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Canada 2019: Barack Obama invite les Canadiens à confier à Justin Trudeau un second mandat et suscite la controverse

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Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

Plus une campagne électorale est serrée, davantage chaque vote compte. La campagne fédérale canadienne de cette année en est une illustration. Dans ce contexte, la crainte est de voir l'appel d'un ancien président américain très populaire en faveur d'un second mandat libéral influencer le vote le 21 octobre prochain.

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La campagne électorale fédérale s’achève. À cinq jours de la date du scrutin, le chef libéral, Justin Trudeau, ne pouvait rêver mieux. L’ancien président américain Barack H. Obama lui a fait tout un cadeau.

Barack Obama s’invite dans la campagne fédérale canadienne

Sur Twitter, Barack Obama a 109 millions d’abonnés. C’est dire l’impact potentiel de ses messages.

Le mercredi 16 octobre, l’ancien président américain s’est invité dans les élections fédérales canadiennes du 21 octobre prochain. Sur Twitter, il a appuyé le premier ministre sortant.  "J’ai été fier de travailler avec Justin Trudeau en tant que président. C’est un dirigeant travailleur, efficace, qui s’attaque aux grands enjeux tels que le changement climatique." Et de conclure: "Le monde a besoin aujourd’hui de son leadership progressiste et j’espère que nos voisins du Nord le soutiendront pour un autre mandat."

Si le premier ministre sortant s’est réjoui de l’appui de l’ancien président américain, son parti s’est contenté, en guise de réaction, de republier sur son compte Twitter le message du démocrate accompagnant une photo datant de juin 2019 où on voit MM. Trudeau et Obama partageant une bière dans un bistro d’Ottawa.

Dans le camp adverse, les réactions ne se sont pas fait attendre. Le chef conservateur Andrew Scheer s’est contenté de dire devant les caméras de télévision que lui il compte sur l’appui de millions de Canadiens pour se faire élire. Le chef néodémocrate Jagmeet Singh, visiblement déçu, a pour sa part déclaré que M. Obama se trompe sur le compte du chef libéral. À cette occasion, il a, encore une fois, martelé son message électoral d’un Justin Trudeau qui dit une chose en public et fait une autre en privé. À force de taper sur ce clou, M. Singh souhaite arriver à définir son adversaire libéral comme quelqu’un d’hypocrite avec l’espoir que cela lui fasse gagner les votes des déçus de M. Trudeau à l’issue d’une campagne très serrée. Mais, rien ne garantit le succès de ce scénario.

Au Québec, le soutien de Barack Obama à Justin Trudeau a piqué au vif le député caquiste de Sainte-Rose, Christopher Skeete, au point de le comparer, sur Twitter, à de l’ingérence russe dans les élections américaines de 2016. Une dramatisation tirée par les cheveux et à laquelle n’adhère pas (officiellement) le gouvernement caquiste de François Legault.

Plusieurs se sont interrogés sur le moment de la sortie de Barack H. Obama et sur ce que cela signifie pour la campagne de Justin Trudeau à quelques jours seulement de la date du scrutin. Le candidat bloquiste dans Montarville, Stéphane Bergeron, a qualifié l’appui du président américain le plus populaire dans son pays de signe de désarroi des troupes libérales. Venant d’un adversaire politique, c'est de bonne guerre. Aussi, plusieurs sont allés jusqu’à se demander si le geste de M. Obama était de sa propre initiative ou si, au contraire, il était le fruit d’une sollicitation extérieure, pas nécessairement du premier ministre sortant en personne. Pas sûr qu’on aura le fin mot de cette histoire. Aussi, même si le premier concerné disait, avec la main sur la Bible, qu’il l’avait fait de son propre chef, il se trouverait toujours des gens qui mettraient cette déclaration en doute.

Barack Obama et son allié Justin Trudeau

L’appui de l’ancien président Obama à M. Trudeau n’est pas une hérésie. Rappelons-nous de la dynamique de leurs relations depuis l’élection de celui-ci en 2015. Tout un contraste avec ce qui se passait durant les années Harper après l’arrivée des Démocrates à la Maison-Blanche. Les observateurs des relations du Canada avec son voisin méridional se rappellent à coup sûr de plusieurs épisodes de relations plus que cordiales entre le Démocrate et le Libéral. On peut citer à titre d’exemple le faste et l’accueil très chaleureux et protocolaire réservé à Justin Trudeau (accompagné de son épouse Sophie) en mars 2016 par le couple Obama à l’occasion de sa première visite officielle à Washington. Les deux couples avaient, par moments, l’air de rock stars. Le président démocrate a lui aussi fait une visite officielle à Ottawa. Il a été accueilli chaleureusement. Les deux hommes se sont rencontrés à plusieurs reprises après le départ de l’Américain de la Maison-Blanche.

M. Obama sur le départ de la Maison-Blanche a vu en M. Trudeau un héritier de son œuvre et un allié progressiste prêt à faire face à des mouvements populistes, isolationnistes ou hostiles à la mondialisation, au libre-échange et à l’immigration en plein essor dans son pays et en Europe. L’arrivé de plus de 30 000 réfugiés syriens sur le sol canadien rapidement après l’arrivée du chef libéral à Ottawa l’a à coup sûr rassuré sur ce plan.

***

La controverse du #blackface de Justin Trudeau n’a donc pas refroidi les ardeurs de Barack H. Obama. Aussi, pour lui, apporter son appui à l’élection ou à la réélection d'un dirigeant étranger n’est pas une chose inusitée. Il l’avait déjà fait en faveur de l’élection d’Emmanuel Macron en France et de la réélection de la chancelière Angela Merkel en Allemagne. Cela dit, la question demeure de savoir si son appui de taille va faire une différence le jour du scrutin.

18 octobre 2019



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par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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