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Rex Tillerson et la prochaine réunion de l’OTAN à Bruxelles

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Les allies transatlantiques de Washington sont inquiets. Les déclarations du locataire de la Maison Blanche concernant l’OTAN et la Russie expliquent en bonne partie cette situation.

Depuis l’élection de Donald J. Trump comme nouveau président des États-Unis, la Corée du Nord a fait trois tests de lancement de missiles. Ces activités ont été perçues à Washington comme des provocations. Dans la région, la Corée du Sud et le Japon s’en sont inquiétés. La Chine en a été, pour sa part, agacée. Dans ce contexte tendu, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a fait une tournée dans la région pour rassurer les alliés de son pays. L’occasion aussi de se rendre à Pékin. Après ses déclarations à l’effet que toutes les options étaient sur la table, y compris celle d’une attaque préemptive de la Corée du Nord, le ministre américain a baissé de ton, après sa rencontre avec les dirigeants chinois. Il a d’ailleurs transmis une invitation de Donald J. Trump au président Xi Jinping pour qu’il lui rende visite à la Maison Blanche.

Rex Tillerson: la Russie plutôt que l’OTAN

La visite du chef de l’État chinois est prévue pour les 6 et 7 avril prochain. Le chef de la diplomatie américaine sera présent à la réunion des présidents Trump et Jinping qui se déroulera à Mar-a-Lago, le luxueux club privé de M. Trump à Palm Beach, en Floride. C’est là aussi que le premier ministre japonais Abbe et sa femme avaient passé, le mois de dernier, une fin de semaine en compagnie des Trump. D’ailleurs, sur la page Facebook du locataire de la Maison Blanche, on peut voir plusieurs photos immortalisant ce séjour.

A première vue, on peut se dire qu’à titre de ministre des affaires étrangères de son pays, il est normal que M. Tillerson assiste à cette réunion avec le dirigeant de ce poids lourd de la diplomatie et des affaires dans le monde. Mais, cela tombe mal pour l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Cette organisation de défense collective des pays occidentaux a prévu une réunion de ses ministres des affaires étrangères les 5 et 6 avril prochain à son siège à Bruxelles.

Ce conflit d'horaires ne permettra pas au chef de la diplomatie américaine d'être en même temps à Palm Beach et à Bruxelles et de se réunir avec ses 27 homologues du Conseil de l’Atlantique Nord et le président chinois. Son absence du sommet de l'OTAN alimente l'inquiétude des alliés occidentaux de son pays qui sont préoccupés par l’avenir de leur alliance militaire à l'ère Trump. Et pour cause! Le nouveau locataire de la Maison Blanche n'a-t-il pas, à plusieurs reprises, qualifié l’OTAN d’organisation "obsolète," lui a fait toutes sortes de reproches et a sommé ses membres d’investir au moins 2% de leurs PIB dans la défense. Des positions qui n'ont pas été appréciées par plusieurs dirigeants occidentaux et qui l'ont exprimé.

Autre motif d’inquiétude pour ces alliés occidentaux: le secrétaire Tillerson a prévu de se rendre le 12 avril à Moscou, selon une révélation faite hier par l’agence Reuters.

Ajoutées aux déclarations inamicales de Donald J. Trump à l’endroit de l’OTAN, les deux décisions du secrétaire Tillerson ne sont pas de nature à rassurer les autres membres de l’alliance transatlantique. Elles peuvent, à tort ou à raison, leur donner l'impression que leurs intérêts viennent après ceux russes. Deux éléments supplémentaires s'ajoutent à ce tableau inquiétant: d'une part, les liens entre l’ancien dirigeant d’Exxon Mobil en Russie sont dans les esprits de tous et expliquent en partie les réactions suscitée chez lui et en Europe par l’annonce de son choix comme ministre des affaires étrangères de D. Trump. D'autre part, sa déclaration à propos des sanctions occidentales imposées à la Russie l'a rattrapé. Mais, il s'est rattrapé, lors de son audition de confirmation devant le Sénat, en durcissant le ton  face à la Russie. C'est ce qui a sauvé sa candidature.

***

Une dépêche de Reuters nous a appris ce mardi qu’il y a eu du nouveau dans le dossier de la prochaine réunion de Bruxelles. Un changement du calendrier a été proposé aux autres membres de l’OTAN pour permettre au ministre Tillerson de participer à leur prochain sommet. Deux développements supplémentaires révélés aujourd'hui peuvent contribuer à calmer l’inquiétude de plusieurs membres de l’alliance transatlantique qui étaient des ex-satellites de la défunte Union soviétique: d'une part, la lettre du secrétaire Tillerson au Sénat américain pour l’inciter vivement à accélérer la ratification de l’accord d’adhésion du Monténégro à l’OTAN comme nouveau État membre; et, d'autre part, la déclaration du porte-parole du département d'État, Mark Toner, à l’effet que l’engagement des États-Unis au sein de l’OTAN demeure total. Cela dit, ces pays peuvent trouver une oreille attentive à la Maison Blanche chez le secrétaire de la défense Jim Mattis et le vice-président Pence.

21 mars 2017



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Enhaili, Aziz
By Aziz Enhaili

Aziz Enhaili is an expert on the Middle East, of Islam and Foreign policy. He is a contributor on irregular basis to the ‘’Neighbouring countries’’ of the European Union, a unit of Europe2020, a groupe dedicated to prospective studies. He is... (Read next)

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