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Donald Trump apporte son soutien à Israël

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Le Républicain Donald J. Trump n'a jamais fait mystère de son appui inconditionnel de l'État d'Israël. Ce n'est pas aujourd'hui qu'il va changer d'avis là-dessus.

C’est de notoriété publique que les relations entre le président américain et le premier ministre israélien sont exécrables. Benyamin Netanyahou a multiplié les humiliations publiques de Barack Obama. Pour ne rien arranger à son cas, sa politique de colonisation heurte de plein fouet la solution des deux États privilégiée par le gouvernement démocrate pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

"Reste fort Israël, le 20 janvier est très proche!"

La coupe de l’Américain était donc pleine de l’Israélien.

La vendredi 23 décembre, l’abstention de la représentante permanente des États-Unis aux Nations unies a permis l’adoption au Conseil de sécurité d’un projet de résolution condamnant la colonisation israélienne des territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem-Est. Cette résolution a réjoui les Palestiniens. Mais, elle a mis en colère les Israéliens. Leur premier ministre s’en est pris au président américain en personne. Il est allé jusqu’à l’accuser d’être le véritable instigateur du projet de résolution. Une accusation rejetée par Washington.

Comme il fallait s’y attendre, le président élu américain n’a pas pu s’empêcher de mettre son grain de sel dans cette affaire. Il n’a pas dû apprécier le fait que le président sortant n’ait pas entendu son appel à faire usage du droit de veto pour empêcher l’adoption du projet de résolution onusienne.

Aujourd’hui, Donald Trump a déclaré sur son compte Twitter qu’Israël ne peut pas se faire traiter par le gouvernement Obama "avec tant de dédain et de mépris." Selon lui, "ils (les Israéliens, ndlr) étaient habitués à avoir un grand ami aux États-Unis, mais…" Cette première partie de son message a récolté 72 410 j'aime et a été repartagée 22 358 fois. Dans la seconde partie du message, il a affirmé que "le début de la fin (de cette grande amitié et le début du dédain, ndlr) a été cet horrible accord avec l’Iran (sur son programme nucléaire, ndlr), et maintenant cela (la résolution 2334 de l’ONU, ndlr)!" et a conclu en invitant l'État hébreu à ne pas se laisser impressionner par son adversaire: "Reste fort Israël, le 20 janvier est très proche." Cette partie a été repartagée 25 588 fois et a récolté 80 557 j’aime. Elle a donc été davantage appréciée par les sympathisants du Républicains.

Benjamin Netanyahu a partagé sur son compte Twitter le message de M. Trump en le remerciant "pour sa chaleureuse amitié et son soutien sans équivoque d’Israël." Son ministre Gilad Erdan a lui aussi fait de même.

A l’instar d’autres messages du président élu, celui-ci est contraire à la réalité. Même quelqu’un comme Benyamin Netanyahou ne pourrait appuyer une telle affirmation. Malgré les tensions entre les deux pays, Washington va (à partir de 2019) verser à Tel-Aviv une aide militaire sans précédent de 38 milliards de dollars sur 10 ans, en vertu d’un accord signé le 14 septembre 2016. La coopération dans le domaine de renseignement est bonne de l’aveu de plusieurs hauts responsables du complexe militaro-sécuritaire hébreu. Sans parler d’autres domaines de coopération bilatérale.

Benyamin Netanyahou avait tout fait pour saboter les négociations entre les États-Unis et la République islamique à propos de son programme nucléaire. Malgré son échec à avoir gain de cause, il n’a pas désarmé pour autant. Il a trouvé dans le prochain locataire de la Maison Blanche un allié hostile à l’Iran. Si les deux hommes sont alarmistes à propos de l’accord conclu sur le programme nucléaire iranien, plusieurs membres de l’establishment militaro-sécuritaire hébreu ne prennent pas à la légère les garanties apportées par le gouvernement Obama, tout en gardant évidemment l’œil et l’oreille ouverts...

***

Le premier ministre israélien a voué une partie importante de sa carrière politique à rendre impossible dans les faits la mise en place de la solution des deux États. Il est en état de choc de voir le reste du monde condamner et délégitimer la colonisation israélienne des territoires palestiniens qui demeurent occupés depuis 1967. Ce qui revient à désavouer le moyen trouvé par lui et par plusieurs de ses prédécesseurs pour empêcher la création d'un État palestinien. Le président élu Trump n'a pas raté cette occasion pour lui apporter son soutien, histoire de rassurer le lobby pro-Israël à Washington et au passage embarrasser son adversaire Obama.

28 décembre 2016



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Enhaili, Aziz
By Aziz Enhaili

Aziz Enhaili is an expert on the Middle East, of Islam and Foreign policy. He is a contributor on irregular basis to the ‘’Neighbouring countries’’ of the European Union, a unit of Europe2020, a groupe dedicated to prospective studies. He is... (Read next)

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