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Israël: Le vice-chancelier autrichien Reinhold Mitterlehner annule sa visite

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L’Union européenne ne reconnaît pas la souveraineté israélienne sur la partie Est de la ville de Jérusalem. L'État hébreu la considère pour sa part comme une partie intégrante de son territoire. Cette divergence juridique de fond ne peut qu'alimenter la tension entre les deux parties.

Jérusalem-Est est une des pommes de discorde entre les Israéliens, d’un côté, les Palestiniens et la ''communauté internationale'', de l’autre. L’écrasante majorité des premiers considère Jérusalem, toute Jérusalem, comme la capitale unifiée, indivisible et exclusive de leur État. Les seconds ne sont pas de cet avis. Ils qualifient la partie Est de cette ville de ''territoire occupé''. Ils ne reconnaissent donc ni son occupation, suite à la guerre de Juin 1967, ni son annexion à Israël en 1982. D’ailleurs, le peuple palestinien aimerait en faire la capitale de son futur État souverain. Le projet de visite en Israël de Reinhold Mitterlehner est la plus récente victime de cette discorde diplomatique.

Reinhold Mitterlehner annule sa visite en Israël

Reinhold Mitterlehner (1955-) est membre du Parti populaire autrichien (ÖVP). Il est également vice-chancelier (depuis 2014) et ministre de la science. Il prévoyait de faire une visite en Israël le dimanche 6 décembre. Mais, c’était sans compter avec la question de Jérusalem.

Le ministre autrichien de la science prévoyait à cette occasion de rencontrer son homologue israélien, le likoudnik Ofir Akunis. Les deux hommes devaient, entre autres, signer deux protocoles d’entente pour la coopération scientifique entre Israël et l’Autriche. Durant ce voyage de quatre jours, M. Mitterlehner prévoyait également de rencontrer le ministre de l’Énergie et des infrastructures, le likoudnik Yuvan Steinitz, et se rendre à l’Institut Weizmann et à Yad Vashem. Jusque-là, tout allait bien. Mais, très vite, le plan du ministre faucon a tué dans l’œuf le projet de cette visite officielle.

M. Akunis avait invité l’Autrichien à le rencontrer à son bureau situé à Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est. Il a y insisté. Pour sauver la rencontre, le vice-chancelier lui a alors proposé de se rencontrer ailleurs, soit au parlement, à l’Hôtel King David à Jérusalem-Ouest ou à Tel-Aviv (AFP, 5 décembre). Mais, c’était sans compter avec l’insistance de l’Israélien à se rencontrer dans son bureau et non ailleurs. À partir de là, il n’était plus possible pour l’Autrichien d’avoir cette réunion.

M. Akunis savait (ou devait savoir) qu’à titre de ministre d’un pays de l’Union européenne (UE), M. Mitterlehner ne pouvait tenir cet entretien avec lui dans la partie Est de Jérusalem. Une règle qui s’applique également aux diplomates européens. Malgré cela, il a persisté et signé. Il pensait peut-être finir par avoir raison de la résistance de l’Autrichien. Mais, une chose est sûre: pour lui, accepter la requête autrichienne reviendrait à accepter la division de Jérusalem. Une option exclue pour lui, pour des raisons idéologiques bien connues.

Le vice-chancelier Mitterlehner a donc annulé sa visite en Israël. Si les autorités de ce pays ne changeaient pas le lieu de tenue de cette rencontre, elle risque de ne jamais avoir lieu sur leur territoire.

***

C’est la seconde fois, en quelques jours, qu’un haut dirigeant européen annule ou reporte une visite en Israël. À cause du refus de Benyamin Netanyahou de le rencontrer au Sommet des Nations unies sur les changements climatiques à Paris (COP21), le ministre belge des affaires étrangères, Didier Reynders, a dû reporter sa visite en Israël. Le premier ministre israélien n'a pas apprécié la décision de l'UE d'étiqueter les produits originaires des colonies israéliennes dans les territoires occupés. Dans ce contexte, il a gelé, unilatéralement, les contacts avec elle sur le processus de paix avec les Palestiniens. C’est dire la tension entre les deux parties.

5 décembre 2015



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Enhaili, Aziz
By Aziz Enhaili

Aziz Enhaili is an expert on the Middle East, of Islam and Foreign policy. He is a contributor on irregular basis to the ‘’Neighbouring countries’’ of the European Union, a unit of Europe2020, a groupe dedicated to prospective studies. He is... (Read next)

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