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Donald J. Trump tient sa promesse sur l’Obamacare

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Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

Le Républicain Donald J. Trump est déterminé à jeter aux oubliettes l’héritage de son prédécesseur démocrate. L’Obamacare est la première victime de cette ambition.

Donald J. Trump l’avait promis durant la dernière campagne électorale présidentielle. Quelques minutes seulement après son investiture comme 45e président des États-Unis, il a tenu parole à propos de la réforme de la santé du sortant président démocrate.

Donald J. Trump signe un décret présidentiel contre l’Obamacare

La ''Loi sur la protection des patients et les soins abordables'' ('Patient Protection and Affordable Care Act,' ou ACA), plus connue sous le nom d’Obamacare, représente la pièce maîtresse de l’héritage de Barack Obama en matière de politique domestique. Donald J. Trump s’était engagé au cours des primaires du Parti républicain à l’abroger et à la remplacer par une nouvelle. Mais, sans élaborer davantage. Il a réitéré cet engagement en tant que candidat officiel du GOP (Grand Old Party) à la dernière élection présidentielle. Après son élection le 8 novembre dernier, il s’y est tenu. Le 3 janvier, son vice-président élu, Mike Pence, n’a pas été plus loquace à ce propos, à la sortie d’une réunion au Capitole avec les représentants de son parti.

Le président élu a désigné le représentant Tom Price (Géorgie), un adversaire de longue date de cette réforme, à la tête du ministère de la santé et des services sociaux. Une façon pour lui de montrer à ses sympathisants qu’il n’a pas l’intention de reculer là-dessus. Il a également multiplié les pressions sur les Républicains dans les deux chambres du Congrès pour qu’ils votent rapidement des résolutions abolissant le régime d’assurance maladie de Barack Obama. Celui-ci a, de son côté, multiplié les appels aux congressistes démocrates pour qu'ils se battent pour sauver sa réforme de la santé.

Donald Trump savait que les Républicains Mitch McConnell et Paul Ryan, respectivement chef de la majorité au Sénat et président de la Chambre des représentants, étaient partisans de la ligne dure sur cette question. Pour eux, cette réforme est coûteuse, dysfonctionnel et n’a pas atteint ses objectifs. Autre reproche à la réforme: on y voit une ingérence de l’État dans la vie des individus et une réduction de leur liberté. D’ailleurs, l’opposition farouche à cette loi a permis à des candidats du Tea Party de faire des gains aux élections de mi-mandat de 2010 au détriment du Parti démocrate.

Pour joindre le geste à la parole, 51 des 52 sénateurs républicains (contre 48) ont, le 12 janvier, adopté un projet de résolution ouvrant la porte au démantèlement du régime d’assurance maladie. Le lendemain, une majorité de représentants (soit 227 contre 198) l’a, à son tour, adopté. Notons à ce propos que le GOP dispose de 241 sièges (sur un total de 435 maroquins) et le Parti démocrate de 194. Autrement dit: les Républicains ne sont pas encore parvenus à un consensus sur une solution de rechange à l'Obamacare. Sur son compte Twitter, Donald Trump s’est quand même réjoui de l’adoption de cette mesure: «L'Unaffordable' Care Act fera bientôt partie de l'histoire!» ('The 'Unaffordable' Care Act will soon be history!'). Mais, si lui aimerait que les choses aillent très vite, les congressistes républicains savent que l’abrogation de l’Obamacare ne sera pas chose simple et qu’elle devra prendre du temps, beaucoup de temps.

Pour rappel, le président Obama a signé, en grande pompe, cette réforme qui porte son nom le 23 mars 2010, soit un an après son entrée à la Maison Blanche. C’était une de ses principales promesses électorales en 2008. Cette signature a permis son entrée en vigueur le 1er janvier 2014. Entre-temps, elle a été contestée devant la Cour suprême. La décision en 2012 de cette haute juridiction à l’effet qu’elle était constitutionnelle n’a pas empêché d’autres contestations par ses adversaires conservateurs.

Avant son adoption, 50 millions d’Américains n’avaient pas d’assurance. Sans parler de tous ces millions d’autres citoyens qui étaient soit mal assurés ou à la merci des compagnies d’assurance. Elle a permis à environ 20 millions de personnes d’être assurées. Elle a la double ambition de réduire encore et de manière drastique le nombre des non-assurés et la croissance des dépenses publiques en santé.

Mais, ces données n’ont jamais intéressé les détracteurs d’une réforme qualifiée de coûteuse et de dysfonctionnelle. Ils attendaient, avec impatience, la première occasion, pour l’enterrer. Maintenant qu'ils contrôlent les deux chambres du Congrès et la Maison Blanche, suite aux élections du 8 novembre dernier, ils pensent que l'heure d'en découdre est arrivée.

Donald J. Trump a donc été élu le 8 novembre dernier. Il a, le vendredi 20 janvier, fait son serment à titre de 45e président des États-Unis. Dès son arrivée à la Maison Blanche, il a signé son premier décret présidentiel pour abolir l’Obamacare. Montrant les couleurs du nouveau pouvoir.

***

Le candidat Donald l’avait promis et le président Trump a tenu parole. Quel sort réserve-t-il à tous ceux qui bénificient d'une assurance santé grâce à l'Obamacare? A-t-il une solution de rechange en poche pour eux? Si oui, quand la dévoilera-t-il? Ou l’essentiel est-il ailleurs, à savoir la volonté d’enterrer l’héritage de celui qui s’était un soir moqué de lui, devant le reste du pays, quand il n’était encore qu’un richissime homme d’affaires et un habitué des plateaux de télévision?

21 janvier 2017



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par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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