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Des clés pour comprendre le 11 septembre

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Quand Mohammed Atta, considéré comme le cerveau logistique des attentats du 11 septembre 2001, pilote le premier avion à s’abattre sur le World Trade Center à New York, il ne se doute certainement pas que son cheminent personnel allait fournir des clés précieuses pour comprendre ces tragiques événements.

L’analyse du passé de ces adeptes d’une lecture littérale de la religion musulmane amenait les spécialistes à tracer d’eux un parcours assez homogène : des hommes, en forte majorité jeunes, mais provenant de milieux démunis, et dépourvus de tout espoir de se faire une place enviable au sein de leur société.

L’idéal de pureté

Tout comme les présumés terroristes de Londres et de Toronto, Mohamed Atta cadre mal dans cette catégorisation. Égyptien, provenant d’une famille à l’aise, Atta dispose des ressources nécessaires pour acquérir une éducation à l’étranger, ce qui constitue un luxe dans ce pays pauvre. En plus de l’arabe, sa langue maternelle, il parle anglais, ce qui est commun au sein de l’élite égyptienne, mais il parvient à apprendre l’allemand pour commencer un diplôme à Hambourg.

Atta n’est donc pas du tout un homme dépourvu de ressources et d’avenir. Or, au lieu d’un destin enviable, il choisit de manière délibérée de confier sa vie à une cause supposément plus grande, dont l’issue ultime est sa propre mort. Et celle de milliers d’innocents.

Que s’est-il donc passé ? Selon le New York Times du 4 octobre 2001, Mohammed Atta aurait laissé une missive peu avant les attentats, dans laquelle il y décrit le type de cérémonie funéraire souhaité pour sa mort programmée. Croyant manifestement que son corps serait retrouvé, il insiste pour être enterré aux côtés de « bons musulmans », pour que la personne chargée d’embaumer son corps porte des gants et ne touche pas ses parties génitales.

Cette recherche de la pureté, de retour à un code de valeurs issu de l’islam originel, à ce moment historique heureux du 7e siècle de la naissance de cette religion, est un thème récurrent de l’idéologie islamiste. Al Qaida, et les Talibans en Afghanistan, ont été les porte-flambeaux récents les plus connus de cette conception particulièrement radicale.

Pourquoi l’existence en monde arabe et musulman d’une telle idéologie ? Parce que les Arabes et les musulmans, longtemps convaincus de former la meilleure civilisation, car porteurs de la dernière religion révélée, sont maintenant subjugués par l’Occident, devenu nettement supérieur sur les plans militaire et technologique. Un Occident qui, par son rayonnement à outrance, « impose » en accéléré de nouvelles conceptions du monde exogènes à une civilisation islamique encore très attachée à son identité religieuse.

Il en découle chez nombre de musulmans un sentiment de perte d’identité, de sens, un désarroi face à un monde moderne qui secoue grandement leurs repères traditionnels. Les Arabes et les musulmans doivent assumer, contrairement à nous occidentaux, une dualité culturelle, où des valeurs occidentales heurtent de front des valeurs musulmanes fort différentes sur nombre de sujets sensibles, dont la famille, le rôle de la femme, la morale sexuelle, etc.

Cette « schizophrénie culturelle » est d’autant plus difficile à soutenir qu’elle s’alimente des nombreux échecs à la fois économiques et militaires des sociétés arabes et musulmanes, notamment face à Israël et à l’humiliation subie par les Palestiniens et les Irakiens. Des malheurs, amplement relayés par les chaînes de télévision du Golfe persique, que les populations arabes expliquent en partie par l’emprise des Juifs sur la superpuissance américaine. Des Juifs qui étaient autrefois une simple minorité en terre musulmane.

Ce malaise identitaire existe autant chez les peuples de la région que chez les citoyens natifs des pays occidentaux dont les parents sont issus de l’immigration et qui sont partagés entre deux cultures, l’une traditionnelle, l’autre occidentale. Cela explique la présence de terroristes au sein des communautés musulmanes de première ou de deuxième génération.

Pour certains musulmans, très minoritaires il est vrai, ce « mal-être » trouve un exutoire dans la « résistance » offerte par le mouvement islamiste et à travers l’esprit de groupe qui règne parmi les militants, unis dans une conception étroite de leur religion. Un passage glissement d’autant plus facile pour eux que l’islam fournit, notamment à travers le concept de djihad (guerre sainte), un justificatif offensif idoine. Là, l’ennemi est bien identifié : les Etats-Unis, leurs alliés sionistes et les dirigeants arabes qui leur sont soumis. Le combat est clair : la civilisation musulmane doit retrouver sa place d’antan, et elle y arrivera si les musulmans se replient sur les enseignements premiers de l’islam qui ont fait leur gloire et en combattant ceux qui l’en empêchent.

C’est probablement dans ce bricolage intellectuel qu’est tombé Mohammed Atta. Frustré de voir son dar al islam (maison de l’islam) asservi par les Etats-Unis, perçus comme les complices actifs de la souffrance arabo-musulmane, il a voulu faire exploser cet intenable ressentiment par une action aussi violente qu’extrême.

Politologue, Yvan Cliche est l’auteur d’un mémoire sur l’intégrisme islamique, déposé à l’Université de Montréal.



* Image : Reuters




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Questionnement
par A.Terieur le 16 janvier 2008

La "tolérance" est elle compatible avec la "Politique" ?personnellement je dirais: NON. Car là où l'une tente de rassembler l'autre à tendance surtout à diviser. L'objectif demieu comprendre son prochain, celui de l'autre est de prendre le pouvoir sur son prochain. La politique se sert de tous les "arguments" bien souvent erronés (parfois bien ficelés) qu'elle érige en "vérités". Mais elle est à la "vérité" ce que le scientisme est à la science. C'est à dire: la couleur et le goût de la science mais sans en être vraiment. L'article que je viens de lire fait implicitement référence à la sociologie, la théologie, l’ethnologie et même….au Freudisme. Ensemble de disciplines que visiblement, l'auteur ne maitrise pas, mais qui lui permettent toutefois d’emprunter des raccourcis qui le font aboutir à des analyses de personnalités (identités) et à des diagnostics de schizophrénie. Cela serait sans conséquence si le naturel du politique ne revenait au galop, je veux parler du clivage caractéristique de la politique («Les Arabes et les musulmans ….. contrairement à nous occidentaux ») qui finit par diviser là où il s’agit d’unir. Ainsi donc, il y’a « nous » et….
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