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France: Le président François Hollande ne briguera pas de second mandat en 2017

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Un vent fort souffle de plus en plus sur les démocraties occidentales. Un peu partout, on conteste les élites établies dans les sphères politiques et économiques et on tend l'oreille à des voix populistes, surtout de droite. Voyant que son pays ne fait pas exception dans ce domaine, le président français devait décider de la suite des choses pour lui et pour son parti.

Le président François Hollande (62 ans) a donc pris sa décision. Il l’a annoncé ce jeudi 1er décembre en direct à son peuple, soit quatre jours après l’annonce de la victoire du conservateur François Fillon (Les Républicains, LR) à la primaire de la droite et du centre et sa désignation donc comme leur candidat à la prochaine élection présidentielle en avril 2017.

''J'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle''

L’annonce du président français a également coïncidé avec le jour d’ouverture du dépôt des candidatures pour la primaire socialiste. Cette primaire se tiendra les 22 et 29 janvier prochain. Initialement, on parlait d’une large primaire de la gauche rassemblée sous la bannière ''La grande convention nationale de la Belle Alliance populaire.'' Elle devait inclure plusieurs composantes de la gauche. Mais, avec le boycott de Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche, PG), du Parti communiste (PCF), d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), de Sylvia Pinel (Parti des radicaux de gauche) et de l'électron libre Emmanuel Macron, elle s'est réduite comme une peau de chagrin au PS et à trois groupes écologistes (L’Union des démocrates et des écologistes, le Front démocrate et le mouvement Ecologistes). Si l'inscription des candidatures potentielles a débuté le 1er décembre, elle reste ouverte jusqu’au 15 décembre.

M. Hollande a décidé de ne pas participer à cette primaire. Plus important encore, il a décidé de ne pas se représenter au scrutin présidentiel d’avril prochain. Du jamais vu pour un président de la Ve République!

Sa courte allocution depuis l’Élysée a duré une dizaine de minutes. Le temps d’argumenter et de faire rapidement un survol positif du bilan d’un quinquennat qui s’achève.

Il a déclaré: ''J’ai décidé de ne pas être candidat à la présidentielle, au renouvellement de mon mandat.'' Pourquoi? ''Aujourd’hui, je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle,'' a-t-il reconnu. A l’entendre dire un peu avant: ''Je ne peux me résoudre à la dispersion de la gauche, à son éclatement'', on se serait attendu de sa part à ce qu’il se montre combattif et annonce qu’il ferait tout pour redresser la barre et déclarer de go sa candidature. Mais, le ''président normal'' en a décidé autrement. Il a donc tiré la conclusion qui s’imposait à la lumière des sondages qui se suivaient et se ressemblaient et qui racontaient la même chose: il reste très impopulaire dans son pays.

Pour se racheter peut-être ou pour ne pas faire aliéner les électeurs français de religion ou de culture musulmane au prochain candidat du PS, François Hollande a déclaré que s’il avait un regret à propos de son bilan, c’est d'avoir proposé d'inscrire dans la Constitution la déchéance de nationalité pour les terroristes, un projet finalement abandonné. Pour justifier cette gravissime disposition qui aurait pu porter atteinte à un symbole fort d’appartenance à la nation française, il a plaidé la bonne foi: cette question devait préserver ''la cohésion nationale.'' Vraiment?! Comment?! Mais, au lieu de resserrer les rangs de la droite autour de lui au nom de la thématique de lutte contre le terrorisme jihadiste et améliorer au passage sa cote de popularité, il a accentué la division au sein de son propre parti et de son camp en général. S’il a finalement fait marche arrière sur cette question, le mal était déjà fait. Notons au passage que supposer un seul instant que la menace de déchoir un Français de sa nationalité pourrait le dissuader de commettre un attentat ou de rejoindre un groupe jihadiste est une hypothèse fantaisiste et troublante et dénote une ignorance de ce qui est en jeu.

Aussi, sa satisfaction de son bilan en termes notamment de la création de l’emploi est curieuse: ''L'engagement majeur que j'ai pris devant vous était de faire baisser le chômage (...) Les résultats arrivent plus tard que je ne les avais annoncés, j'en conviens, mais ils sont là.'' Mais, les récents chiffres disponibles de l’INSE montrent que le chômage touche 10% de la population active. Ce taux était de 9,7% en juillet 2012, au moment de l’élection du socialiste. Autrement dit: M. Hollande est loin d’avoir ''fait baisser le chômage,'' sa principale promesse de campagne en 2012. D'ailleurs, ces derniers mois, il était en dent de scie.

L’annonce hier de M. Hollande a pris la classe politique de court.

L’appréciation du geste spectaculaire du dirigeant socialiste a varié d’un camp à l’autre et au sein du même camp. Son ambitieux et autoritaire premier ministre et ancien ministre de l’intérieur Manuel Valls et sa ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem ont qualifié cette décision de ''choix d’un homme d’État.'' Son ancien premier ministre et actuelle ministre des affaires étrangères Jean-Marc Ayrault et ses anciens ministres d’économie Emmanuel Macron (38 ans) et Arnaud Montebourg (54 ans) ont tous les trois salué une ''décision courageuse.''

Toujours au sein de la gauche, les candidats à la présidentielle Yannick Jadot (EELV), Jean-Luc Mélenchon (PG), le trotskiste Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste, NPA) et le porte-parole du PCF Olivier Dartigolles n’ont pas été aussi tendres avec le président sortant. Ils ont vu dans sa décision un aveu d’échec. Même son de cloche chez les adversaires de droite du LR, à commencer par leur nouveau chef, François Fillon, et la chef du parti d’extrême droite Front national, Marine Le Pen. À gauche du PS, on a donc rejoint l’appréciation négative de la droite identitaire et de l’extrême droite de la décision du président de la République.

***

Après mûre réflexion, le président français a tiré la conclusion qu’avec lui son parti ne pourrait franchir la barre du premier tour de l’élection présidentielle de l’année prochaine. Il a donc décidé de jeter la serviette. Ce faisant, il a mis un terme à l’incertitude qui régnait jusque-là au sein de son parti. Désormais, Emmanuel Valls a les coudées franches. Il devra affronter plusieurs candidats à la primaire. Son style clivant ne devrait pas lui faciliter la tâche de devenir le prochain candidat socialiste et encore moins Arnaud Montebourg; sans oublier la possibilité que d’autres candidatures de poids, dont l’ex-campagne de François Hollande, rejoigne la course d’ici la clôture des candidatures. Au spectacle de division de la grande famille de gauche, la droite dure et l’extrême droite font chacune preuve d’unité des troupes. Cette situation n'est pas de nature à rassurer ''le peuple de gauche'' ou de le motiver en vue des élections présidentielle et législatives de l'année prochaine.

2 décembre 2016



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By Aziz Enhaili

Aziz Enhaili is an expert on the Middle East, of Islam and Foreign policy. He is a contributor on irregular basis to the ‘’Neighbouring countries’’ of the European Union, a unit of Europe2020, a groupe dedicated to prospective studies. He is... (Read next)

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