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Égypte: Le carnage de la mosquée Al-Rawda au Nord-Sinaï suscite l'indignation dans le monde

par
Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

L’attaque de la mosquée soufie Al-Rawda dans le Nord-Sinaï en Égypte a fait un carnage. Elle a suscité un concert international de condamnations de ses auteurs et de solidarité avec ses nombreuses victimes.

Selon le plus récent bilan des autorités égyptiennes, l’attaque de la Mosquée Al-Rawda au Nord-Sinaï a fait 305 morts et 128 blessés. On compte 27 enfants parmi les morts. Ce bilan est le plus meurtrier pour une attaque terroriste au Nord-Sinaï et en Égypte. Quand on ramène le nombre des victimes à celui des habitants du village, on peut se demander si l’objectif de l’attaque n'était pas l’élimination de ce village. Cette opération terroriste a duré 20 minutes. Selon le procureur en chef de l’Égypte, Nabil Sadeq, elle a été menée par un groupe de 25 à 30 hommes. Elle a horrifié l’Égypte et le monde.

Concert international solidaire de l’Égypte

Le président égyptien Abdel Fattah El-Sissi a promis de venger les victimes de cette attaque.

Dans le reste du monde, c’est l’effroi et le dégoût. Plusieurs dirigeants ont condamné les auteurs de cet attentat.

Le Pape François s'est dit "profondément attristé par les pertes humaines causées par l'attaque terroriste."

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a, sur son compte Twitter, condamné l’attaque terroriste et exprimé sa solidarité avec (les proches de) ses victimes.

Le président américain Donald J. Trump a dénoncé sur Twitter une "attaque terroriste horrible et lâche qui a ciblé des fidèles innocents et sans défense." Selon lui: "Le monde ne peut pas tolérer le terrorisme, nous devons vaincre militairement et discréditer l’idéologie extrémiste qui constitue le fondement de leur existence." Jusque-là, tout allait bien. Mais, il ne fallait pas compter sur lui pour  s’autocontrôler en une occasion particulièrement tragique. Tout en informant les abonnés de son compte qu’il appellera rapidement son homologue égyptien pour "discuter de la tragique attaque terroriste" avec lui, il n’a pu résister à la tentation populiste: "Nous avons besoin du mur, nous avons besoin de l’interdiction (de l’entrée aux États-Unis aux citoyens de sept pays musulmans, ndlr)" ("Need the WALL, need the BAN!"). Il a donc fait un lien douteux et grotesque entre l’immigration et les musulmans d'une part et le terrorisme, d'autre part.

Le président russe Vladimir Poutine a parlé d’une attaque "cruelle et cynique." Il a également présenté ses condoléances à son homologue égyptien et s’est dit prêt à "intensifier la coopération (bilatérale dans le domaine de) la lutte contre le terrorisme international." Le maître du Kremlin a aussi transmis ses sympathies aux familles et aux proches des victimes de l’attaque.

Au Canada, le premier ministre Justin Trudeau s’est dit "choqué et horrifié à cause de l’attaque terroriste" et l’a condamné. Il a également exprimé sa sympathie pour les "victimes et blessés" de l’attaque et sa solidarité avec leur pays. La Tour CN à Toronto s’est enveloppé des couleurs du drapeau de l’Égypte en signe de solidarité avec les victimes de l’attaque.

En France, le président Emmanuel Macron a, dans un tweet, présenté ses condoléances "aux victimes du terrible attentat." Son ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a lui aussi réagi sur son compte Twitter à l’attaque de la mosquée: "J’apprends avec effroi l’ignoble attentat qui a frappé une mosquée dans le Nord-Sinaï, coûtant la vie à plus d’une centaine de fidèles pendant la prière du vendredi. J’adresse mes condoléances aux familles ainsi qu’aux autorités du pays." Le Parti socialiste français a, pour sa part, publié une déclaration sur son site Internet pour exprimer sa solidarité avec le peuple égyptien. Il a également condamné les assaillants et présenté ses "condoléances à toutes les victimes et à leurs proches" et exprimé " sa solidarité au peuple égyptien." Le célébrissime monument touristique français, la Tour Eiffel, a été, à la demande de la mairesse de Paris, Anne Hidalgo, éteinte symboliquement pendant la nuit, en hommage aux victimes de l’attaque.

En Grande-Bretagne, la première ministre Theresa May a présenté sur son compte Twitter ses condoléances à tous les Égyptiens "affectés par un acte maléfique et lâche." Le chef de sa diplomatie, Boris Johnson, a condamné sur Twitter une "attaque barbare." Les représentations diplomatiques de son pays, au Caire et en Alexandrie, ont mis leur bannière en berne. Aussi, la Bibliothèque de Birmingham, deuxième ville d’Angleterre, a été illuminée aux couleurs du drapeau égyptien.

L'Italie et l'Ukraine ont eux aussi condamné l'attaque.

En Israël, si plusieurs ministres ont exprimé leur solidarité avec l’Égypte, le ministre des Transports et des Renseignements, Yisrael Katz (Likoud), a saisi l’occasion pour appeler, sur Twitter, à un "front régional" contre le terrorisme. Aussi, l'Hôtel de Ville de Tel Aviv a été illuminé du drapeau égyptien.

Côté arabe, le secrétaire général de la Ligue arabe, l’Égyptien Ahmed Abul Gheit, a condamné un "crime horrible qui confirme que la vraie religion de l'islam est innocente par rapport à ceux qui épousent l'idéologie terroriste extrémiste," selon un communiqué de son porte-parole.

L’Arabie saoudite, le Qatar, le Koweït, le Bahreïn, Oman, le Yémen, l’Irak, le Liban, la Jordanie, le Soudan, le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, la Mauritanie, la Libye, l'Autorité palestinienne et le Hamas palestinien ont condamné l’attaque et présenté leurs condoléances aux familles des victimes de l’attaque.

Côté pays musulmans, le ministère turc des affaires étrangères, a, dans un communiqué, "condamné avec fermeté l’attaque terroriste" et son titulaire Mevlut Cavusoglu a appelé son homologue égyptien pour présenter ses condoléances. L'Indonésie, la Malaisie et l'Iran ont eux aussi condamné l’attaque de la mosquée du Nord-Sinaï.

Plusieurs pays africains subsahariens, dont le Niger et le Burundi, ont joint leurs voix à celles condamnant l’attaque terroriste et exprimant leur solidarité avec l’Égypte.

***

L'attaque terroriste de la mosquée soufie Rawda au Nord-Sinaï a donc suscité une forte émotion un peu partout à travers le monde. La multiplication des condamnations internationales le montre aisément. Les familles des victimes et le reste du monde réalisent, s'il en était encore besoin et de manière brutale, que la politique liberticide menée depuis son putsch par Abdel Fattah El-Sissi est incapable de garantir la sécurité de sa population.

24 novembre 2017, Mis à jour le 25 novembre 2017



** La Tour CN de Toronto.


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La Chronique de Aziz Enhaili, rédacteur en chef de Tolerance.ca
par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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