dans un nouveau contexte international marqué par l'élection de Barack Hussein Obama comme nouveau président américain et par ses ouvertures vis-à-vis du monde musulman, incluant la «République islamique d'Iran», où il voudrait trouver des partenaires («Obama en Égypte : les enjeux de sa visite»). Sans oublier à la fois l'arrivée au pouvoir à Jérusalem d'une coalition de droite nationaliste et d'extrême droite hostile au régime des mollahs iraniens, et «l'échec» électoral il y a quelques jours seulement du Hezbollah libanais, l'allié par excellence de Téhéran à Beyrouth («Élections libanaises. Un système politique captif des jeux d’influence»).

En raison des déclarations controversées du président iranien sortant et de sa rhétorique agressive en matière de politique étrangère, le monde retenait son souffle, en attendant l'issue des élections de cette année. Nombreuses sont les puissances dans la région et dans le reste du monde qui espéraient voir Mahmoud Ahmadinejad battu. Tout comme une partie de l'électorat de son pays. C'est dire combien ce personnage avait réussi «l'exploit» de polariser non seulement son pays mais également le reste du monde à propos de son personnage. C'est pour ces raisons que cette élection avait toutes les apparences d'un référendum à son propos.

Pour pouvoir affronter «l'homme du peuple», comme il se plait souvent à se présenter, quatre cent soixante-quinze aspirants candidats, dont plusieurs femmes, avaient déposé leurs dossiers réglementaires auprès du puissant Conseil des Gardiens de la Constitution (une sorte de Conseil constitutionnel). Les douze membres de cette institution (six juristes et six religieux) n'en ont finalement autorisé que trois postulants à en découdre avec le président sortant. Il s'agit de Mir-Hossein Moussavi, Mehdi Karoubi et Mohsen Rezaie. La campagne électorale a démarré le 22 mai pour prendre fin le 10 juin au soir. Tous trois voulaient la même chose: battre leur concurrent, l'ancien maire de Téhéran.
Mahmoud Ahmadinejad est le plus jeune (52 ans) des quatre candidats. Il est candidat à sa propre succession. Il a été élu la première fois en 2005, à la surprise générale. L'ancien maire de Téhéran (2003-2005) se disait alors «serviteur du peuple». Slogan repris lors de la campagne de cette année.

Cet ancien gardien de la Révolution et vétéran de la guerre Iran-Irak a pris un soin particulier à cultiver l'image d'un nationaliste intransigeant face à une Amérique bushienne agressive. Sa rhétorique anti-israélienne incendiaire a fait gagner à son pays une influence grandissante dans le monde arabo-musulman.
Ses déclarations à l'effet que l'Iran refusera toujours de suspendre son programme nucléaire et qu'il mérite en même temps d'être respecté et reconnu comme une puissance régionale incontournable ont empli plusieurs dans son pays de fierté. Sans oublier son qualificatif des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU pour refus de suspendre ce programme nucléaire de «simples bouts de papier»! Au grand dam de la communauté internationale. D'où l'adoption de trois séries de sanctions par le Conseil de sécurité.

Lui faisaient face Mir-Hossein Moussavi, Mohsen Rezaie et Mehdi Karoubi. Rezaie (56 ans) appartient à la même génération que le président sortant. Il est son aîné de quatre ans. Ce conservateur est le chef historique des gardiens de la Révolution et donc du jeune Mahmoud. Cette puissante institution représente aujourd'hui l'armée idéologique de la mollacratie. Elle contrôle des pans entiers de l'économie nationale. Le rayon de son action dépasse largement les frontières iraniennes. Elle était à l'origine de ce qu'allait devenir plus tard le Hezbollah libanais. Rezaie est très critique de la politique étrangère de son concurrent. Il est partisan de l'ouverture vis-à-vis des États-Unis, pour mieux servir l'intérêt national iranien.
Karoubi est le plus vieux des candidats (72 ans). Ce religieux est apprécié des jeunes pour son franc-parler. Il avait signé, avec le Prix Nobel de la paix Chirine Ebadi une pétition demandant la fin de l'exécution des délinquants mineurs au moment des faits. En vain. Un geste qui avait alimenté la chronique à l'époque. Cet ancien président du Parlement était le seul des candidats à se réclamer du courant «réformateur» (pour éviter tout abus de langage, nous préférons à la place le terme «pragmatique» versus «idéologue» pour ceux qu'on appelle habituellement conservateurs ou ultraconservateurs).

Moussavi est le dernier candidat en lice. Cet architecte de formation est un peu moins âgé (68 ans) que Karoubi. Parmi les trois concurrents d'Ahmadinejad, il représentait le plus sérieux des adversaires. Cet ancien premier ministre avait géré l'économie de son pays pendant une période très difficile, celle de la guerre Iran-Irak (1980-1989). Il bénéficiait du respect du père de la République islamique, l'ayatollah Ruhollah Khomeiny, suscitant des jalousies au sein du sérail (incluant Ali Khamenei, futur président de la République et prochain Guide suprême). D'où son retrait de la vie politique durant vingt ans, juste après la disparition de son puissant protecteur.

Moussavi est partisan de la «détente» avec les États-Unis et l'Occident. Mais cela ne signifie absolument pas qu'il voudrait renoncer au programme nucléaire de son pays. Car cette question est devenue au fil du temps l'objet d'un consensus national. C'est l'objet d'une fierté dépassant les clivages politiques.

Les partisans de Moussavi ont opposé l'image de bon gestionnaire de leur héros à celle d'un Ahmadinejad avec un bilan économique désastreux. Avec une gestion à courte vue de la rente pétrolière, le président sortant a dopé l'inflation (plus de 25% par an), le chômage et la pauvreté. Échouant ainsi à «apporter l'argent du pétrole sur la table des humbles», comme il l'avait promis il y a quatre ans.

Comme nous venons de le voir, l'«affrontement» électoral a concerné deux générations, celle des quinquagénaires et celle des «retraités» (les âgés de plus de 65 ans). À la faveur de la première à l'issue du match.

Trois raisons expliquent cette victoire inattendue au premier tour de Mahmoud Ahmadinejad, cette «bête noire» de l'Occident, d'Israël et des puissances arabes sunnites du Moyen-Orient. D'abord, la division du camp «réformateur». Ensuite, la démobilisation de l'électorat «réformateur». Enfin, le durcissement de la politique étrangère israélienne dans le dossier du nucléaire iranien.

La division du camp pragmatique

L'arrivée de Barack Obama au pouvoir et ses différents signes d'ouverture à l'égard de la «République islamique d'Iran» étaient historiques («Les 100 jours d’Obama et le Moyen-Orient»). C'était la première fois qu'un président américain reconnaissait la légitimité du régime des mollahs et exprimait sa volonté de nouer un nouveau type de rapports avec lui. Avec l'élection présidentielle qui se profilait à l'horizon à Téhéran, on espérait voir une figure de proue du courant pragmatique s'opposer à l'idéologue Ahmadinejad. On voyait Mohamed Khatami bien taillé pour ce rôle.

Dans ce nouveau contexte international, l'ancien président de la République islamique, le pragmatique Mohamed Khatami (1997-2005), voulait se présenter contre son adversaire idéologue. Un projet qui avait pris forme après qu'il ait consulté plusieurs au sein de son entourage et parmi des adversaires du président sortant. Moussavi faisait partie de ceux approchés. Une fois qu'il ait cru avoir la «bénédiction» de ces personnes, Khatami a annoncé dans un premier temps qu'il se présenterait aux élections. Le «camp» pragmatique avait cru alors trouver en lui le candidat tout désigné pour battre Ahmadinejad. Mais c'était sans compter avec la réaction de l'aile conservatrice du pouvoir et les ambitions politiques de certains adversaires du président sortant.

Une fois les intentions de Khatami connues, le courant idéologue s'est déchaîné contre lui. D'où, entre autres, cet éditorial du journal ultraconservateur Keyhan qui est allé jusqu'à le menacer, sur un mode allusif, de mort… Cet avertissement était le premier d'une série de pressions voulant qu'il se ravise. Ce sera chose faite après que Moussavi ait changé d'avis et décidé de se lancer à son tour dans la mêlée, au mépris de sa promesse à l'ancien président. Ce dernier a laissé entendre que son retrait de la course à la candidature était pour éviter de faire «disperser l'électorat réformateur». Le geste de Moussavi a été assimilé par les partisans de Khatami à une trahison de leur camp.

C'est pourquoi le camp dit réformateur est parti en rangs dispersés à la bataille contre Ahmadinejad. Une situation qui ne pouvait être renversée par le concours d'un autre ancien président du nom d'Ali Akbar Hachemi Rafsandjani. Un appui encombrant. N'oublions pas à cet effet que ce milliardaire pragmatique traîne derrière lui plusieurs «casseroles» et que sa réputation est entachée par des soupçons de corruption et d'affairisme.

Le camp adverse a quant à lui fait preuve de plus de cohésion et de solidité. D'abord, le Guide suprême de la République. À ses yeux, le cabinet du président sortant a toujours défendu les valeurs de la révolution islamique, dans la fidélité à la ligne de l'imam Khomeiny. Son bras de fer avec l'Occident à propos du programme nucléaire de son pays a renforcé le consensus national autour de cette question. En tenant sans relâche une rhétorique intransigeante à l'égard d'Israël, il a permis à son pays de séduire l'opinion publique arabe, notamment dans la Palestine occupée, et d'y étendre la sphère de son influence, au grand dam de tyrans arabes déboussolés, apeurés et impuissants.

Pour dissiper toute confusion à propos de son candidat «idéal», Ali Khamenei, le Guide suprême, avait brossé le profil recherché, un mois à peine avant la date des élections. Il s'agirait, selon ce portrait, d'«un homme issu du peuple, qui comprend les problèmes des gens et ne cherche pas à rejoindre l'aristocratie». Un portrait taillé sur mesure pour le président sortant. Ce qui équivalait à un adoubement.

Ensuite, (avec la bénédiction du Guide suprême) l'élite cléricale et l'establishment militaro-sécuritaire du pays se sont rangés derrière lui. Le vote des bassiji (miliciens volontaires) et des gardiens de la révolution lui étaient largement acquis. D'ailleurs, le chef des Gardiens a menacé, le jour même de l'élection, les adversaires du président sortant de représailles si l'envie leur prenait d'exploiter l'occasion électorale pour lancer une version locale des «révolutions oranges».

Enfin, grâce à sa dévotion sincère, sa simplicité rustique, son populisme, son paternalisme, son contrôle des médias nationaux et au soutien de plusieurs centres du pouvoir, Mahmoud Ahmadinejad a su cultiver l'appui des couches populaires dans les villes comme dans les campagnes. Alors que son principal concurrent était bienvenu dans les seuls milieux urbains de classe moyenne.

La démobilisation de l'électorat «réformateur»

Dans un Iran où le post-islamisme prenait de plus en plus de place, de nombreux secteurs sociaux dynamiques et avides de changement et de liberté (femmes, jeunes, intellectuels…) croyaient trouver dans Mohamed Khatami, l'ancien ministre de la Culture, leur candidat providentiel pour l'élection présidentielle de 1997. D'où leur forte mobilisation victorieuse en faveur de ce hodjatoleslam. Un exploit réédité quatre ans plus tard.

Devant la paralysie de l'action du gouvernement Khatami et son échec à mener à bien et à terme plusieurs réformes jugées prioritaires par son électorat, celui-ci s'est rendu à l'évidence. Plusieurs en son sein ont acquis la conviction qu'il ne servirait à rien de voter, puisque le système est verrouillé à double tour. D'où la forte démobilisation en 2005. Une abstention qui avait permis à cette occasion à un illustre inconnu, à la surprise générale, de devenir président de la République.

À la place d'une stratégie d'action collective, plusieurs réformateurs ont privilégié des luttes sectorielles et des stratégies individuelles ou micro-sociétales pour faire bouger les lignes. De plus, le fait que cette année les trois adversaires de leur «bête noire» sont issus du sérail n'était pas non plus de nature à les encourager à prendre le chemin des urnes. Une bonne nouvelle pour le courant idéologue du pouvoir, Khamenei en tête. Sans oublier les faucons israéliens et pro-Israéliens en Occident.

Une politique étrangère israélienne agressive à l'égard de l'Iran

Une troisième raison qui a favorisé l'élection du président sortant concerne cette fois un facteur externe à la dynamique politique domestique iranienne. Il s'agit de la politique étrangère de plus en plus agressive d'Israël. C'était également un contrecoup, un effet pervers, par inadvertance, de la victoire aux dernières élections générales de représentants de la droite nationaliste et de l'extrême droite dans ce pays.

Comme le Moyen-Orient est une région devenue communicante, à l'ère de la mondialisation et des bouleversements géopolitiques provoqués par l'équipée guerrière de George W. Bush en Irak, chaque événement important se produisant dans un de ses pays finit d'une façon ou d'une autre et à degrés variables par toucher les autres. Dans ce cadre, les commentaires incendiaires de l’actuel président iranien à l’endroit de l’État hébreu dont il voudrait l’anéantissement, sans oublier à la fois ses déclarations controversées concernant la Shoah et l’organisation en 2006 dans son pays de manifestations culturelles antisémites (concours de caricatures antisémites, colloque voulant démontrer le caractère soi-disant fallacieux de l’Holocauste), des éléments très inquiétants qui viennent réveiller des peurs enfouies dans la mémoire traumatique du peuple juif en Israël et ailleurs. À raison! Si un tel comportement iranien irresponsable et condamnable vise surtout à renforcer l’influence de Téhéran dans une «rue arabo-musulmane» remontée contre Israël à cause de la brutalité de l’occupation militaire dans les territoires occupés, elle ne sert pas en fin de compte la cause de la paix israélo-palestinienne. En faisant réveiller des peurs ancestrales liées à une mémoire de persécutions millénaires, on ne fait que radicaliser un peu plus la société israélienne et on la pousse davantage dans les bras de forces de droite nationaliste et d’extrême droite largement hostiles à la création d’un État palestinien. Et c’est ce qui est arrivé lors des dernières élections générales avec la victoire et la formation d'un gouvernement très à droite (où siègent à côté de la droite nationaliste et religieuse des représentants de l'extrême droite).

C’est dans ce contexte que s’inscrit le durcissement anti-iranien actuel en Israël et sa campagne de diabolisation de Téhéran, en vue de former avec les puissances sunnites arabes un front anti-iranien.

Ces développements d’importance n'étaient pas en retour de nature à encourager la détente à l'intérieur du régime islamiste en place. On a là une illustration parlante de la politique des vases communicants. Les tendances plus radicales se renforcent les unes les autres.
Face aux menaces proférées par le faucon ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman de mener des frappes «préventives» contre les installations nucléaires iraniennes, les sorties controversées et irraisonnées de plusieurs de ses collègues ministres comparant Mahmoud Ahmadinejad à Hitler et son régime à celui nazi (des sorties faisant jusqu’à un certain point écho aux déclaration publiques douteuses d’Ahmadinejad associant Israël et le sionisme aux nazis et à Hitler), et avec l'activisme forcené de son premier ministre Benjamin Netanyahou à Washington comme à Paris, Berlin ou Londres contre un présumé programme nucléaire militaire iranien, il ne fallait pas s'attendre à ce que le régime des mollahs laisse tomber celui parmi les candidats qui représentait le plus la ligne dure vis-à-vis de l'Occident et d'Israël. D'où le choix de Mahmoud Ahmadinejad par les centres du pouvoir, Khamenei en tête.

Maintenant que la bête noire de l'Occident s'est succédé à lui-même, il sera assez aisé pour la coalition de droite au pouvoir à Jérusalem et ses relais à Washington de diaboliser l'Iran. Avec comme objectif en vue la formation d'une coalition régionale, à défaut d'une internationale, contre la République islamique au nom du slogan d'un dangereux Iran nucléarisé se précisant pour la sécurité régionale et internationale. Un des objectifs de cette stratégie israélienne est de détourner les regards de la communauté internationale en général et des États-Unis en particulier du projet de création d'un État palestinien indépendant et viable, projet cher à Barack Obama et dont la coalition de droite au pouvoir à Jérusalem n'en veut à aucun prix. Mais tout recul de la part du président américain dans ce dossier serait néfaste pour l'ensemble de sa stratégie de réconciliation, sinon de rapprochement, avec le monde musulman. Et donnerait le signal de relance aux forces radicales et hostiles aux États-Unis et à Israël dans la région du Grand Moyen-Orient.

De son côté, la droite américaine va saisir l'occasion de l'élection de Mahmoud Ahmadinejad avec un score élevé (63% des suffrages des 85% des inscrits contre 33% pour Moussavi) pour vilipender la politique de la main tendue du président Barack Obama. Et dire qu'elle est naïve et qu'elle n'est pas payée à juste titre en retour. Cet assaut obéit en fait à la stratégie de reconstruction d'un Parti républicain à terre depuis la défaite de novembre dernier.

*

On espérait secrètement à Washington, à Ottawa comme à Paris, Berlin, Le Caire, Rabat ou Riyad que la politique de la main tendue du président Barack Hussein Obama amène en retour le peuple iranien à choisir un dirigeant comme Mir-Hossein Moussavi qui prône une politique d'ouverture et de détente avec l'Occident. Mais c'était sans compter avec les pesanteurs du pays et les craintes de son régime pour sa survie. On est donc loin d'un signe de fermeture à l'égard de l'Occident.

Comme en Iran c'est le Guide suprême et non le président de la République qui a le dernier mot dans des domaines sensibles comme la politique étrangère, la politique de défense, la sécurité nationale et le dossier nucléaire, le président américain serait mieux avisé de ne pas céder au chant des sirènes venant de Washington comme d'ailleurs. À la place, il devrait prendre en considération l'arrière-fond psychologique de l'issue de cette élection, à savoir le sentiment de crainte qu'inspire encore la politique étrangère clandestine des États-Unis vis-à-vis de ce pays. Et faire donc preuve de patience, d'imagination et de persévérance dans sa volonté d'ouverture et de dialogue avec Téhéran. De plus, comme c'est le Guide suprême qui a la haute main sur ce pays, la réélection d'Ahmadinejad ne représente aucune rupture avec les choix stratégiques de l'État iranien d'avant-élection, et ne devrait par conséquent nullement bouleverser le plan initial de l'équipe d'Obama dédiée au rapprochement avec ce pays et à l'examen de l'évolution des péripéties de son programme nucléaire.
Le calendrier d'Obama ne devrait donc pas être bouleversé outre mesure. Il en va, dans une certaine mesure, de la crédibilité de sa «Grand strategy» et de l'avenir des relations entre son pays et le monde islamique et donc de l'intérêt national américain.


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Vrai résultat
par Libre Iranienne le 15 juin 2009

Voici le résultat communiqué par une source non officielle par les emplyés de la ministère de l'intérieur:

Moussavi : 19 075 623

Karoubi : 13 387 104

Ahmedi Najad : 5 698 418

Rezaiz :

 

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Chronique
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La Chronique de Aziz Enhaili, rédacteur en chef de Tolerance.ca
par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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