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Grande-Bretagne: Donald J. Trump refuse de rencontrer le chef de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn

par
Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

Le président américain suscite la controverse en Grande-Bretagne. La veille de sa visite d'État de trois jours dans ce pays, il a insulté une des belles-filles de la reine Elisabeth II, Meghan Makle, et le maire de Londres, Sadeq Khan, et s'est ingéré avec ses gros sabots dans le débat sur le #Brexit. Aux côtés de la chef conservatrice du gouvernement, il a aujourd'hui déclaré refuser de rencontrer le chef de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn.

#DonaldTrump #TheresaMay #JeremyCorbyn #GrandeBretagne #Brexit #USStateVisit  

Le président américain Donald J. Trump effectue depuis lundi une visite d’État de trois jours en Grande-Bretagne. Hier, un bon accueil lui avait été réservé par la reine Elisabeth II et son prince héritier Charles. Au banquet en son honneur au palais de Buckingham, étaient présents de distingués invités, dont le prince Charles, le prince William et sa femme Kate Middleton, des politiciens, des ducs et des duchesses. Étaient également sur les lieux le gendre et principal conseiller du président américain, Jared Kushner, et ses quatre enfants adultes: Ivanka, Donald Jr., Tiffany et Eric. Emmener avec lui ses enfants à une visite d’État dans un pays étranger montre le côté patrimonial de l’exercice trumpien de la fonction présidentielle. Qu’ils aient ou non payé les frais de leur déplacement de leurs propres poches n’y change rien au fond de cela.

Donald Trump snobe le chef travailliste Jeremy Corbyn

Le président américain a qualifié son illustre hôte de ''femme formidable'' et loué ''l’amitié éternelle'' entre les deux pays. Il a également brisé le protocole royal. Encore, une fois. Plusieurs députés, dont le chef de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, ont boudé le banquet royal en son honneur et l'avaient fait savoir la veille ou le jour même sur les réseaux sociaux. Ce qui n'a pas dû faire plaisir au locataire de la Maison-Blanche. C'est pourquoi il n'a pas attendu longtemps avant de dégainer et répondre au coup par un autre coup. Du Trump pur jus.

Aujourd'hui, le président américain a rencontré la première ministre britannique, Theresa May, à trois jours de sa démission. En conférence de presse conjointe à Londres, il a, entre autres choses, affirmé à propos du chef du principal parti d’opposition britannique et éventuel prochain premier ministre en cas de nouvelles élections législatives générales: ''Il voulait me rencontrer et je lui ai dit non.'' Il l’a décrit comme une ''force négative.''

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jeremy Corbyn avait exprimé aux Américains son souhait de rencontrer le président américain pendant sa visite officielle. Il voulait aborder avec lui des thèmes comme l’urgence climatique, la paix et la question migratoire, tout en sachant à l’avance ce que M. Trump en pense. En cas de tenue rapide d'élections générales, cette manœuvre devait lui servir de tremplin pour se positionner aux yeux des Britanniques comme le véritable chef de file des anti-Trump au Royaume-Uni face éventuellement à un chef conservateur qui a déjà eu les faveurs du président américain et qui est en tête des prétendants à la succession de Theresa May.

La violence du propos de Donald J. Trump est à la mesure de sa colère contre l’homme de gauche et l’éventuel prochain premier ministre de Sa Majesté la reine. Et pour cause. M. Corbyn avait annoncé sur les réseaux sociaux son intention de bouder le banquet royal en l’honneur du controversé visiteur et pris la tête d’une manifestation le dénonçant. Son parti ne voulait pas de cette visite et encore moins du tapis rouge déroulé au locataire de la Maison-Blanche.

Les travaillistes n’étaient pas les seuls à être offusqués de cette visite. Le rejet de Donald Trump traverse les lignes partisanes. C’est pourquoi on a manifesté à Londres et ailleurs au Royaume-Uni et rivalisé d’ingéniosité dans les affiches et poupées gonflables du ''bébé Trump.'' Ces manifestations n’étaient pas le fait de poignées isolées, mais l’occasion de rassemblements impressionnants. Comme à son habitude aux États-Unis, chaque fois qu’il est question de manifestation contre lui, le président Trump a, en conférence de presse, nié qu’il y ait eu de manifestations hostiles à Londres avant de se rattraper et d’essayer de les minimiser en parlant de petites manifestations. Pour le malheur de M. Trump et de sa rhétorique, les images de ces manifestations avaient déjà fait le tour du monde et circulaient sur les chaînes de télévision nationales américaines. Ses attaques de médias qui avaient diffusé ces images et leur traitement de ''faussaires'' n’y changent rien.

Jeremy Corbyn a certainement noté qu’il n’était pas le seul politicien britannique de premier ordre à être qualifié par le président américain de ''force négative.'' Le maire de Londres, Sadiq Khan, s’était attiré les foudres de Donald Trump pour avoir comparé son discours à celui des ''fascistes du 20e siècle'' et avait eu droit lui aussi à cette qualification dépréciative.

***

La mèche de Donald J. Trump est très courte et son égo est surdimensionné. Indice, peut-être, d’une blessure narcissique très profonde. Cela dit, à cause de ses politiques domestiques et étrangères, il inquiète un peu partout à travers le monde, y compris parmi les alliés traditionnels des États-Unis, et suscite la controverse là où il se rend en visite officielle.

4 juin 2019



** Conférence de presse conjointe, le 4 juin, à Londres de Donald Trump et de Theresa May. Crédit de l'image: le compte Twitter de la Maison-Blanche.


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par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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