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Le Comité norvégien remet le Nobel de la paix à Malala Yousafzaï

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Éduquer les enfants dans de bonnes conditions, c’est préserver les chances d’épanouissement de la génération future et c’est aussi permettre à un pays de se développer durablement. C’est aussi l’éducation des enfants dès leur jeune âge à la culture de la paix qui contribuerait à un monde moins violent.

Malala Yousafzaï représente tout ce qu’abhorrent et dont ont peur les ultraconservateurs talibans pakistanais. Elle est une jeune femme, moderne, émancipée et en même temps ancrée dans la culture religieuse nationale et qui croit au rôle moteur de la scolarisation des filles dans l’émancipation des femmes et la lutte contre les inégalités de genre. Son parcours personnel a frappé l’imaginaire et en a fait une icône, un modèle, de la lutte pacifique pour le droit des filles à la scolarisation dans son pays et dans le reste du monde. Même si elle n’a que 17 ans, elle a déjà une feuille de route assez fournie.

''Je voudrais voir chaque enfant à l'école…''

En obtenant, ce mercredi 10 décembre, en mains propres, à Oslo, son Prix Nobel de la paix, elle est devenue la plus jeune lauréate de l’histoire de la prestigieuse distinction internationale. Elle l’a reçu conjointement avec l’Indien Kailash Satyarthi (1954-), un militant de longue date contre le travail forcé et l’exploitation des enfants.

Malala Yousafzaï est la seizième femme et le premier citoyen pakistanais à recevoir le prestigieux prix.

Comme c’est d’usage pour la Fondation Nobel à cette occasion, Malala a prononcé un discours. Une adresse remarquable à un auditoire conquis d’avance.

Elle a d’entrée de jeu salué et félicité son colauréat indien, un ''homme qui a (selon elle) tant fait pour la cause des droits des enfants.'' La dimension symbolique du partage entre eux de la distinction n’a pas échappé à la Pakistanaise: ''Notre exemple montre qu’un Indien et une Pakistanaise peuvent être unis dans la paix et œuvrer ensemble pour les droits des enfants.''

Elle a dédié son prix aux ''enfants laissés pour compte et qui aimeraient étudier, à ceux qui ont peur et qui aimeraient vivre en paix, à ceux sans voix et qui aimeraient que cela change.'' Elle a averti que si elle est là, c’est pour porter leur voix et défendre leurs droits.

Elle a invité les dirigeants du monde à agir pour faire en sorte que plus jamais aucun enfant ne soit privé de son ''droit à une scolarisation de qualité.'' Une entreprise à la réalisation de laquelle elle s’est engagée et a convié le monde entier. Elle s’est dite également engagée en faveur d’un régime ''d’égalité des femmes (avec les hommes, ndlr) et de la paix dans le monde.''

À son invitation, cinq jeunes filles étaient des convives: Shazia et Kainat Riaz, deux camarades d’école pakistanaises ''blessées elles aussi dans l’attaque de l’autobus scolaire'' où elle se trouvait, Kainat Somro, une Pakistanaise en lutte depuis des années pour obtenir justice et réparation ''après une agression sexuelle'', Mezon, une réfugiée syrienne de 16 ans qui ''œuvre à la scolarisation des enfants d’un camp'' pour réfugiés en Jordanie, et Amina, une adolescente du nord du Nigéria, une région où la secte terroriste ''Boko Haram enlève et menace les filles juste parce qu’elles veulent aller à l’école,'' a-t-elle tenu à préciser.

La présence de ces invitées remarquées à cette cérémonie n’était pas superflue. Elles devaient enrichir le récit de vie de la jeune Pakistanaise, montrer au monde entier que plusieurs filles se reconnaissent dans sa lutte et apporter une illustration de l’œuvre utile et nécessaire de sa fondation, la Malala Fund.

***

L’éducation des enfants est un levier formidable de développement durable et donc de lutte contre les inégalités de revenu et de genre dans un pays. Aucune nation ne peut plaider l’ignorance dans ce domaine si elle décide de ne pas en tenir compte. Quand on sait que les enfants d’aujourd’hui sont les futurs adultes de demain, on ne peut qu’être inquiet du fait, rapporté par l’ONU, que près de 58 millions d’enfants en âge d’aller à l’école primaire ne sont pas scolarisés. Quel gâchis pour eux et pour l’humanité! Leurs pays ne peuvent plaider le peu de moyens financiers à leur disposition pour justifier une telle chose puisqu’ils engloutissent des sommes astronomiques dans l’achat d’armes de plus en plus sophistiquées, chers et rarement utilisées. Sans parler de gabegie ou de détournement de fonds publics.

10 décembre 2014



* Le Prix Nobel de la paix de Malala Yousafzaï/ Source: site de la Fondation Nobel.


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Aziz Enhaili is an expert on the Middle East, of Islam and Foreign policy. He is a contributor on irregular basis to the ‘’Neighbouring countries’’ of the European Union, a unit of Europe2020, a groupe dedicated to prospective studies. He is... (Read next)

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