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Les élections municipales de la ville de Québec du 5 novembre 2017: Régis Labeaume conserve la mairie

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Après trois mandats consécutifs, le maire sortant de la ville de Québec a sollicité un quatrième mandat. Ses adversaires ont cru ou essayé de faire croire aux électeurs que l’heure était au changement dans la politique municipale. Le verdict des électeurs est sans appel.

Mission accomplie pour le maire sortant de la ville de Québec. Régis Labeaume a remporté l’élection municipale. Il a donc convaincu les électeurs de la Capitale-Nationale de lui accorder un quatrième mandat. Au grand dam de ses deux adversaires Anne Guérette et Jean-François Gosselin.

Portrait des chefs des cinq partis municipaux en compétition

Le 22 septembre dernier, la campagne électorale a été lancée. Le 5 novembre était jour de vote.

Cinq formations politiques municipales ont participé au scrutin. La lutte s’est déroulée entre trois d’entre elles: Équipe Labeaume (parti sortant) de Régis Labeaume, Démocratie Québec (opposition à l’Hôtel de ville) d’Anne Guérette et Québec 21 Équipe JF Gosselin (nouveau venu sur la scène municipale) de Jean-François Gosselin. Les deux autres sont: Option Capitale-Nationale de Nicolas Lavigne-Lefevre et Alliance citoyenne de Québec (ex-Alliance de Québec) de Daniel Brisson.  

Régis Labeaume est un homme marié et père de famille. Il est né en 1956 à Roberval au Québec. Il est diplômé en sociologie de l’Université Laval (1980). Avant de faire le saut en politique, il était d’abord fonctionnaire à Québec (1980-1985), puis homme d’affaires. Il occupait également des postes de responsabilité dans des organismes caritatifs de la région.

Il avait fait en 2007 le saut sur la scène municipale à titre de candidat indépendant. Il avait alors récolté 59% des voix. Cela lui avait permis de devenir le 37e maire de Québec. La machine de la défunte mairesse Andrée Boucher, la ‘femme de fer de Ste-Foy’, y était pour quelque chose.

Le succès populaire des festivités entourant le 400e anniversaire de la ville de Québec en 2008 l’a bien servi à asseoir sa notoriété. Son franc-parler plaît à une bonne partie de la population. Il a mis à profit cette popularité pour lancer l’idée de construction d’un amphithéâtre. Un projet qui suscitait la controverse à cause, entre autres, que la ville ne dispose pas d’équipe de la Ligue nationale de hockey. Mais, cela n’a empêché ni la ville ni le gouvernement provincial de mettre de l’argent dans ce qui allait devenir le Centre Vidéotron. Irritant plusieurs Québécois.

En 2009, le maire sortant est réélu avec 79,9% des suffrages exprimés et sa bannière Équipe Labeaume a raflé 25 des 27 sièges qui étaient en jeu. Durant ce mandat, le nombre des conseillers municipaux est réduit à 21.

En 2013, il est réélu avec 74% des suffrages exprimés et sa formation rafle 18 des 21 sièges qui étaient en jeu.

Cette année, le maire sortant de Québec a sollicité des électeurs un quatrième mandat de quatre ans et espérait qu’il soit fort.

Anne Guérette est née à Québec. Elle est diplômée de l’École d’architecture de l’Université Laval (1990). Elle a également obtenu une maîtrise en génie du bâtiment à Concordia (1994) et enseigné au niveau collégial.

Mme Guérette est depuis 2016 la chef de Démocratie Québec. Elle est la chef de l’opposition officielle à l’Hôtel de ville. Elle a été élue une première fois en 2007 lors d’une élection municipale partielle à titre de représentante indépendante du district Vieux-Québec-Montcalm. Elle a récolté à cette occasion 43,3% des voix. Elle y a été réélue en 2009 comme indépendante grâce à l’appui de 48,1% des suffrages. En 2013, son parti Démocratie Québec a fait élire trois conseillers dont elle (55% des voix) dans le district Cap-aux-Diamants.

Jean-François Gosselin est le chef de Québec 21, un parti municipal lancé le 27 mai 2017 en vue des élections locales. Il est né en 1975 à Québec. C’est un père de famille. En 1999, il a obtenu une maîtrise en administration des affaires (MBA) de l’Institut polytechnique Rensselaer à New York. Il a travaillé dans le secteur privé avant de faire le saut en politique et d’être élu à Jean-Lesage aux élections législatives générales de 2007 sous la bannière adéquiste. Cinq ans plus tard, il s’est présenté à La Peltrie sous la bannière libérale. Mais, il a mordu la poussière.

Nicolas Lavigne-Lefevre est le chef du parti municipal Option Capitale-Nationale. C’est un ancien candidat du parti indépendantiste Option nationale aux élections législatives.

Daniel Brisson est le chef de l’Alliance citoyenne de Québec (ex-Alliance de Québec), un parti municipal fondé en 2016. Il est né en 1969. C’est un père de famille qui est informaticien. Il avait fait le saut en politique en 2005 aux élections municipales. Sept ans plus tard, il a tenté sa chance, cette fois au fédéral sous la bannière du Parti conservateur.

L’indépendant Claude Gagnon s’est lui aussi présenté à la mairie. C’était sa troisième tentative. Ce retraité travaillait comme sexologue.

Une campagne électorale municipale à trois

La campagne a été officiellement lancée le 22 septembre dernier. Mais, elle n’a pris son envol que le 6 octobre. Elle a duré 45 jours. Elle a été sans éclat. Elle s’est en réalité déroulée entre trois chefs: Régis Labeaume, Anne Guérette et Jean-François Gosselin. Ce sont ces trois qui ont réussi à monopoliser l’attention des électeurs. Les autres sont passés sous le radar.

Il y a eu trois débats à la mairie.

La campagne d’Anne Guérette a eu au début du mal à démarrer. Il a fallu plusieurs réajustements en cours de route avant de prendre son envol. Cela a jeté du doute dans l’esprit de plusieurs électeurs à propos de sa disposition à gouverner la ville.

Le slogan électoral d’Équipe Labeaume était ‘Réussir notre ville ensemble.’ Le thème de Démocratie Québec était ‘Prenons notre ville en main’ et celui de Québec 21 ‘Le choix du changement.’

Le thème du transport a prédominé la campagne. Les finances publiques ont eux aussi été présents dans les débats. Régis Labeaume a également insisté sur le thème de la qualité de vie des citoyens.

Pour l’Équipe Labeaume, l’enjeu de l’élection était de convaincre les électeurs de lui réitérer leur confiance pour lui permettre de continuer son travail et de conserver à la ville son poids politique. Pour les adversaires du maire sortant, l’enjeu était de convaincre la population de la nécessité du changement maintenant.

Découpage électoral et couverture des districts

La Capitale-Nationale a été divisée en six arrondissements et chaque arrondissement en districts.

L’arrondissement La Cité-Limoilou est divisé en cinq districts: Cap-aux-Diamants, Montcalm--Saint-Sacrement, Saint-Roch--Saint-Sauveur, Limoilou et Maizerets-Lairet.

L’arrondissement Les Rivières a été divisé en trois districts: Vanier-Duberger, Neufchâtel-Lebourgneuf et Les Saules.

L’arrondissement Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge a été divisé en quatre districts: Saint-Louis-Sillery, Du Plateau, Pointe-de-Sainte-Foy et Cap-Rouge-Laurentien.

L’arrondissement Charlesbourg a été découpé en trois districts: Saint-Rodrigue, Louis-XIV et Les Monts.

L’arrondissement Beauport a été divisé en trois districts: Sainte-Thérèse-de-Lisieux, Chute-Montmorency—Seigneurial et Robert-Giffard.

L’arrondissement La Haute-Saint-Charles a été découpé en trois districts: Saint-Charles-Saint-Émile, Loretteville--Les Châtels et Val-Bélair.

Les 21 sièges en lice ont suscité une forte compétition puisque 102 candidats (contre 63 candidats en 2013) répartis entre cinq partis municipaux ont fait campagne.

Trois partis ont réussi à couvrir tous les districts de la ville de Québec: Équipe Labeaume, Démocratie Québec et Québec 21. Anne Guérette a dû puiser dans sa garde rapprochée pour pouvoir combler les districts vacants. Sa tâche s’est révélée plus compliquée à l’est et au nord de la ville. Option Capitale-Nationale a présenté vingt candidats et Alliance citoyenne de Québec douze candidats. Sept candidats étaient des indépendants, tous des hommes. Plusieurs candidats ont été parachutés par leurs partis respectifs dans leurs districts.

Sur 29 candidates, dix se sont présentées au nom d’Équipe Labeaume, sept sous la bannière de Québec 21, six au nom de Démocratie Québec et trois chacun au nom d’Option Capitale-Nationale et d’Alliance citoyenne de Québec.

31 candidats ont moins de 35 ans.

Trois candidats ont été des colistiers: Jean-Rousseau (Démocratie Québec) dans Cap-au-Diamants, Clovis Brochu (Option Capitale-Nationale) dans Montcalm--Saint-Sacrement et Nancy Piuze (Québec 21) dans Sainte-Thérèse-de-Lisieux. Les deux-tiers de ces colistiers sont des hommes.

Régis Labeaume garde les clés de la mairie de Québec

Le 5 novembre, 115 bureaux ont été mis à la disposition des électeurs.

Selon les chiffres officiels du Directeur général des élections, sur les 410 145 électeurs inscrits, 205 828 votants ont vu leurs suffrages validés. 2890 votes ont été rejetés. Le taux de participation a donc atteint 50,9% (contre 54,87% en 2013 et 49,35% en 2009).

Le maire sortant de la ville de Québec a récolté cette année 113 760 voix (55,27%). Il a donc perdu 47 456 suffrages par rapport à l’élection précédente. Il avait obtenu 161 216 voix (74,07%) en 2013 et 153 847 (79,93%) en 2009.

Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, a obtenu 56 875 voix (27,63%). Il s’est donc classé deuxième et a déclassé la chef de Démocratie Québec.

Anne Guérette a obtenu 30 139 voix (14,64%). Sa formation avait récolté 52 293 voix (24,3%) en 2013. Elle a fait moins bien que David Lemelin, son prédécesseur, à la tête d’un parti qui a perdu 22 154 voix en quelques années.

Le chef d’Option Capitale-Nationale, Nicolas Lavigne-Lefebvre, a récolté 2927 suffrages (1,42%) et celui d’Alliance citoyenne de Québec, Daniel Brisson, 1253 voix (0,61%). L’indépendant Claude Gagnon: 874 suffrages (0,42%).

Au niveau des conseillers, l’Équipe Labeaume a fait élire 17 candidats (1 siège de moins par rapport à l’élection précédente). Les neufs femmes qui ont été élues ou réélues l’ont été sous sa bannière. Les élus de ce parti sont mieux distribués que ceux des autres partis sur le territoire de la Vieille-Capitale.

Québec 21 a fait élire ses deux candidats dans l’arrondissement Beauport. Sa colistière Nancy Piuze a obtenu 4991 voix (46,05%) à Sainte-Thérèse-de-Lisieux. Stevens Mélançon a eu 5500 (47,18%) dans Chute-Montmorency--Seigneurial. Comme la majorité de sa colistière est de 69 voix (par rapport à sa candidate Marie France Trudel: 45,41%), l’Équipe Labeaume a demandé un recomptage des suffrages. D’ici le dévoilement du résultat de ce recomptage, Jean-François Gosselin devra prendre son mal en patience.

Démocratie Québec a fait élire un seul candidat, c’est son colistier dans Cap-au-Diamants, Jean Rousseau, qui a obtenu 3073 voix (40,69%). Ils étaient trois à représenter ce parti à l’issue du scrutin précédent. En attendant la décision de sa chef défaite, M. Rousseau ne savait pas s’il siégera ou non au conseil.

Yvon Bussières est le seul indépendant qui a été élu. Il a obtenu 4437 voix (53,16%) dans Montcalm--Saint-Sacrement.

Sur les 21 élus, 14 sont des conseillers sortants. 13 de ces élus sont des membres du parti du maire sortant et le dernier un indépendant. 9 de ces élus sont des hommes et 5 des femmes. Le renouvellement des élites municipales a touché le tiers des élus.

***

Les électeurs ont donc préféré la continuité au changement. Ils ont accordé un quatrième mandat consécutif au maire sortant plutôt qu’à son adversaire de Québec 21. Régis Labeaume a conservé la mairie et a eu une majorité très confortable au conseil de la ville. Il pourra désormais mener à bien ses politiques. Mais, cela n’empêche pas le nouveau venu sur la scène municipale, Jean-François Gosselin, d’être le plus grand gagnant du scrutin. Anne Guérette est la plus grande perdante du scrutin. Après mûre réflexion, elle a annoncé son retrait de la politique municipale, permettant à M. Rousseau de siéger au conseil municipal.

5 novembre 2017, Mis à jour: le 9 novembre 2017



** Pancarte électorale de Démocratie Québec. Crédit de l'image: Archives personnelles.


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Aziz Enhaili is an expert on the Middle East, of Islam and Foreign policy. He is a contributor on irregular basis to the ‘’Neighbouring countries’’ of the European Union, a unit of Europe2020, a groupe dedicated to prospective studies. He is... (Read next)

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