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La modernité : le défi le plus important pour le monde musulman

par
Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®
À l'heure du village global, le monde musulman est plus que jamais confronté aux défis incontournables de la modernité. De la manière dont cette civilisation y agira dépendra une partie de son avenir et de celle du reste de l'humanité.



De nos jours, la modernité représente le défi le plus important pour le monde musulman. Si dans le passé, chaque pays pouvait se permettre jusqu'à un certain point de demeurer refermé sur lui-même, de nos jours, ce n'est plus possible. Grâce aux outils de la révolution de l'information, fille de la mondialisation, les citoyens du monde islamique sont aujourd'hui en mesure de se renseigner sur ce qui se passe réellement à l'intérieur comme à l'extérieur du monde musulman. Leurs réseaux denses d'immigrants installés notamment en Occident sont eux aussi un acteur supplémentaire de dissémination d'une information rafraîchissante par rapport à celle distillée par des canaux officiels de (dés) information et à la langue de bois assumée sans complexe.

Avec cette nouvelle réalité internationale, les musulmans sont aujourd'hui en mesure de faire des comparaisons entre la situation dans leurs pays et celle en Occident par exemple. Ils sont forcés de constater le gâchis de décennies d'autoritarisme religieux ou laïc dans leurs pays. À l'absence de démocratie et de réelles libertés civiles et politiques dans la plupart de ces pays s'ajoutent une mauvaise gouvernance et des indicateurs de développement humain désastreux. En face, ils constatent que des pays, comme ceux occidentaux, qui avaient épousé le pari démocratique et mené une révolution des mentalités, s'en sortent mieux aujourd'hui et se classent en tête de liste dans plusieurs catégories.

L'impérative réforme (du monde) de l'Islam

Face à ce décalage, que faire pour sortir le monde musulman de cette situation désastreuse? Même si cette question a déjà été posée par de brillants esprits novateurs d'al-Nahda (renaissance) arabe (comme Afghani, Abdou ou Kawakibi), elle demeure hélas également celle de notre temps et la question posée aux intellectuels du monde musulman, qu'ils soient religieux ou laïcs. C'est pourquoi nous allons esquisser ici des éléments de réflexion. À ce propos, évitons la polémique puisqu'elle est contre-productive pour l'avenir du monde musulman.

Toute réforme du monde islamique concerne deux aspects importants. Le premier touche le niveau politique. Le second, la question des mentalités. Ces deux volets vont de pair et sont deux facettes de la crise de cette civilisation. Il faudrait les confronter ensemble pour pouvoir venir à bout de cette crise qui dure depuis plusieurs siècles.

1. La question du pouvoir politique

Dans cette partie du monde, la question du pouvoir politique est centrale. Il est l'objet d'un accaparement jaloux de la part d'un groupe social réduit et de l'exclusion du reste de la société. Ici, le pouvoir politique est la clé maîtresse de l'accès à la richesse économique et largement à la distinction sociale. Tout acteur social voulant garder une autonomie politique par rapport à la «caste» au pouvoir se voit interdit l'accès au champ économique, limitant du même coup sa marge de manœuvre. Toute contestation politique ou sociale est brutalement réprimée. À preuve, les nombreux opposants ou dissidents croupissant pour de longues périodes dans les geôles moyenâgeuses de nombreux régimes musulmans. La torture de ces opposants est la règle et non l'exception.

Dans un tel régime politique, on privilégie d'abord ses proches, sa famille, son clan, sa tribu… Pas de place réelle pour la citoyenneté. La loyauté prime sur le mérite et sur la compétence. L'accès au pouvoir et à la considération sociale est fonction de la proximité avec la khayma (tente) du sultan (le pouvoir politique). Les «proches» d'aujourd'hui peuvent facilement, et sur un coup de tête, devenir les «proscrits» de demain. Pour éviter de tomber dans la disgrâce, les groupes et personnes en compétition laissent libre cours à la jalousie, à la ruse, aux «complots de palais», aux rumeurs, etc. Ils dépensent beaucoup d'énergie pour faire preuve d'une loyauté totale et d'une soumission servile au puissant du moment. La cartographie du pouvoir et de ses réseaux devient donc difficile à déchiffrer pour les non-initiés. Ici, c'est le règne majestueux du faux-semblant.
Dans ce type de régime, pas de place pour l'individu. Il ne jouit pas de réels droits civils et politiques, puisque tout ici est éphémère et qu'il est écrasé sous le poids de plusieurs contraintes. Dans l'absence d'une réelle autonomie relative de différents secteurs sociaux, le pouvoir est omniprésent et omnipotent. Si dans les pays démocratiques, le principe d'imputabilité des dirigeants politiques les pousse en principe à servir leur peuple de manière assez responsable pour pouvoir continuer de bénéficier de sa confiance, dans la plupart des pays musulmans, la situation est autre. Faute de régime démocratique ici, le Prince n'est pas lié par ce type de pacte social. Il confond la caisse de l'État avec sa propre cassette et l'intérêt national de son pays avec son intérêt propre. Si le dirigeant démocrate occidental cherche en principe à améliorer un peu plus chaque jour la situation économique et sociale de son peuple, l'autocrate musulman s'en moque royalement et s'obstine à rester au pouvoir, coûte que coûte et quel que soit le prix que cela pourrait coûter à son pays. Avec la complicité d'une élite servile et courtisane.

Si dans les pays démocratiques établis, un principe comme la liberté individuelle permet de créer un contexte propice à l'épanouissement et au dépassement de soi, et donc au développement de l'ensemble de la société, l'absence de ce principe de liberté dans un contexte autoritaire musulman rigide condamne le monde islamique à l'abonnement, jusqu'à nouvel ordre politique, aux indices les plus désastreux du développement humain.

Le drame du monde islamique est que sa crise ne se limite pas au seul problème de gouvernance politique. Elle concerne aussi la question de sa mentalité. De sa réforme dépendra, dans une large mesure, l'avenir de sa relation avec la modernité et de tout projet de sortie réelle de la crise civilisationnelle dans laquelle il patauge encore.

2. La question de la réforme de l'islam

L'islam est l'otage de régimes autocratiques, d'oulémas paresseux et sans imagination sociale et d'islamistes occupés à préparer l'avènement de régimes théocratiques. Il est trop précieux pour que les libéraux le leur abandonnent.

L'islam constitue le cœur de la problématique de mentalité dans cette partie du monde. Pour une réconciliation féconde avec la modernité, il faudrait agir sur les quatre fronts suivants: la laïcité (nous y reviendrons ailleurs), la réforme religieuse, la question des femmes et la question des minorités. Quatre éléments d'une révolution culturelle à même de changer la mentalité islamique. Mais cette révolution est d'abord une question de méthode.

2.1. Discours de la méthode

Que faire du legs du passé et de la mentalité islamiques? Les jeter aux orties? Ou au contraire y regarder de plus près pour voir ce qui pourrait encore servir toute entreprise réformatrice? Là encore, nous sommes en face d'une question posée depuis le choc islamo-occidental lors de la conquête éphémère de l'Égypte par Bonaparte (1798). C'est dire combien le monde musulman reste hélas encore l'otage d'anciennes questions.

L'histoire de cette partie du monde est longue. Elle est riche d'événements et de débats d'idées. Pensons notamment, à l'ère des empires musulmans (Omeyyades, Abbassides…), aux différents mouvements révolutionnaires, populaires et insurrectionnels qui s'étaient soulevés contre des pouvoirs despotiques. Méditons aussi les débats d'idées entre des courants comme les Moutazilites (libre penseurs) et les Acharites (sunnites rigoristes), les Ahl al-Kalam, les philosophes, les moutasawifa, etc. N'oublions pas non plus les courants réformateurs qui sont apparus un peu partout dans le monde islamique depuis la fin du 18e siècle et le début du 19e. Des éléments qui montrent que cette civilisation n'a jamais été un bateau perdue ou un bois mort.

De cette longue histoire, on peut tirer notamment deux leçons importantes pour la méthode de réforme de l'islam. D'abord, les différentes initiatives réformistes qui avaient choisi de rompre brutalement avec la culture locale et le legs du passé n'ont pas survécu au passage du temps. Une leçon qui semble échapper encore à l'entendement de certains milieux laïcs. À preuve: une partie de l'aile laïque du mouvement féministe dans le monde musulman continue à s'entêter dans son refus d'utiliser un langage culturel intelligible et adapté au commun des femmes (dont la plupart sont analphabètes), se condamnant à demeurer quasi clandestine. Une situation qui est inversement proportionnelle à son audience auprès du public occidental.

En revanche, la plus importante sensibilité au sein du mouvement féministe laïc a quant à elle choisi une stratégie publique différente. En utilisant des éléments du langage de l'islam, ces militantes ont largement réussi à toucher leur public cible, là où leurs consœurs radicales avaient échoué. S'engouffrant au passage dans des brèches ouvertes et mettant à nu le discours social misogyne. En inscrivant leurs revendications dans le langage de l'islam, elles ont rendu très difficile pour leurs adversaires islamistes ou ultraconservateurs de les taxer «d'athées» ou de «coupées» de la société. Accusations «mortelles» dans le monde islamique pour tout mouvement laïc. Ce positionnement est également essentiel pour le lancement du débat sur la question de la femme et donc pour le changement de mentalité.

La deuxième leçon à méditer est quand il s'agit de l'islam, il n'y a pas que sa lettre qui compte, mais également (et surtout) son esprit.
Le vrai génie de l'islam est qu'il est doté d'une capacité potentielle d'adaptation aux réalités renouvelées sans cesse. C'est une chose que de nombreux musulmans craintifs ont négligé depuis les cinq derniers siècles. Indice de la perte de confiance en soi d'une oumma (communauté) défaite militairement. D'où la percée vertigineuse de forces ultraconservatrices et réactionnaires et l'étouffement de courants d'idées philosophiques «libres». C'est ce contexte de crise et d'affaiblissement qui explique que la porte de l'ijtihad (interprétation) a été fermée. C'est pourquoi la réouverture de l'ijtihad (outil de l'esprit de l'islam) fait partie des moyens à utiliser aujourd'hui pour contribuer à ce que le monde musulman s'adapte à son temps, se réconciliant au passage avec la modernité. Mais une telle fonction ne doit pas être laissée à une espèce de clergé islamique, une aberration théologique pour les musulmans sunnites. À la place, il faudrait s'inspirer de la démarche des protestants et méditer l'enseignement d'Averroès (1126-98) sur la Raison.

Comme le lecteur l'a bien compris, nous n'appelons pas ici à une stratégie de rupture totale avec le patrimoine islamique. Pour deux raisons. D'abord, faire tabula rasa d'un patrimoine civilisationnel multiséculaire et fécond est insensé et impossible à mener à terme, sauf à jouer au Khmer rouge de l'islam. D'ailleurs, si les tenants de cette méthode radicale peuvent toujours compter sur le soutien non bien inspiré de milieux anticléricaux occidentaux ou non, ils ont toujours échoué dans leur entreprise. Pire, ils ont contribué à abreuver le moulin des forces hostiles à la modernisation de l'islam. À l'inefficacité s'est donc ajoutée une légitimation à posteriori de forces passéistes. Rendant encore plus difficile l'objectif recherché initialement.

La seconde raison de notre rejet de la stratégie de rupture et de l'adoption à la place d'une stratégie «entriste» est pratique. Chercher à réconcilier le monde islamique avec la modernité est une tâche ardue. Comme c'est le cas pour les personnes souffrant de choc post-traumatique, il faudrait faire preuve de doigté dans l'approche de cette question délicate. Au lieu de brusquer le monde musulman et de s'adresser à lui dans un langage martial et avec des référents symboliques exogènes, lui rappelant au passage son état de retard, il vaudrait mieux s'y adresser dans le langage qu'il comprend le mieux. Signe de considération et de respect et condition nécessaire pour gagner sa confiance et sa disposition à l'écoute de ce qu'on a à lui dire. Lui parler dans son langage «coutumier» le rassurera et lui permettra de s'y reconnaître, évitant donc de se l'aliéner ou d'en faire la proie de forces hostiles à la modernisation du monde islamique. Des mouvements cultivant une lecture a-historique et idéalisante du passé islamique.

2.2. Thèmes de la réforme

A. La réforme religieuse

L'islam est le troisième rameau de l'arbre abrahamique. Il est héritier du judaïsme et du christianisme. Il reconnaît la légitimité de leurs fidèles qu'il qualifie de «gens du Livre». Mais cette reconnaissance ne l'a pas empêché de considérer leur(s) «Livre(s)» (Ancien et Nouveau Testament(s)) comme falsifié(s)! Sous son empire, ils étaient qualifiés d'Ahl al-Dhimma. À ce titre, le pouvoir musulman devait les «protéger» des conversions forcées, en échange de payer une capitation (jizya). Si de nombreux juifs et chrétiens avaient accès à certaines fonctions sociales et économiques, d'autres reliées au pouvoir politique leur étaient en principe interdites.
Si à l'époque ce statut des minorités religieuses était longtemps «enviable», comparé à ce qui se passait en Europe catholique, de nos jours, un tel statut est devenu non seulement anachronique, mais également une aberration pour l'esprit même de l'islam. D'où la nécessité de mettre en place une réforme religieuse.

Dans le monde d'aujourd'hui, une telle réforme est incontournable. Elle est de l'intérêt des musulmans. Il en va de la cohabitation en bonne intelligence avec son voisin, de la sécurité nationale et internationale et de l'image de l'islam dans le monde.
Le profil socioreligieux du monde islamique n'est pas monolithique. Aux musulmans sunnites majoritaires (85%) et chiites minoritaires (14%) s'ajoutent notamment d'importantes minorités chrétiennes et des îlots juifs. Pour éviter que ces appartenances confessionnelles ne deviennent des frontières sanglantes (Liban, Irak, Arabie saoudite, Pakistan, Égypte ou Soudan), il vaudrait mieux répandre dans ces sociétés une culture de coexistence religieuse, basée avant tout sur la reconnaissance et le respect mutuels et l'égalité des droits de tous. Au lieu d'une conception rigide des individus à partir de leur religion (ou confession), avec une prépondérance accordée de jure aux musulmans, ces sociétés devraient cultiver une culture de citoyenneté, permettant la liberté religieuse et la liberté de conscience pour tous ses citoyens. Conformément même à la lettre du Coran (lire le verset: «Que celui qui veut croire croie et que celui qui ne veut pas croire ne croie pas!»).

L'avantage de cette culture moderne est multiple. D'abord, les croyances religieuses des minorités se verraient reconnues et respectées comme telles. Ensuite, les différentes discriminations et humiliations de ces minorités disparaîtraient. Encore, la paix civile et la sécurité nationale se trouveraient renforcées pour le bénéfice de tous. Enfin, l'image de l'islam (et donc des musulmans) dans le monde s'améliorerait. L'islam cesserait largement ainsi d'inspirer les peurs irrationnelles le concernant. Le garant de cette révolution intellectuelle n'est nulle autre que le régime de séparation entre l'État et la mosquée. Aux religieux, la mosquée et au Prince la cité.

B. La question des femmes

L'islam est né dans un contexte tribal. Malgré l'aspiration «révolutionnaire» de son esprit de départ, cette idéologie tribale l'a marqué de son empreinte.

Si les femmes d'Arabie préislamique n'avaient pas d'identité sociale, l'islam leur a reconnu plusieurs droits sociaux et économiques. Il a par exemple proscrit l'infanticide des fillettes, encouragé leur instruction, permis aux femmes d'hériter de leur parenté, d'exercer différents métiers, de jouir de leurs biens et richesse. Si leurs époux pouvaient auparavant épouser autant de femmes qu'ils voulaient, ils sont dorénavant obligés de se limiter à un maximum de quatre femmes, sous des conditions strictes.

Si à l'époque ces droits représentaient une importante avancée pour les femmes, ils sont devenus aujourd'hui l'illustration de leur inégalité par rapport aux hommes et donc du retard de la plupart des pays musulmans. Une situation liée à leur image sociale.

À cause de l'idéologie sociale dominante, la femme n'est pas perçue comme l'égale de l'homme. Elle est présentée notamment comme un être irrationnel et faible auquel il ne faudrait jamais accorder le pouvoir. Des stéréotypes démentis par la réalité du monde musulman. Cette représentation facilite culturellement la violence contre elle.

Pour renouer avec l'esprit de l'islam (et non de sa lettre), il faudrait faciliter, au nom de l'ijtihad et de la recherche rationnelle du bien commun, l'adoption par les pays islamiques de changements culturels et juridiques au niveau de l'image et du statut juridique de la femme pour qu'elle puisse jouir d'une réelle égalité avec l'homme et donc d'une vraie citoyenneté. Dans ce cadre, la polygamie pourrait être à titre d'exemple interdite au nom de ce même principe.

L'héritage réparti à parts égales entre les hommes et les femmes pourrait devenir la norme, et non le fruit d'une ruse théologique.

C. La question des minorités ethniques

Le monde musulman a mal à ses minorités. Là où un groupe ethnique exerce le pouvoir, il exclut les autres, s'il n'y ajoute pas leur persécution. Les Iraniens perses ont privé les minorités arabe, kurdes, baluc de leurs droits culturels, les Arabes continuent de le faire vis-à-vis des minorités imazighen (Maroc, Algérie), kurde (l'Irak de Saddam) et négro-africaine (Mauritanie, Soudan, Égypte), les Turcs avec leurs minorités kurde et arménienne, les Égyptiens avec leurs Coptes, les Pachtounes d'Afghanistan vis-à-vis des Hazaras… Dans plusieurs pays, cette dimension ethnique se superpose sur une dimension religieuse ou confessionnelle (Bahreïn, Iran, Pakistan, Indonésie, Turquie, Liban). La combinaison idéale pour des affrontements violents quasi-inévitables.

En l'absence d'une culture de pluralisme religieux dans cette région, il devient plus aisé pour les groupes dominants dans un pays de se servir d'une lecture sectaire de l'islam pour légitimer aux yeux de la majorité le dessein de faire taire une minorité, au moyen de la répression. L'enjeu étant le non-partage du pouvoir et des ressources.

Comme le Coran est rédigé dans la langue arabe, de nombreux Arabes pensent que c'est la preuve de leur supériorité sur les autres groupes ethniques. Un non sens du point de vue de l'islam lui-même. Si cette idée est répandue malgré le fait que le Coran et la Sunna ont à plusieurs reprises insisté sur l'égalité raciale de tous les êtres humains, c'est en raison de la forte influence de la mentalité arabe par l'idéologie tribale. C'est cette même idéologie sociale qui est à l'arrière-plan des violations des droits sociaux et économiques de travailleurs étrangers (musulmans) dans une région comme le Golfe.
S'ils partaient du principe que l'islam proscrit l'idéologie raciste, les musulmans se rendraient compte de l'aberration de cette idéologie sociale rétrograde qui meuble une partie de leur mentalité. D'où la nécessité de s'en débarrasser rapidement. Renforçant au passage leur cohésion nationale et garantissant leur sécurité collective.

*

Comme nous venons de l'analyser, toute réforme réelle du monde musulman ne pourra faire abstraction ni d'une réforme politique de la gouvernance pour en faire une démocratie, ni d'une réforme des mentalités.


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Il y a actuellement 1 réaction.

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Toute réforme de l'islam part de l'éducation.
par Michel THYS le 26 mai 2009

Le drame de l'islam est la signification même de ce terme : soumission ...Certes, elle est commune à toutes les religions, mais celles-ci ont dû moduler leur dogmatisme et leur cléricalisme, face à la déconfessionnalisation et à la laïcisation croissantes de la plupart des pays européens.Tant que l'éducation coranique maintiendra notamment la récitation du coran sans rien y comprendre et des traditions phallocratiques, l'islam, malgré ses potentialités, restera ancré dans la féodalité. Mais comment convaincre les musulmans que la laïcité politique est la condition sine qua non de la coexistence pacifique entre des cultures et des convictions différentes ? Les rares musulmans "éclairés et progressistes" sont contestés ... Je crains que, même en modernisant le système éducatif, plus d'un siècle soit nécessaire.

 

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Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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