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Raz-de-marée conservateur en Alberta

par
Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

Une vague bleue en Alberta. Les conservateurs reviennent au pouvoir. Le gouvernement néodémocrate de Rachel Notley est défait après un seul mandat. Cette issue est une victoire personnelle pour le chef conservateur Kenney. Celui-ci a bien su mettre à profit la colère des Albertains pour prendre le pouvoir.

Le 16 avril, les Albertains avaient rendez-vous avec les urnes pour choisir les membres de la trentième Assemblée législative de l’Alberta. Plusieurs sondages accordaient la victoire aux conservateurs. Mais cela ne décourageait pas la chef néodémocrate. Elle s’est battue jusqu’à la dernière minute pour conserver son poste de première ministre. Au final, le verdict des électeurs était sans appel!

Un gouvernement conservateur majoritaire en Alberta

L’économie était le thème dominant de la campagne électorale de cette année.

Les 9-13 avril, jours de vote par anticipation, 696 000 Albertains ont mis leurs bulletins dans les urnes contre 235 000 quatre ans plus tôt. Du jamais vu! Cela est dû aux différentes mesures mises en place par le gouvernement pour faciliter le vote et montre qu'une bonne partie des électeurs avait hâte au jour du vote pour faire passer son message à l'adresse de la classe politique albertaine et du gouvernement fédéral libéral à quelques mois des prochaines élections législatives générales.

Le 16 avril, jour du scrutin général, les bureaux de vote étaient ouverts de 8 heures du matin jusqu’à 20 heures. Pour pouvoir voter, il fallait être citoyen canadien, résidant de l’Alberta et être âgé d’au moins 18 ans le jour du vote.

Sur 2 643 453 inscrits sur les listes électorales, 1 880 508 électeurs ont voté (71,1%).

Pour pouvoir former un gouvernement majoritaire, il fallait avoir 44 sièges à l’Assemblée législative de l'Alberta.

L’Assemblée législative compte 87 sièges. À sa dissolution cette année, la distribution des forces politiques en son sein était la suivante: 52 députés néodémocrates, 25 conservateurs, 3 , 1 libéral et 1 du Parti albertain. Il y a quatre ans, l'Assemblée était plus éclatée.

En 2015, les conservateurs avaient perdu le pouvoir à Ottawa et à Edmonton. Perdre leur château fort albertain était un choc pour eux. Voir un parti de gauche, en l'occurence le NPD, mettre un terme à une tradition vieille de 44 ans de gouvernements bleus successifs rendait leur perte encore plus inacceptable. Ils ont donc déployé d'énormes efforts en vue de reprendre le pouvoir.

Dans ce contexte, un poids lourd des conservateurs fédéraux est entré en scène. Il s'agit de Jason Kenney. Cet ancien ministre du gouvernement de Stephen Harper s'est attelé à l'unification des forces conservatrices. Il a fini par avoir gain de cause en 2017, quand les forces du Parti progressiste conservateur se sont unies à celles du Parti Wildrose au sein du Parti conservateur uni (PCU). Ce développement a permis mécaniquement la réduction du nombre des partis de l'Assemblée. C'est sous cette bannière que le chef conservateur a, en 2019, connu son premier scrutin général albertain. Il a obtenu 63 sièges et 1 030 560 voix (54,78%) et délogé la gauche du pouvoir.

Comme on l'a analysé ci-dessus, la première ministre sortante faisait face à un nouveau contexte politique et à la grogne dans sa province pour des raisons économiques. Sans oublier d'autres adversaires politiques. C'est pourquoi son parti n'a récolté que 24 sièges (contre 54) et 615 428 suffrages (32,75% contre 40,59% en 2015). Seulement six néodémocrates, dont Rachel Notley, ont conservé leurs sièges. Les gains néodémocrates ont donc fondu.

Le Parti albertain a récolté 170 872 voix (9,1%) et le Parti libéral de l’Alberta 18 457 suffrages (1%), mais aucun d’eux n’a  obtenu le moindre siège. Ils avaient fait mieux il y a quatre ans.

Après un seul mandat, le NPD a perdu le pouvoir. Du jamais vu en Alberta pour un gouvernement sortant! Les conservateurs l’ont acculé au rôle de l’opposition dans la nouvelle Assemblée. Deux partis seulement, soit le PCU et le NPD, sont représentés à l’Assemblé législative. Les autres formations ont été rayées de la carte. Du jamais vu depuis 1993. Cette année-là, l’aile parlementaire du premier ministre conservateur Ralph Klein faisait face à la seule opposition libérale de Laurence Decore.

Autre leçon du scrutin: la représentation des femmes a reculé au sein de la nouvelle Assemblée législative. Elle a baissé de 26 à 11 sièges.

***

Une majorité d’électeurs albertains a choisi le changement. Les conservateurs en sont les bénéficiaires. Ils ont mis à profit la colère des Albertains à cause de la situation économique de leur province. Le nouveau premier ministre réussira-t-il là où avait échoué sa prédécesseur? Autrement dit: réussira-t-il à convaincre ses homologues provinciaux en Colombie-Britannique et au Québec d'accepter la construction sur leur territoire d'une partie des nouveaux pipelines destinés à transporter le pétrole des sables bitumineux albertain en direction de marchés internationaux? Comment pourrait-il y arriver alors que le Québécois Legault a déjà fermé la porte devant lui et le Britanno-Colombien continue de s'opposer à ce projet?

17 avril 2019



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par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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