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Des drones américains tuent des combattants d’Al-Qaïda au Yémen

par
Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

Donald J. Trump n'a jamais fait mystère de ce qu'il pense des groupes jihadistes. Tout au long de la campagne d'investiture républicaine et de celle présidentielle, il a martelé le même message, celui d'en découdre avec eux.

Aux yeux du président américain Donald J. Trump, les groupes jihadistes représentent une menace pour la sécurité de son pays. Ses prédécesseurs George W. Bush et Barack H. Obama pensaient la même chose. D’ailleurs, il s’est engagé à faire tout ce qu’il peut pour détruire ces réseaux internationaux.

Premières frappes de drones sous Donald J. Trump

Le Yémen est un État failli. Le réseau jihadiste international Al-Qaïda y a, depuis plusieurs années, installé une branche régionale: Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA). La guerre par procuration entre la puissance sunnite saoudienne et celle chiite iranienne dans ce pays n'est pas de nature à renforcer sa sécurité ou sa stabilité. Cette situation a permis au réseau jihadiste de consolider son contrôle sur des pans entiers de son territoire méridional.

Pour Washington, AQPA représente la plus dangereuse filiale du réseau Al-Qaïda. C’est elle qui avait appelé ou commandité plusieurs attentats terroristes contre les États-Unis. C’est un de ses membres, un imam américain d’origine yéménite du nom d’Anwar Al-Awlaqi (1971-2011), qui avait, depuis 2006, multiplié, sur Internet, les appels à frapper les États-Unis, avant d’être tué par un drone américain.

Selon les chiffres de Jessica Purkiss et Jack Serle du Bureau of investigative journalism pour la période 2009-2016, le gouvernement Obama a autorisé entre 158 et 178 frappes aériennes au Yémen, dont 38 pour la seule année 2016 et une pour le mois de décembre de la même année. Ces frappes ont fait entre 777 et 1075 morts. Si au cours des huit dernières années entre 124 et 161 civils ont été tués lors de ces frappes, aucune mort n’a été rapportée pour l’année écoulée. Si, au cours des deux mandats d’Obama, 34 enfants ont fait partie des victimes dites ''collatérales,'' on n’a déploré la mort d’aucun enfant en 2016. Ces frappes ont également fait entre 143 et 287 blessés durant les huit dernières années. (1) La réduction du nombre des victimes civiles peut s’expliquer par la qualité des renseignements recueillis par les services secrets américains et par le redoublement d’efforts de la part du gouvernement Obama pour éviter de multiplier les ''bavures.'' Cette vigilance a le double avantage de lui éviter les remontrances des ONG de défense des droits humains et la perte de la guerre de l’opinion dans la région.

Le 20 janvier, un nouveau président a succédé à Barack H. Obama à la Maison Blanche. Donald J. Trump a fait serment de défendre son pays. Deux jours plus tard, Reuters a rapporté dans une dépêche la nouvelle d’élimination séparément de trois présumés combattants d’AQPA. La première frappe a visé deux d’entre eux. Ils étaient à bord d’un véhicule au moment des faits. La seconde a pulvérisé le troisième qui se trouvait alors dans une voiture. Les deux opérations se sont déroulées dans la province Al-Bayda. En s’appuyant sur des propos du Pentagone, la chaîne américaine CNN a, pour sa part, parlé, ce lundi, de frappes menées le jour d’investiture du président républicain ainsi que le lendemain et le surlendemain. Le bilan? Cinq présumés combattants d’AQPA tués.

Ces deux frappes sont les premières à se produire depuis l’arrivée à la Maison Blanche du nouveau président. Comme Barack Obama l’avait autorisé à décider de lancer ou non des frappes de drones au Yémen, le commandant du Commandement central (CentCom), le général quatre étoiles Joseph Votel, n’avait pas besoin du feu vert de son successeur pour ordonner ces deux frappes.

***

La question maintenant est de savoir si Donald J. Trump va privilégier, comme son prédécesseur démocrate, l’usage des drones dans la guerre clandestine contre les groupes jihadistes au Yémen et sur d'autres terrains d'opérations. Notons qu’à ce jour il n’a levé le voile sur la moindre orientation politique dans ce domaine. Aussi, va-t-il laisser une certaine autonomie au général Votel ou au contraire serait-il plutôt tenté par l'obsession de rupture managérielle dans ce domaine avec son prédécesseur?

23 janvier 2017



1) Cf. Jessica Purkiss & Jack Serle, ''Obama’s covert drone war in numbers: ten times more strikes than Bush,'' January 17, 2017, https://www.thebureauinvestigates.com/2017/01/17/obamas-covert-drone-war-numbers-ten-times-strikes-bush


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par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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