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Syrie: Quand Bachar Al Assad incite ses partisans à la guerre civile

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À l’occasion du nouveau conseil des ministres du 26 juin 2012, le président Bachar Al Assad a fait un discours. Une incitation à la violence et à la guerre civile dans son pays.

Le régime de barbarie des Al Assad joue sa survie politique. Il est confronté depuis le 15 mars 2011 à un soulèvement populaire dirigé contre le maintien de son pouvoir. Pour justifier sa répression meurtrière, Damas n’a pas varié de version. À l’en croire, les forces de sécurité se défendraient contre le terrorisme jihadiste. Sauf que Bachar Al Assad est en retard de plusieurs années sur un monde en plein bouleversement. George W. Bush n’est plus à la Maison-Blanche et la lutte contre le terrorisme n’est plus la bannière qu’elle était pour la politique étrangère des États-Unis dans une région complexe comme le Moyen-Orient. Et puis le Printemps arabe n’a pas encore dit son dernier mot…

Une «véritable situation de guerre» en Syrie

Le 26 juin 2012, s'est réuni à Damas un nouveau conseil des ministres sous la présidence du nouveau Premier ministre, M. Ryad Hijab (désigné conformément au décret no. 210). À cette occasion, le président Assad s’est adressé à eux. Il a déclaré: «Nous vivons une véritable situation de guerre». (1) Et d’indiquer la marche à suivre à ses subordonnés: «Toutes nos politiques, toutes nos orientations et tous les secteurs doivent être mis au service de la victoire dans cette guerre».

Cette déclaration s’inscrit dans le sillage d’un discours adressé, le 3 juin dernier, aux députés réunis pour la première fois depuis le 7 mai dernier, date de la tenue des élections législatives controversées. Là encore, le dirigeant syrien a averti ses oppositions de sa détermination à les écraser «à n'importe quel prix»!

À première vue, rien de nouveau sous le soleil damascène. Pourtant, rien n’est moins sûr.

À y regarder de plus près, les deux récentes déclarations faites devant le conseil des ministres et l’Assemble du peuple (parlement) devraient être prises très au sérieux.

En soutenant que son pays était plongé dans «une véritable situation de guerre», le président syrien montre qu’il n’est plus à l’époque où il réduisait la rébellion à une soi-disant «bande de criminels et de terroristes». Encore moins à la période où il niait toute guerre civile dans son pays.

Cette déclaration est également un aveu implicite, à son corps défendant, de la perte de contrôle par ses forces de (in)sécurité de pans entiers du pays. Cette impuissance est due à la combinaison, entre autres, de deux facteurs essentiels. Primo: l’entrée du peuple syrien dans une phase révolutionnaire irreversible, rendant tout retour en arrière une pure vue de l’esprit. Secundo: la militarisation de l’opposition. Si au début de la révolte, cette option était rejetée par la majorité de la population, elle a fini par s’imposer à l’ordre du jour au nom, entre autres, de la protection du peuple face à la machine de guerre du régime en place.

Cette combinaison a créé une nouvelle situation sur le terrain. Évidemment, le régime tyrannique n’est pas aveugle. Il sait que cet état lui est stratégiquement défavorable. C’est pourquoi l’appel adressé par Bachar Al Assad à ses hommes et partisans d’utiliser tous les moyens à leur disposition pour écraser l’opposition et tenter de renverser le nouveau rapport de force en esquisse sonne comme une incitation à la violence sur une échelle jamais atteinte à ce jour.

Cet appel à la violence généralisée et à la guerre civile montre la détermination du régime de barbarie en place à Damas à conserver le pouvoir aux mains des Al Assad quoi qu’il en coûte notamment en termes de vies humaines.

**

À l’ombre du bouclier diplomatique russe, le régime de barbarie des Al Assad vient de rappeler à qui voulait l’oublier (ou le nier) sa détermination à maintenir sa meurtrière répression jusqu’à l’écrasement de l’opposition. La nouvelle déclaration du dirigeant syrien pose la question de savoir ce que la ''communauté internationale'' en fera. Se prévalera-t-elle du devoir de protéger le peuple syrien de ce programme annoncé par le chef de l'État en personne de crimes contre l’humanité à venir? Ou au contraire préférera-t-elle se complaire dans des palabres à ne plus finir?

27 juin 2012



1). Cf. Le texte de la déclaration rapportée par l'agence officielle SANA dans http://www.sana.sy/ara/2/2012/06/27/427790.htm. La traduction de l’extrait en arabe est de nous.


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Aziz Enhaili is an expert on the Middle East, of Islam and Foreign policy. He is a contributor on irregular basis to the ‘’Neighbouring countries’’ of the European Union, a unit of Europe2020, a groupe dedicated to prospective studies. He is... (Read next)

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