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Abolition du Conseil des aînés. Il a fallu établir des priorités pour continuer à fournir des services - Marguerite Blais

Plusieurs intervenants se sont plaints de l'abolition du Conseil des aînés. On s'interroge sur les raisons qui ont motivé le gouvernement Charest, en rappelant que, doté de ressources très limitées, cet organisme avait un mandat utile de réflexion et de conseil. Quelles actions le gouvernement compte-t-il entreprendre pour répondre aux inquiétudes soulevées par cette mesure ? Osée Kamga a interrogé pour Tolerance.ca ® la ministre responsable, Marguerite Blais.


 

Osée Kamga : Ce doit être bien difficile de perdre un organisme comme le Conseil des aînés.

Marguerite Blais : Il faut déjà dire que ce n’est pas le seul organisme qui va disparaître. Il y en a d’autres. Le Conseil des services essentiels, celui de la de la famille et de l'enfance, le Conseil permanent de la jeunesse, des relations interculturelles, etc. Je n’accepte pas cette disparition de gaîté de cœur. Il n’y a pas un seul ministre qui aimerait perdre des organismes sous sa juridiction. C’est d’autant plus dur pour moi que j’ai été présidente du Conseil de la famille et de l’enfance. Mais dans les circonstances actuelles, il a fallu établir les priorités. Par exemple, on a dû se demander ce qui est plus important : utiliser l’argent pour continuer à donner des services aux aînés, ou alors financer un organisme comme le Conseil.

Osée Kamga : Le Conseil était quand même utile.

Marguerite Blais : Le Conseil a fait beaucoup pour la cause des aînés. Il a déposé des avis, des mémoires en commission parlementaire, fait de nombreuses études. Mais ce n’est pas comme si ces choses-là disparaissaient. Il y a le Secrétariat aux aînés, qui a aussi la responsabilité de l’animation. Aussi, nous avons signé des ententes avec les Tables régionales de concertation des aînés. Chacune des Tables reçoit un financement de mon ministère de 40 000$ annuellement. Quand je suis arrivée, elles ne recevaient que 25 000. J’ai rehaussé ce financement parce que je trouvais que ce n’était pas assez. Il y a le G15, qui est un regroupement d’associations, d’organismes articulés autour du Conseil des aînés et voués au mieux-être et à la défense des aînés.

À la suite de l’annonce de l’abolition du conseil, j’ai été en contact avec ses membres, avec ceux des Tables régionales, du moins tous les présidents des Tables étaient présents à cette conférence téléphonique faite dès le lendemain. J’ai aussi parlé aux personnes responsables de chacun des organismes du G15 parmi lesquels la FADOQ, la QDR, etc., pour leur expliquer le point de vue du gouvernement. Je voudrais que tous me reviennent avec une proposition touchant des assises sur les conditions de vie des aînés. Alors, on ne perd pas tout. C’est un mécanisme différent qui est mis en place, mais le ministère des Aînés continuera à recevoir des conseils de la part de différents organismes qui s’activent beaucoup pour la cause des aînés. Je fais confiance aux gens du milieu et quand tu fais confiance aux gens du milieu, ça ne trompe pas.

Osée Kamga : Et comment s’annonce l’avenir?

Marguerite Blais : Ce dimanche 11 avril 2010, j’annonce en conférence de presse que le programme Soutien aux initiatives de respect pour les aînés a reçu 16 millions de dollars. Je trouve que c’est important de soutenir les organismes communautaires, les organismes du terrain qui donnent du service aux personnes âgées. Puis on a aussi augmenté pour les 5 prochaines années 25 millions de dollars de crédit d’impôt remboursable pour les personnes de 70 ans et plus qui vivent à domicile. Ce sont des choses que j’ai obtenues dans un contexte économique difficile, un budget difficile. En même temps, il faut accepter qu’il y ait des choses qui disparaissent. S’il n’y avait pas les 17 Tables régionales de concertation des aînés, en ce qui me concerne, ce serait peut-être un peu plus difficile. Mais ces Tables sont en place, ont un lien direct avec le Secrétariat des aînés, ont un lien direct avec le ministre. On veut, avec ces gens-là, instituer une façon de faire autrement.

J’ai mis sur pied un fonds de soutien aux proches aidants de 200 millions de dollars. La loi est passée, la société de gestion est mise en place. Il y a trois premiers projets pilotes qui seront dévoilés sous peu. Dans le budget actuel, il y a 2 millions annuellement pour les trois prochaines années. Donc 6 millions de dollars pour soutenir les organismes de proches aidants en attendant que la société de gestion se déploie sur l’ensemble du territoire du Québec.

Osée Kamga : Quelles sont les prochaines étapes que vous envisagez ?

Marguerite Blais  : Ce que je trouve exaltant en politique, c’est de poser des gestes qui changent la vie des gens au quotidien. J’ai réussi au 31 mars à signer avec les grandes et petites villes du Québec l’entente (que je n’ai pas encore annoncée) sur le concept Municipalité amie des aînés de l’Organisation mondiale de la santé. Municipalité amie des aînés, c’est une municipalité qui travaille avec les aînés et adapte ses services pour que ces aînés puissent vivre dans leurs villes et villages le plus longtemps possible; la municipalité travaille avec les services sociaux pour qu’ils se déploient vers les personnes âgées; c’est faire en sorte que dans les grandes villes (même si ce n’est pas partout pareil), les feux de circulation soient allumés pour permettre aux personnes âgées de traverser la route, qu’il y ait des sentiers pédestres. J’ai réussi à obtenir du ministère des Affaires municipales des régions et de l’occupation du territoire 9 millions de dollars pour les trois prochaines années, pour financer de petites infrastructures comme des parcours santé ou des sentiers pédestres, des sanitaires, des éclairages, des parcs pour faire des exercices, tout ça pour aider les aînés à s’adonner aux activités physiques. À travers le monde, nous sommes des précurseurs. Ailleurs, il y a des villes qui se disent amies des aînées, mais elles sont encore à l’étape de la philosophie, et leur gouvernement ne les a jamais accompagnées financièrement pour stimuler les élus municipaux à vouloir investir et mettre en place des structures et des services adaptés au vieillissement de la population.

Aussi, je vais déposer prochainement un plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les aînés.

Le 11 avril 2010

Entrevue réalisée par Osée Kamga pour Tolerance.ca ®.



* Image: Assemblée nationale du Québec.


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Il y a actuellement 1 réaction.

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Retraité - membre d'une Table d'ainés
par R. Fournier le 13 avril 2010

Merci, Mme Blais. Vous avez aidé a l'avancement de la cause des personnes agées. Nous comptons encore sur votre support. Je pense que les organismes sont tous intéressés a poursuivre dans la meme direction. Ceci inclut aussi les Tables locales de concertation.  

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