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Donald J. Trump menace de couper le financement aux pays qui votent à l’ONU contre sa déclaration sur #Jérusalem

(French version only)
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Editor-in-chief, Tolerance.ca, Member of Tolerance.ca®

La déclaration Trump sur #Jérusalem est une violation du droit international et signe la fin de ce qui restait du processus de paix israélo-palestinien. Le forcing américain ces jours-ci aux Nations unies peut se révéler contre-productif.

Au début du mois de décembre, le président Donald J. Trump a reconnu Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël et ordonné qu’on y déménage l’ambassade de son pays. Le gouvernement israélien s’en est réjoui. Ailleurs dans le monde, plusieurs sommets et réunions se sont tenus en Asie, en Afrique et en Europe pour condamner, du moins prendre ses distances avec la déclaration Trump.

Chantage et intimidation de Nikki Haley des Nations unies

Le mardi 19 décembre, quatorze des quinze États membres du Conseil de sécurité ont voté en faveur du projet égyptien qui condamne la décision américaine. Avec son veto, la représentante permanente des États-Unis s’est retrouvée isolée sur la scène internationale.

La déclaration Trump sur #Jérusalem a donc été désavouée.

Cet échec diplomatique retentissant de son pays a enragé la diplomate américaine: ce vote "est une insulte que nous n’oublierons pas." Sur son compte Twitter, on peut lire le message rageur suivant: "À l'ONU, on nous demande toujours d'en faire plus et de donner plus," "nous ne nous attendons pas à ce que ceux que nous avons aidés nous ciblent" et jeudi "les États-Unis noteront les noms."

Le lendemain, elle est allée encore plus loin. Dans un courriel envoyé à ses homologues, elle a écrit: "Le président (Donald Trump) observera attentivement ce vote et il a demandé que je lui signale les pays qui auront voté contre nous."

Comme le veto américain a empêché le Conseil de sécurité d’adopter le projet de résolution égyptien, le Yémen et la Turquie (membre de l’OTAN) se sont adressés à l'Assemblée générale des Nations unies pour lui demander de souligner que toute décision sur le statut de Jérusalem "n'a pas de force légale, est nulle et non avenue et doit être révoquée." Ce qui revient à annuler la déclaration Trump.

En prévision de la réunion d’urgence de l’Assemblée générale, le 21 décembre, à 10 heures (heure de l’Est), à propos de la résolution turco-yéménite, l’ambassadrice Nikki Haley a envoyé ce mercredi une lettre aux représentants des États membres. Elle les a mis en garde contre la tentation de voter contre la déclaration Trump. "Le président suivra attentivement ce vote et a demandé que je fasse un rapport sur ceux qui vont voter contre nous," a-t-elle mis en garde. "En examinant votre vote, sachez que le président et les États-Unis prennent personnel ce vote," a-t-elle ajouté. Une réaction qui traduit sa frustration et son incapacité à faire changer d'idée à ses homologues!

Le ministre palestinien Riyad Al-Malki a dénoncé ces menaces et intimidations.

Donald J. Trump menace les pays tentés de voter contre sa déclaration

Aujourd’hui, le président américain se trouvait à la Maison-Blanche pour annoncer fièrement au pays l'adoption de son projet de réforme fiscale. L'occasion également pour lui de se prononcer sur le vote à venir de l'Assemblée générale à propos de sa déclaration sur Jérusalem. Il n’est pas allé par quatre chemins.

Dans sa déclaration, il a repris des éléments de langage de son ambassadrice à l’ONU et est allé encore plus loin qu'elle. Il a dénoncé "tous ces pays qui prennent notre argent et ensuite votent contre nous au Conseil de sécurité" (allusion, entre autres, à l'Égypte). Il a ajouté: "Nous prenons note de ces votes." "Qu’ils votent contre nous et nous sauverons beaucoup d’argent." Une menace claire de couper des milliards de dollars à ces pays qui ont besoin de l’aide américaine et qui voteront demain contre sa déclaration sur Jérusalem.

Cette déclaration est du jamais vu aux Nations unies. Elle a fait le tour du monde. Elle a étonné les cercles diplomatiques.

***

Les États-Unis ont essuyé un échec diplomatique de taille au Conseil de sécurité des Nations unies. Même leurs alliés traditionnels, au Canada et en Europe, n’appuient pas la déclaration Trump. Sans parler des critiques du Vatican, de la Chine et de la Russie et des condamnations au sein du monde arabo-musulman. Pour éviter un autre camouflet diplomatique, cette fois à l’Assemblée générale, Washington a multiplié les pressions sur les 193 États membres pour essayer d’affaiblir le nombre des appuis au projet turco-yéménite. Israël s’est activé dans les coulisses dans le même but. Demain, on verra si cette stratégie a réussi ou échoué lamentablement.

20 décembre 2017



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Aziz Enhaili is an expert on the Middle East, of Islam and Foreign policy. He is a contributor on irregular basis to the ‘’Neighbouring countries’’ of the European Union, a unit of Europe2020, a groupe dedicated to prospective studies. He is... (Read next)

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