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Susan Rice, Nouvelle conseillère à la Sécurité nationale de Barack Obama

(French version only)
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La loyauté est une des qualités recherchées (et appréciées quand elle a cours) chez les professionnels du champ politique. Un environnement impitoyable. Un milieu largement fait d’intrigues de cour et de coups bas. D’où l’importance de l’idée de sacrifice personnel au service d'un projet politique (et donc du groupe). Avec au bout du compte, quand les conditions s’y prêtent, une belle récompense...

Avec sa réélection, le président Obama devait procéder au réaménagement, entre autres, de son équipe de sécurité nationale. On s’attendait à voir Susan Rice succéder à Hillary Clinton à la tête du département d’État. Mais, la crise libyenne en a décidé autrement.

Le test concluant de Benghazi

Le 11 septembre 2012, le consulat américain à Benghazi, bastion de la révolution, est pulvérisé et l’ambassadeur Christopher Stevens et trois autres employés américains sont tués sur place. Celle qui était alors ambassadrice à l’ONU avait qualifié, cinq jours plus tard, à la télévision, cette attaque de ''spontanée'' et de ''non préméditée''. Elle l’avait imputé à une manifestation de protestation contre l’extrait YouTube de la vidéo ''Muslim innocence'' qui avait dégénéré.

Comme les États-Unis étaient en pleine campagne électorale, les adversaires républicains du candidat Obama avaient vu dans cette déclaration une manœuvre de camouflage de l’échec de l’administration démocrate à renforcer la sécurité de l’installation et du personnel américains dans une Libye plongée alors en plein chaos sécuritaire. C’était aussi une occasion inespérée pour le camp du candidat conservateur Romney de tenter de défaire cette image d’un Obama à la poigne ferme quand il est question de sécurité nationale.

Mais, si le gouvernement a fini par revisiter la version de Susan Rice du déroulement des événements, il a, le 15 mai, rendu public la centaine de pages de courriers électroniques échangés entre différents ministères et agences gouvernementales sur la manière de présenter au public américain l’affaire de Benghazi. Ces messages semblent indiquer que c’était la CIA, et non la Maison Blanche ou le département d’État, qui avait fourni les ''éléments de langage'' sur lesquels s’était appuyée la diplomate dans son intervention télévisée. Les accusations des Républicains à l’endroit de l’ambassadrice ne sont donc pas fondées. D’ailleurs, le 5 juin 2013, Newt Gingrich, ancien chef républicain de la Chambre des représentants sous William (Bill) Clinton, a déclaré à l’antenne de l’émission quotidienne de l’animateur Pearce Morgan à CNN: ''Je ne sais si Rice a menti''…

Comme elle sait compter, Susan Rice savait que, forts de leur minorité de blocage, les sénateurs républicains n’hésiteraient pas à bloquer sa nomination à la tête du département d’État, du moins à donner du fil à retordre à son camp. D’ailleurs, ni John McCain ni Lindsay Graham ne s’en étaient cachés. Pour éviter à Barack Obama de gaspiller une partie de son capital politique dans une bataille qui promettait d’être épique, elle a préféré en décembre dernier renoncer à briguer le poste de secrétaire d'État. D’ailleurs, elle savait que le président démocrate ne pouvait se permettre d'engager une partie importante de son énergie dans cette lutte partisane car le risque était de taille: s'aliéner les modérés parmi les Républicains et manquer l'occasion de mener à bien ses grands projets de réforme (dont celle sur l’immigration) et laisser un héritage derrière lui.

En retirant sa candidature pour la succession d’Hillary Clinton au département d’État, Susan Rice a fait preuve de loyauté à l’égard du président démocrate. Gagnant ses éloges appuyés au moment de sa reconduction à son poste à l’ONU. Barack Obama avait là la preuve qu’il pourrait compter sur elle et sur son indéfectible soutien dans des missions futures.

Effet pervers de l’obstructionnisme républicain

Le 5 juin, le président Obama a annoncé sa désignation à la tête du Conseil de sécurité nationale (NSC). Elle succède à ce poste au démissionnaire Tom Donilon. Celui-ci était une pièce maîtresse, entre autres, dans le dispositif sécuritaire de traque au Pakistan d’Oussama Ben Laden, le chef du réseau terroriste international Al-Qaïda.

Comme ce poste n’est pas soumis à un vote de confirmation au Sénat, Rice occupera dès le mois de juillet prochain son bureau de Conseillère.

Comme il fallait s’y attendre, cette désignation n’a pas plu aux Républicains et leur candidat à la présidentielle de 2012 y a vu le rejet par le président de l’approche bipartisane. Mais, cela ne devrait pas empêcher John McCain de ''travailler avec elle sur des dossiers importants'', comme il s'y est engagé hier dans un tweet (Cf. https://twitter.com/senjohnmccain/status/342271288930357249).

Sans l’avoir cherché, les Républicains ont non seulement renforcé la position de la diplomate aux yeux du locataire du Bureau ovale et de la base démocrate, mais en ont en plus fait une femme encore plus puissante qu’avant. Ils ont donc par excès de partisannerie contribué, à leur corps défendant, à la propulser à un poste plus puissant que celui de secrétaire d’État. Ce qui était loin d'être leur objectif.

**

Au NSC, Mme Rice sera le bras droit de M. Obama en politique étrangère et aura donc un accès direct à lui. Elle sera l’oreille du président et celle qui portera sa parole dans les différents ministères et agences du gouvernement. Avec elle, les autres pays sauront à quoi s’en tenir vis-à-vis de ce que pense le locataire de la Maison Blanche. Avec elle comme conseillère de confiance, le président américain continuera de renforcer son contrôle sur la machine et le message de politique étrangère et de sécurité nationale de son pays.

6 juin 2013



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Enhaili, Aziz
By Aziz Enhaili

Aziz Enhaili is an expert on the Middle East, of Islam and Foreign policy. He is a contributor on irregular basis to the ‘’Neighbouring countries’’ of the European Union, a unit of Europe2020, a groupe dedicated to prospective studies. He is... (Read next)

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