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Budget fédéral : Nous mettons ce gouvernement à l’épreuve - Michael Ignatieff

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Stephen Harper a toujours dit qu’il était important pour lui de rendre des comptes. Je suis d’accord. Mais le budget ne dit pas un mot sur la reddition de comptes. Nous exigerons des rapports réguliers au Parlement sur la mise en œuvre du budget et de son coût. Le premier en mars, le second en juin et le dernier en décembre.
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Déclaration sur le budget
Amphithéâtre national de la Presse
Ottawa, Ontario

Bonjour.

Au cours des derniers mois, nous avons participé à un dialogue national sans précédent sur l’économie, la politique et l’avenir de notre pays.

Les Canadiens s’inquiètent des conséquences humaines d’une crise économique qui n’arrive qu’une fois par génération. Ils sont inquiets non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour leurs voisins, leurs collègues et leurs amis.

Face à cette crise, nous avons un gouvernement qui a mal géré nos finances publiques pendant les deux dernières années.

Les conservateurs ont choisi des dépenses douteuses et une politique fiscale irresponsable plutôt que la prudence et la rigueur budgétaire. Ils ont mené le Canada à un déficit bien avant que nous soyons en récession. Et ainsi, ils ont réduit les moyens dont le gouvernement disposait pour agir en faveur de l’intérêt national en temps de crise.

Le fait qu’ils n’aient pas su faire preuve de prévoyance ni agir en gouvernement responsable est un échec. Et nous les tenons pour responsables de cet échec.

Nous les tenons pour responsables de nous avoir dit qu’il n’y aurait pas de récession alors que le reste du monde passait déjà à l’action et que les Canadiens perdaient leur emploi.

Nous les tenons pour responsables leur mise à jour économique désastreuse de cet automne, avec leur prévision farfelue d’un excédent et leur partisannerie arrogante et source de division.

Nous les tenons pour responsables de la prorogation du Parlement à un moment où les Canadiens comptaient justement sur leur gouvernement.

Le bilan du gouvernement est celui de l’imprudence, de l’arrogance et du manque de prévoyance.

Les Canadiens se souviendront longtemps de cette triste période.

Ils n’ont pas aimé les grands gestes dignes d’une pièce de théâtre. Ils étaient trop inquiets de voir leurs économies de toute une vie fondre de moitié du jour au lendemain.

Ils étaient trop inquiets de ne pas pouvoir payer les études de leurs enfants ou de ne pas pouvoir nourrir leur famille.

Trop d’entre eux ressentaient le malaise de l’impuissance et du désespoir, la peur au ventre de voir ce qui est arrivé au voisin nous arriver.

Il n’ont pas aimé le spectacle qui se jouait à Ottawa. Ils voulaient des mesures concrètes, et ce gouvernement ne leur en a offert aucune.

Des milliers d’emplois ont été perdus depuis que le Premier ministre a suspendu les travaux parlementaires le mois dernier.

Nous sommes aujourd’hui à la fin de janvier.

Dire qu’il aurait fallu agir avant, c’est bien peu dire.

Le budget d’hier a de graves lacunes.

Il ne va pas assez loin dans la protection des gens qui ont perdu ou qui vont perdre leur emploi.

Il prolonge le versement des prestations de l’assurance-emploi, mais n’élargit pas son application.

Il ouvre la porte à la remise en question de l’égalité de salaire pour les femmes.

Il ne saisit pas les opportunités d’investissement dans l’économie verte.

Il contredit la promesse faite aux provinces il y a seulement deux ans au sujet de la péréquation.

Il assortit les crédits de l’infrastructure de contraintes qui pourraient retarder la mise en chantier des projets et la création d’emplois.


Il promet de vendre des biens de l’État mais ne dit pas lesquels ni pour combien.

En outre, il ne prévoit pas de plan crédible pour nous sortir du trou de 85 milliards de dollars dans lequel le gouvernement va nous enfoncer pour cinq ans.

Par contre, le budget comporte d’importantes concessions – des concessions obtenues de Stephen Harper par la force d’une opposition unie, pour, les logements sociaux et le développement des compétences.

Il élargit la Prestation fiscale pour le revenu gagné et la Prestation fiscale pour enfants.

Il facilite l’accès des entreprises au crédit.

Il prévoit des investissements dans les établissements d’enseignement supérieur, qui sont les incubateurs des emplois de demain.

Ces mesures sont seulement inscrites dans le budget parce que les partis d’opposition ont fait leur travail et que les libéraux en particulier, n’ont jamais arrêté de demander des comptes à monsieur Harper.

Notre détermination ne fléchit pas.

Si les mesures de relances prévues dans ce budget ont une chance d’aider les Canadiens, encore faut-il qu’elles soient mises en œuvre. Mais le gouvernement actuel est plus enclin à faire des promesses qu’à les tenir.

C’est pourquoi, cet après-midi, je proposerai d’amender le budget pour que le gouvernement soit tenu responsable de ses promesses.

Nous mettons ce gouvernement à l’épreuve.

Stephen Harper a toujours dit qu’il était important pour lui de rendre des comptes. Je suis d’accord.

Mais le budget ne dit pas un mot sur la reddition de comptes.

Nous exigerons des rapports réguliers au Parlement sur la mise en œuvre du budget et de son coût. Le premier en mars, le second en juin et le dernier en décembre.

Chacun de ces rapports donnera l’occasion à l’opposition d’exprimer ou de retirer sa confiance envers le gouvernement, si ce dernier n'agit pas dans l'intérêt des Canadiens.

Nous observerons avec vigilance ses répercussions sur notre économie et sur chaque région du pays.

Nous nous assurerons sans faute que les fonds dont les Canadiens ont besoin arrivent bien jusqu’à eux.

Et si monsieur Harper n’est pas à la hauteur, nous serons prêts à défaire son gouvernement et à prendre la relève.

Les Canadiens ne veulent pas de nouvelles élections, et ils en ont assez des jeux politiciens. Ils ont attendu trop longtemps des mesures économiques pour que nous les laissions tomber maintenant à cause d’intérêts partisans.

Que personne n’en doute : Si nous agissons de manière responsable, nous sortirons de cette crise plus forts qu’avant.

Nous, les Canadiens, savons surmonter des défis colossaux ensemble, nous avons cela dans le sang.

Nous sommes prêts à agir dans l’intérêt du pays, comme l’exige la gravité de la crise économique actuelle. J’espère que monsieur Harper est prêt à en faire autant.

Je vous remercie.

Michael Ignatieff, Parti libéral du Canada

28 janvier 2009


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