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Donald Trump offre à Israël sur un plateau le Golan syrien

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Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

Le président américain Donald J. Trump a pris plusieurs décisions favorables à Israël. La reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le territoire syrien occupé des hauteurs du Golan en fait partie

Les hauteurs du Golan sont un territoire syrien d’une superficie de 1200 kilomètres carrés. Il est, entre autres, bien situé d’un point de vue géostratégique. Israël l’occupe depuis la guerre des Six-Jours en juin 1967.

La guerre des Six-Jours

Pour rappel, cette guerre était inscrite dans un conteste très large. Le président égyptien Nasser s'était servi du renoncement des États-Unis et de la Grande-Bretagne à financer la construction du barrage d'Assouan pour annoncer la nationalisation du canal de Suez en 1956. Pour tenter à la fois de faire échouer son projet et de provoquer sa chute, les Français et les Britanniques ont appuyé une attaque israélienne dans le Sinaï. Devant la double pression américano-soviétique, l'armée israélienne s'en est retirée. Mais, en échange, Israël a obtenu des Nations unies le maintien de Casques bleus dans le Sinaï pour que la frontière demeure démilitarisée. Si la frontière d'Israël avec l'Égypte a connu une acalmie, la situation était très tendue à sa frontière avec la Syrie. Les incidents et les dérapages se multipliaient.

Conformément à l'accord d'alliance militaire signée en 1966 par Damas et Le Caire, les deux pays étaient liés en cas de guerre impliquant l'un d'eux. Suite à un rapport soviétique datant de mai 1967 qui affirmait qu'Israël avait massé des troupes militaires à sa frontière avec la Syrie (ce qu'a démenti Israël), le président Nasser avait massé des chars d'assaut et des troupes égyptiennes dans le Sinaï, sur la frontière avec Israël, avant d'exiger et d'obtenir des Nations unies le retrait de leur force d'interposition. Le 23 mai, il a bloqué l'accès des navires israéliens au détroit de Tiran pour les empêcher d'approvisionner le port d'Eilat en pétrole en provenance de l'Iran du Shah. En agissant ainsi, il a contrevenu à des accords internationaux signés en 1957 et qui ont accordé à Israël le droit de transit par le détroit. Israël a considéré ces mesures comme un casus belli.

À partir de là, la guerre était à l'ordre du jour. Mais au lieu de l'envisager comme une possibilité et de s'y préparer, le raïs égyptien pensait encore qu'Israël n'attaquerait pas. Plusieurs hauts gradés de son armée étaient d'un avis contraire. Le raïs avait donc une mauvaise lecture de la situation intérieure israélienne. Aussi, une partie de son armée était embourbée au Yémen. Les Syriens ne s'étaient pas préparés non plus à cette guerre. Une fois déclenchée, il n'a fallu que six jours à Israël pour qu'elle batte les armées de trois pays arabes: l'Égypte, la Syrie et la Jordanie, et s'empare du Sinaï égyptien, des hauteurs du Golan syrien, de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

En 1981, Israël a annexé unilatéralement les hauteurs du Golan syrien occupé. Cette annexion a été considérée par les Nations unies comme une violation caractérisée et flagrante du droit international.

Donald Trump rompt avec la politique traditionnelle américaine

Le lundi 26 mars, le président américain Donald J. Trump a signé un décret pour reconnaître la souveraineté d’Israël sur les hauteurs du Golan. Une décision qui rompt avec la politique traditionnelle de son pays dans ce dossier et qui va à l’encontre du droit international. Cette décision unilatérale et controversée s’ajoute à celle de décembre 2017 de reconnaître Jérusalem, une et indivisible, comme la capitale de l’État d’Israël.

Sur les hauteurs du Golan comme sur Jérusalem, Donald J. Trump s’est retrouvé isolé sur la scène internationale. Mais, il n’en a cure. Ces deux décisions ont ravi le premier ministre israélien. Comme il se trouve actuellement aux États-Unis pour s’adresser à l'AIPAC, le puissant lobby pro-Israël à Washington, Benyamin Netanyahou s'est rendu à la Maison-Blanche pour assister à l’annonce de son ''ami'' Trump. Il était tout sourire et n'a pas tari d'éloges à son sujet.

***

En Israël, Benyamin Netanyahou fait face à des allégations de corruption qui pourraient mettre un terme à sa carrière politique. Donald Trump le sait. À quelques semaines des élections générales, son nouveau ''cadeau'' ne peut nuire à la campagne de son ''ami.'' Parions que celui-ci le mettra à profit pour convaincre les électeurs de le faire réélire.

25 mars 2019



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par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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