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''Tom'' Mulcair contre-attaque Stephen Harper

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La campagne électorale comporte son lot d’attaques et de contre-attaques, en plus de promesses destinées à séduire les électeurs pour se faire élire ou réélire. L'échange par médias interposés, ces deux derniers jours, entre le premier ministre sortant et son adversaire néodémocrate, l'illustre assez bien.

En campagne électorale à Laval, hier, le sortant premier ministre conservateur a présenté la députation néodémocrate comme ''le groupe le plus inefficace de n'importe quel groupe de députés de l'histoire. Il n'y a pas une seule étoile parmi ce caucus de Mulcair au Québec'' (sic). Mais, Stephen Harper n’a pas dû attendre longtemps avant que le député d’Outremont et chef du NPD le contre-attaque.

Le ''pire cauchemar'' de Stephen Harper

Thomas Mulcair était cet avant-midi au parc du Mont-Royal, à Montréal, pour un point de presse. L’occasion pour lui de s’adresser aux médias pour la première fois depuis le déclenchement, le 2 août, de la campagne électorale. Les journalistes n’avaient pas apprécié son refus ce dimanche de répondre à leurs questions. Comme s’il voulait se racheter, il les a relancés, tout sourire: ''Je crois entendre que vous avez peut-être des questions pour moi''.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le chef néodémocrate a réagi à cette occasion à l’attaque faite la veille par le premier ministre sortant. Il a déclaré que le caucus néodémocrate représente en réalité le ''pire cauchemar'' d’un adversaire conservateur qui ne supporte pas de faire face à une opposition forte. Un caucus qui lui a ''tenu tête'' alors qu’il était à la tête d’un gouvernement majoritaire.

Selon le chef néodémocrate, son caucus a fait preuve d’efficacité et a enregistré à son actif plusieurs réalisations: l’obligation faite aux agents du parlement à être bilingues, l’abolition des frais bancaires excessifs et de la taxe sur les produits hygiéniques féminins et le bannissement des microbilles de plastique dans les produits cosmétiques. Pour se démarquer de ses deux principaux adversaires et mettre le chef libéral Trudeau sur la défensive devant son aile gauche, il a rappelé que le NPD a voté contre le projet de loi antiterroriste C-51, en raison des risques qu’il représentait pour les libertés individuelles, alors que le PLC et le PCC ont voté ensemble en sa faveur, rendant possible son adoption. Mais, reconnaissons que des députés d'autres formations ont également voté contre ce projet de loi. De l'autre, si Justin Trudeau a appuyé le projet gouvernemental, c'était dû à sa crainte d'être dépeint par son adversaire conservateur comme un mou en termes de sécurité nationale au moment où le pays participe aux opérations de frappe aérienne de la coalition internationale des cibles du groupe combattant État islamique et où de plus en plus de jeunes canadiens rejoignent les rangs jihadistes en Syrie et en Irak. D'ailleurs, il a promis de réformer cette loi une fois élu.

M. Mulcair a ajouté, lors de ce point de presse, que son équipe est non seulement ''solide'', mais également ''prête à défaire et remplacer le gouvernement de Stephen Harper''. À ses yeux, un cabinet néodémocrate serait en mesure de ressembler et de rassembler le pays, contrairement à un gouvernement Harper qui avait polarisé les Canadiens.

''Tom'' Mulcair a qualifié le premier ministre sortant de ''faible'' et de ''vulnérable'' et son bilan économique de ''pire'' depuis des décennies. Il lui a également reproché de plonger le pays en campagne électorale au moment où il ne fallait pas le faire puisque le Canada n'a pas encore fini de négocier le Partenariat Trans-pacifique, un accord de libre-échange. Pour les fins de façonnement du portrait de son adversaire, il a ajouté qu’il ''n'a jamais été un bon négociateur, de toute manière''.

***

Thomas Mulcair avait, semble-t-il, trois objectifs à atteindre aujourd'hui. Primo: défendre ses députés. Secundo: attaquer son adversaire conservateur sur son bilan économique au moment où le pays traverse une situation économique difficile. Tertio: inspirer confiance. D'ailleurs, il a semblé, dans une certaine mesure, à l'aise au parc du Mont-Royal. Les deux sondages du Toronto Star et du Globe & Mail y ont certainement été pour quelque chose puisqu'ils le favorisent au détriment de Stephen Harper. Un chef conservateur qui a intérêt à éviter la surenchère des attaques contre ses adversaires politiques car cela pourrait se retourner contre lui et se concentrer à la place sur son message.

4 août 2015



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Enhaili, Aziz
By Aziz Enhaili

Aziz Enhaili is an expert on the Middle East, of Islam and Foreign policy. He is a contributor on irregular basis to the ‘’Neighbouring countries’’ of the European Union, a unit of Europe2020, a groupe dedicated to prospective studies. He is... (Read next)

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