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Quand ''Jérusalem, Capitale d’Israël'' s’invite dans la Convention démocrate

(French version only)
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Les sondages d’opinion prédisent une élection présidentielle serrée en novembre prochain. D’ici-là, le président sortant, Barack H. Obama, a intérêt à éviter tout faux pas. Son adversaire républicain pourrait s’en servir pour le discréditer. C'est le message saisi par la convention démocrate à Charlotte.

A moins de deux mois de la prochaine élection présidentielle américaine, l’économie donne encore des signes de faiblesse. Une situation exploitée par le candidat républicain, Mitt Romney, et son colistier, Paul Ryan, pour critiquer le bilan du président sortant. Barack H. Obama est quant à lui conscient de la fragilité de ses appuis et sait que tout vote supplémentaire comptera dans un scrutin qu’on prédit serré en novembre prochain. Ses relations froides avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, compliquent ses relations avec la communauté juive américaine. Même si des dirigeants israéliens ont reconnu qu’il avait contribué de manière significative au renforcement de la sécurité de l’État hébreu, plusieurs responsables du lobby pro-israélien à Washington demeurent réservés à son égard et doutent de sa sincérité à l’égard d’Israël. La rumeur mensongère à l’effet qu’il serait musulman n’a fait que renforcer ces soupçons.

''Jérusalem'' est de retour au sein de… la plateforme démocrate

Contrairement à ce qui s’était passé en 2008, la plateforme démocrate de cette année a évacué deux thèmes traditionnels: ''Dieu'' et ''Jérusalem, Capitale d’Israël''. Deux décisions controversées et potentiellement dommageables en une année d’élection présidentielle cruciale pour les démocrates.

L’absence du thème de ''Jérusalem, Capitale d’Israël'' n’a pas échappé à la vigilance du likoudnik Reuven Rivlin. Le président de la Knesset a qualifié cela de «honte» qui traduirait un «manque de compréhension totale du Moyen Orient». Comme il fallait s’y attendre, les adversaires conservateurs du président américain n’ont pas hésité à sauter sur cette occasion pour récupérer à leur compte cette déclaration et enfoncer le clou dans le jardin démocrate. Le candidat républicain à la présidence a cru voir dans l’évacuation de la plateforme de l’affirmation ''Jérusalem, Capitale unique et indivisible de l’État d’Israël'' un signe à la fois du refus «honteux» de l’adversaire démocrate de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et de la faiblesse de son engagement à l’égard d’Israël.

Les conservateurs se sont servis de cette question sensible pour récupérer les suffrages d’une partie des électeurs juifs, une clientèle traditionnellement démocrate. Sans oublier la mobilisation de la base évangélique du Parti républicain, une force politique très attachée à Israël pour des raisons religieuses.

La démarche conservatrice a poussé les dirigeants démocrates à agir rapidement à l’occasion de la convention du parti à Charlotte (Caroline du Nord). C’est à Antonio Villaraigosa, étoile montante du parti et maire de Los Angeles, qu’a incombée la mission délicate de faire réintroduire ces deux thèmes dans la plateforme démocrate. La gauche progressiste a vu dans la bourde du président de séance lors du prononcé des résultats du vote une capitulation de l’establishment devant la droite.

Selon la nouvelle mouture, «Jérusalem est, et restera la capitale d’Israël». Une modification saluée par le principal lobby pro-israélien, l’AIPAC.

Sur la même lancée, les démocrates ont affirmé les liens forts liant les deux pays. Un sujet de consensus national. À les en croire, ces ''relations spéciales'' sont le fruit du partage d’intérêts stratégiques et de valeurs communes. Leur «engagement inébranlable à garantir la sécurité» et la «supériorité militaire» régionale d’Israël s’est traduit par une «aide de près de 10 milliards de dollars durant les trois dernières années» du gouvernement Obama et par le «renforcement de la coopération militaire» avec lui pour l’aider à se prémunir contre les «menaces venant de la Bande de Gaza, du Liban, de la Syrie et de l’Iran».

Le ''revirement'' démocrate peut être interprété comme une tentative devant servir, d'une part, à couper court à l’entreprise hostile des républicains et, d’autre part, à élargir (ou consolider) son audience auprès de nouvelles clientèles.

En attendant la conclusion des négociations sur le statut final…

Ceux qui pourraient se réjouir ou se montrer déçus du ''retour'' de Jérusalem dans la mouture définitive de la plateforme démocrate devraient tous modérer leur ''enthousiasme''. Pour deux raisons au moins.

D’une part, l’intitulé de la motion. Même si «Jérusalem est et demeure la capitale d’Israël», son «statut final sera défini lors de négociations» entre Israéliens et Palestiniens. On est donc loin de l’idée d’en faire une capitale exclusivement israélienne. Cette formulation présente également un deuxième avantage, celui de permettre ultimement aux Palestiniens de fonder leur capitale dans la partie Est de la Ville-Sainte, mais seulement à partir du moment où ils concluent un accord de paix global et définitif avec les Israéliens et acceptent de vivre en paix à côté d’un «État juif et démocratique» jouissant lui aussi de «la sécurité». Cette option présente un troisième avantage: celui en principe de permettre à la ville trois fois sainte de demeurer «cité indivisible et ouverte à tous» (selon les termes de l’amendement démocrate).

D’autre part, il est de coutume à chaque rendez-vous électoral que les candidats démocrates et républicains promettent le déménagement de leur ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem. Mais une fois l’élection terminée, on n’ose pas joindre le geste à la parole. Si, à titre d'exemple, le Parti démocrate a dès 1992, avec à sa tête William J. Clinton, adopté la résolution de ''Jérusalem, Capitale d’Israël'', aucun de ses deux présidents n’y a fait déménager son ambassade. Ni leurs adversaires républicains, y compris George W. Bush.

**

Comme les États-Unis (et les autres pays) ne reconnaissent pas l’annexion israélienne en 1967 de Jérusalem-Est (entre autres territoires arabes occupés), ils préfèrent attendre la conclusion d’un accord de paix global et définitif entre les Palestiniens et les Israéliens avant de faire déménager leur ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem. Pour cette raison, on peut d’emblée supposer que s’il était élu le 6 novembre prochain, Mitt Romney ne pourrait honorer ses promesses faites en juillet aux dirigeants israéliens au cours de sa tournée internationale qui l'avait mené jusqu'à Jérusalem. En cas de sa réélection, le démocrate ne pourrait non plus aller à l'encontre de cette ''tradition'' américaine...

11 septembre 2012



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Aziz Enhaili is an expert on the Middle East, of Islam and Foreign policy. He is a contributor on irregular basis to the ‘’Neighbouring countries’’ of the European Union, a unit of Europe2020, a groupe dedicated to prospective studies. He is... (Read next)

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