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France: La droite rejette Nicolas Sarkozy à sa primaire

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Depuis son échec en 2012, la droite a fait du chemin. Mais, ni l'ancien président Nicolas Sarkozy ni son camp ne s'en étaient visiblement rendus compte. Avec le résultat constaté à la primaire de la droite et du centre.

Le dimanche 20 novembre, la France a assisté à une primaire conjointe de la droite et du centre. Une première pour eux. Sept candidats se sont affrontés à cette occasion: l’ancien président Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé, Bruno Le Maire et Jean-Frédéric Poisson. L’enjeu du scrutin? Porter les couleurs de la droite et du centre en avril prochain et peut-être même devenir le prochain président de la République.

François Fillon triomphe de ses rivaux

Cette soirée a apporté son lot de surprises pour les différents clans.

D’abord, la participation. La mobilisation a dépassé les scénarios les plus optimistes de la haute autorité, la structure chargée de l’organisation de la primaire. La plus récente mise à jour des suffrages publiée sur le site de la primaire, au moment de mise en ligne de cette chronique, date de ce lundi à 18h30 (heure française). Selon le dépouillement de 9855 bureaux sur 10 229, 4 127 383 personnes ont voté. 9403 électeurs ont préféré voter blanc ou annuler leurs votes. Cette forte mobilisation exprime, en partie, l’inquiétude de plusieurs Français de voir quelqu’un comme l’ancien président de la République remporter le scrutin.

Ensuite, Nicolas Sarkozy (61 ans). Une surprise de taille. Lui, sa garde rapprochée (dont ses anciens ministres de l'intérieur et de la justice Brice Hortefeux et Rachida Dati) et ses inconditionnels étaient au début de la campagne de la primaire confiants dans ses chances de l’emporter. Il a finalement mordu la poussière. Le successeur de Jacques Chirac voulait en découdre avec son tombeur en 2012. Mais, sa démarche clivante et ses promesses ne lui ont pas permis hier d’élargir sa base au sein de la droite au-delà de ses 852 111 appuis, soit 20.6%. Ce résultat est décevant pour l’ancien hyperprésident ainsi que pour son camp. Ce nouveau camouflet s’ajoute à sa défaite à l’élection présidentielle de 2012. Cela montre que la droite est passée à autre chose. Mais, lui tirera-t-il la même conclusion? Pas sûr!

Aussi, Alain Juppé (71 ans). Le résultat de l’ancien premier ministre de Jacques Chirac et figure du défunt RPR est une autre surprise de taille du scrutin. Le favori au cours de la course a finalement trébuché devant celui qui était, au début de la course, bon quatrième. Il a eu 1 177 790 voix, soit 28.5% des suffrages. Il est classé deuxième.

Enfin, François Fillon (62 ans) est le grand gagnant de la course. Il a récolté 1 821 608 suffrages, soit 44,1%. Avec sa victoire éclatante, l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy a créé la surprise de la soirée.

Les quatre candidats restants ont réussi moins bien que les trois premiers. La seule femme candidate, Nathalie Kosciusko-Morizet (43 ans), a obtenu 105 416 voix, soit 2.6%, contre 98 316 (2.4%) pour Bruno Le Maire (47 ans), 59 741 (1.5%) pour le président du Parti chrétien-démocrate Jean-Frédéric Poisson (53 ans) et 12 208 (0.3%) pour Jean-François Copé (52 ans).

Défi de taille pour le maire de Bordeaux

Nicolas Sarkozy n’a pas traîné les pieds avant de faire le constat de son élimination sans appel et dès le premier tour de la primaire. Tout en déclarant son ralliement à la candidature de son ancien premier ministre, il a laissé la porte ouverte devant ses partisans pour faire dimanche prochain leur choix en toute liberté entre les deux candidats. D’autres ténors de la droite, dont Laurent Wauquiez (président par intérim de Les Républicains et soutien de Nicolas Sarkozy), se sont eux aussi ralliés à la candidature du vainqueur d’hier.

Alain Juppé peut pour sa part compter par exemple sur les appuis de son ex-rivale Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) et Valérie Pécresse, une fidèle de M. Fillon. Mais, avec son score combiné dans le meilleur des cas avec celui de NKM, il sera très difficile pour lui de combler le fossé qui le sépare de son rival et donc d’inverser en quelque jours la tendance lourde et qui se dessine déjà en sa faveur. C'est dire combien c'est une mission impossible pour lui.

Même si elle n’avait pas le droit de se présenter à cette primaire, la chef du parti d'extrême droite Front national, Marine Le Pen, était omniprésente dans l’esprit de tous ces candidats et électeurs. Comme plusieurs sondages d’opinion pronostiquent sa participation l'année prochaine au second tour de l’élection présidentielle, l’enjeu était pour les votants de savoir qui parmi les candidats en lice serait en mesure de lui faire mordre la poussière. En réduisant le second tour de la prochaine élection présidentielle à un duel entre la droite et l'extrême droite, ces électeurs ont montré qu'ils ne croient pas à la possibilité d'une participation de la gauche à cette étape électorale. Une idée à laquelle ne pourraient se résoudre l'actuel locataire de l'Élysée ou un Parti socialiste affaibli, divisé et qui a énormément déçu tous ces électeurs qui lui avaient permis en 2012 de renouer avec la fonction présidentielle après une longue traversée du désert.

***

La candidature de Nicolas Sarkozy a donc agi comme repoussoir pour une bonne partie des électeurs de la droite et du centre. C’est son ancien premier ministre qui en a bénéficié, ce qui lui a permis de dominer la primaire. Aussitôt les résultats connus, la lutte a repris entre, cette fois, les deux rivaux arrivés en tête. La ''guerre'' entre les deux camps fait déjà rage sur Twitter, entre autres réseaux sociaux. Si la tendance se maintient jusqu'à dimanche prochain, celui qui prône la collaboration avec Vladmir Poutine et Bachar El-Assad au nom de la lutte contre le groupe État islamique, devrait être intronisé chef de l'opposition et virtuellement prochain président de la République. Mais, pour pouvoir affronter l'extrême droite au second tour de l'élection, il devrait faire l'unité de son camp et donc faire de la place au camp Juppé et à une partie de ses idées. Mais, pourrait-il se le permettre tout en gardant intact son programme politique de droite dure? Et le maire de Bordeaux, accepterait-il de jouer le jeu?

21 novembre 2016



** Le dernier meeting de François Fillon. Crédit de l'image: le compte Twitter de Matthieu Dap ‏.


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By Aziz Enhaili

Aziz Enhaili is an expert on the Middle East, of Islam and Foreign policy. He is a contributor on irregular basis to the ‘’Neighbouring countries’’ of the European Union, a unit of Europe2020, a groupe dedicated to prospective studies. He is... (Read next)

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