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Climat froid mais accueil chaleureux pour les personnes réfugiées dans les Prairies américaines

par Tim Irwin

SIOUX FALLS, Etats-Unis – C'est une scène qui se répète un peu partout aux Etats-Unis en cette période de vacances. Deux jeunes filles attendent à l'aéroport de rencontrer leur grand-mère. Elles ont dans leurs mains des ballons et des drapeaux américains ; elles regardent les passagers qui arrivent en essayant d'identifier une femme qu'elles n'ont jamais vue et qu'elles ne connaissent que par les histoires de leur mère, qui leur parlait de son une enfance brusquement interrompue il y a presque 20 ans au Soudan.

Quand Nagung Ging et son fils de 20 ans, Peter, sont sortis de la foule, ils ont montré quelques signes de fatigue après un voyage dépaysant depuis l'Egypte, où ils vécu en tant que réfugiés la plus grande partie de leur vie. Bronika Thon donne à sa mère un chapeau en laine rose et l'aide à mettre une paire de gants avant que le groupe ne sorte dans la nuit froide.

Plus de 200 réfugiés ont rejoint Sioux Falls, aux Etats-Unis, dans l'Etat du Sud-Dakota cette année, la plupart dans le cadre d'un regroupement familial. D'autres arrivent sans connaître personne. Pour tous, l'imposante silhouette de David Jal, le front marqué par des scarifications tribales selon la coutume de son Soudan natal, est une présence rassurante.

En tant que chargé du suivi des dossiers individuels au sein du Centre pour les réfugiés et l'immigration de l'organisation Lutheran Social Services, David Jal et d'autres employés offrent différentes aides à la réinstallation créées pour aider les réfugiés dans la transition vers leur nouveau foyer. Les programmes s'effectuent dans un climat de profonde compassion pour les réfugiés, une compassion basée sur la connaissance familière de leur situation.

David Jal a vécu comme réfugié pendant près de 10 ans, changeant fréquemment de camp et parfois même de pays. En 1995, sur recommandation de l'UNHCR, il a été réinstallé aux Etats-Unis. Peu d'Africains vivaient alors à Sioux Falls. Il partageait un appartement avec trois autres Soudanais et travaillait 12 heures par jour dans une usine de plastique. « Le vendredi soir, on s'offrait des hamburgers au fast food local », se rappelle-t-il.

Les employés du centre pour les réfugiés sont originaires de plus de douze pays et les services de traduction sont disponibles dans 35 langues et dialectes différents. Les travailleurs sociaux s'occupent de chaque nouvel arrivant en l'aidant durant les premières semaines, souvent surchargées. Grâce au financement du Gouvernement américain, le centre pour les réfugiés fournit aux familles un appartement meublé et prend en charge le premier mois de location.

« Pour nous la priorité est d'aider les gens à s'intègrer dans leur nouvelle communauté », indique Donna Magnuson, la directrice du centre. « Les familles vont vite dans leurs démarches administratives, comme recevoir des numéros de sécurité sociale et des tickets de nourriture, pour pouvoir ensuite chercher du travail. Nos programmes d'orientation fournissent des leçons d'anglais et un suivi lors de la recherche d'emploi. Ils assurent aussi un soutien et une aide psychologiques. Les réfugiés arrivant aux Etats-Unis peuvent obtenir jusqu'à huit mois d'aide financière, mais nos services se prolongent après cette période. »

Adan Hussein parvient à suivre des cours d'orientation chaque jour. Il s'exprime déjà en anglais, des phrases, seulement quelques semaines après avoir quitté le camp de réfugiés au Kenya, où il a vécu pendant 14 ans, s'est marié et a eu des enfants. Cet homme, âgé de 30 ans et originaire de Somalie, se souvient précisément de chaque date clé de son parcours depuis le camp de réfugié jusqu'à l'obtention du statut de résident de Sioux Falls, un voyage auquel il a eu du mal à croire jusqu'à ce qu'il se trouve dans l'avion.

Pendant qu'Adan Hussein se remémore son histoire, sa femme Khadija fait des courses dans une boutique d'objets de seconde main avec deux autres Somaliennes pour acquérir des vêtements qui ont été donnés. « Dans mon pays », explique Adan, « seuls votre mère et votre père pourvoient à vos besoins. Ici des gens que je ne connais même pas m'ont donné tout ce dont j'ai besoin. »

Pour Mohammed Kadyrov et sa femme, Makhpulya, un événement marquant vient de se produire dans leur nouvelle vie. Ces Turcs meskhètes sont arrivés de Russie l'année dernière. Ils viennent de marier leur fils Eldar. Le père et le fils travaillent dans l'usine locale de viande ; Makhpulya, elle, est salariée dans une usine de transformation alimentaire. Tous sont d'accord sur les avantages de la vie à Sioux Falls : les opportunités d'emploi, l'hébergement à un prix abordable et une faible criminalité. « Et nous apprécions les gens ici », ajoute Mohammed. 



Les statistiques annuelles de réinstallation aux Etats-Unis sont déterminées lors de consultations entre l'administration et les deux chambres du Congrès, lors desquelles certains groupes et nationalités sont déterminés comme étant prioritaires. Ces débats se terminent par l'annonce d'un plafond d'admissions. Cette année, ce nombre a été fixé à 60 000, bien qu'il n'y ait encore eu que 41 000 nouvelles arrivées. Mais les Etats-Unis restent la destination numéro un pour les réfugiés réinstallés ; ils acceptent plus de réfugiés que tous les autres pays de réinstallation.

« Le programme de réinstallation aux Etats-Unis continue à être un point d'appui pour les efforts de l'UNHCR en faveur de la réinstallation dans le monde », indique Larry Yungk, chargé de réinstallation pour l'UNHCR à Washington. « Historiquement, les Etats-Unis ont offert des opportunités de réinstallation à la moitié des réfugiés pour lesquels l'UNHCR avait établi qu'ils avaient besoin d'être réinstallés. Bien que le besoin de réinstallation existe dans le monde entier, y répondre dépend entièrement de la volonté de particuliers et d'organisations locales, comme ceux de Sioux Falls, pour accueillir les réfugiés dans leur propre communauté. »

Le lendemain matin de leur arrivée, un travailleur social de l'organisation Lutheran Social Services a fait visiter la ville à Najung Ging et son fils, perplexes. Les enlèvements, les coups, les combats et l'exil sont terminés. Cela a pris des années pour arriver à cette situation et cela prendra des mois encore pour que cette nouvelle famille de réfugiés arrivée à Sioux Falls se sente pleinement installée. Mais Najung Ging est confiante pour l'avenir. « Quand je suis venue ici », dit-elle, « j'étais tellement joyeuse à l'idée de revoir ma fille. Et à mon arrivée, j'ai pensé que j'étais enfin à la maison. »

Source : UNHCR





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