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Les révolutions arabes

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Depuis environ deux mois, un vent de changement souffle sur l’Afrique du nord, le Moyen-Orient et certains pays du Golfe. Tout a commencé dans une petite ville de l’intérieur de la Tunisie : Sidi-Bouzid. Qui aurait cru que le geste de désespoir d’un jeune chômeur tunisien allait allumer la mèche d’une torche de liberté qui a fait tomber des terribles dictateurs comme Ben Ali ou Moubarak ?

Ces deux derniers ont régné depuis des années en maîtres absolus. La corruption, le népotisme et la violation des droits de la personne ont atteint des sommets inégalés. Et pourtant La Tunisie, un petit pays connu pour sa douceur de vivre et pour ses beaux paysages, aurait pu devenir un vrai laboratoire démocratique dans la région.

La population tunisienne est l’une des plus éduquées parmi les pays arabes. Des institutions non gouvernementales comme l’Union générale des travailleurs tunisiens ou la Ligue tunisienne des droits de l’homme étaient considérées depuis des années comme des fleurons de la société civile. Cependant Ben Ali et ses acolytes n’ont jamais permis l’essor d’une telle expression démocratique. La répression des dissidents politiques, des syndicalistes et des militants des droits de la personne avait coupé court à toute aspiration raisonnable qu’avaient quelques tunisiens rescapés de ce système répressif.

La situation n’est pas trop différente en Égypte. En effet, l’Égypte avec sa civilisation millénaire, son riche héritage culturel et sa jeunesse débordante aurait pu devenir un phare pour le monde arabe perdu encore dans les ténèbres de la religiosité artificielle ou carrément dans l’ignorance.

Mais encore une fois, un autre dictateur a imposé la loi martiale, bâillonné les opposants et usurpé les fonds publics pour enrichir son clan de courtisans et de mafieux.

Et le bon peuple dans tout cela ? Aux yeux de ces dictateurs, ce n’était que des hordes sauvages qui n’étaient nullement prêtes pour la démocratie encore moins pour la liberté

Évidemment, ces dictateurs se sont trompés dans leur jugement et dans leur comportement. Les peuples tunisien et égyptien ont su montrer aux autres peuples arabes qu’il y avait toujours espoir et que, malgré les dernières années d’abrutissement, les jeunes ont pu former une certaine conscience politique et un certain niveau d’éducation qui leur ont permis de discerner entre le mal et le bien entre l’oppression et la justice.

Aujourd’hui ces deux peuples ont un lourd fardeau à porter sur les épaules, celui de leur propre révolution, mais aussi celui d’un modèle pour les autres populations arabes encore écrasées par la police ou par les manœuvres d’intimidation.

Allons-nous voir un jour un monde arabe débarrassé de ses dictateurs, libre de choisir son destin ou alors ce vent de changement ne serait-il qu’une simple brise passagère qui sera rapidement récupérée par l’armée et par certains partis politiques opportunistes trop habiles à changer de veste ?

Le 2 mars 2011



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