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« Quels que soient ton origine, ton âge, il faut que tu sois capable de contribuer à ta façon à la société » - Yolande James, ministre

par
étudiante
© Tolerance.ca*

 

Entrevue réalisée pour Tolerance.ca ® en collaboration avec Victor Teboul.

Élue députée à l’Assemblée nationale du Québec, en 2004, à l’âge de 26 ans, et nommée ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, 3 ans plus tard, Yolande James est la première femme noire à siéger au Conseil des ministres et une des plus jeunes députées de l’histoire du parlement québécois. Tolerance.ca ® l’a rencontrée. 

Tolerance.ca ® - Madame la Ministre, vous avez d’abord travaillé avec les jeunes, quelles sont les valeurs que vous désirez voir transmises aux jeunes et à la population?

Yolande James - Je vais vous dire, c’est de s’informer. Je pense que c’est important pour les jeunes de s’engager en politique parce que les décisions qui se prennent à l’Assemblée nationale, au niveau municipal ou au fédéral, ce sont des décisions qui nous touchent. Il faut donc s’en occuper, il faut s’y intéresser et c’est vrai qu’on peut changer les choses lorsqu’on s’y prend.

Tolerance.ca ® - Vous avez travaillé avec plusieurs personnalités politiques, notamment avec M. Russell Williams, ancien député de Nelligan, circonscription que vous représentez à l’Assemblée nationale. Vous ont-elles influencée ?

Yolande James - Oui, beaucoup. J’ai grandi à Pierrefonds, dans le comté de Nelligan que j’ai le privilège de représenter, et j’ai commencé ma carrière politique avec M. Williams. Je partage les objectifs poursuivis par Russell Williams dans différents projets, par exemple, celui de créer une résidence de soins palliatifs, ou son engagement dans Partage-Action, dont l’objectif consiste à offrir un soutien financier aux organismes communautaires locaux et à venir en aide aux personnes démunies tout en visant le développement communautaire à long terme.

Écoutez un extrait de l’entrevue :



Tolerance.ca® - Vous êtes la première personne noire à entrer au Conseil des ministres. Est-ce pour vous une fierté ou plutôt une déception de voir que cette étape ait pris autant de temps avant qu’elle ne soit franchie ?

Yolande James - C’est une très bonne question! Je peux vous dire que je ne suis pas déçue d’être ici (rires)! Bon, moi je trouve que, d’une part, il faut savoir qu’on peut le voir de deux façons : oui, ça a été long, mais le geste a été posé. C’est Jean Charest qui devrait passer à l’histoire. Je pense qu’on veut avoir un gouvernement qui soit à l’image de toutes les composantes de la société qu’il représente. Alors ce sont des gestes qui sont importants et qui, je pense, changent les choses aussi. C’est un peu un rêve que je réalise de voir que, la prochaine fois qu’une personne noire sera nommée au Conseil des ministres, ce ne sera pas un geste historique, mais une situation normale.

Tolerance.ca® - Récemment, le chanteur Luck Mervil, que vous connaissez bien je crois, a mentionné au cours d’une entrevue que les Noirs ont la cote au Québec en ce moment. Êtes-vous d’accord?

Yolande James - Je l’ai vu récemment justement. Écoutez, je pense que mon poste actuel me permet de m’en rendre compte. Le but c’est de faire en sorte que, peu importe ta couleur, ton origine, ton âge, peu importe ton profil, tu sois capable d’être tout ce que tu es et de contribuer à ta façon. Moi je le vois comme ça, je me dis que le premier ministre a eu confiance en moi et je veux rendre honneur à sa décision et bien faire mon travail. Je veux que les gens voient avant tout, oui, une femme jeune et noire, mais surtout une personne qui est capable de bien remplir son mandat. Sans cela, ça n’aurait aucun sens.

« Mon plus grand défi, c’est de me pousser à faire du mieux que je peux »

© Tolerance.ca**

Tolerance.ca® - Justement, vous dites que vous êtes jeune, vous êtes la plus jeune à avoir été nommée ministre après M. André Boisclair. Avec tout ce temps devant vous, quels sont vos objectifs sur le plan professionnel autant que sur le plan personnel?

Yolande James - Je pense que mes objectifs à ce niveau-là n’ont pas changé, c’est-à-dire que, contrairement à peut-être d’autres, je n’ai jamais voulu dire « Ok, d’ici 5 ans ça va être ça, dans 10 ans ça va être comme ça ». On pourrait penser, lorsqu’on regarde mon parcours, que je planifie ma vie de cette façon. Mon but, c’est de fixer mes objectifs mais surtout de me « challenger ». Si je n’ai pas de défis dans ce que je fais, il faut que je fasse un changement, ou ça va se faire naturellement. Mais mon plus grand défi, c’est de me pousser à faire du mieux que je peux et que je puisse évidemment faire changer les choses ou contribuer à faire changer les choses. Oui, ça peut se faire en politique, je pense que c’est un outil idéal et c’est pour atteindre ce but que je travaille. Je ne pourrais pas vous dire mes objectifs, ce n’est pas vrai que je vise un poste ou une chose en particulier, ce n’est pas comme ça que je vois la vie. Je la prends au jour le jour.

Tolerance.ca® - Aimez-vous votre expérience en tant que ministre jusqu’à présent?

Yolande James - Oui ! Je dois dire que j’aime ça. C’est sûr que vous me rencontrez après une première phase, le temps passe très vite. Chaque jour, je revois la responsabilité que cela implique, mais aussi le privilège que j’ai de vivre cette expérience-là.

Écoutez un deuxième extrait de l’entrevue :


Tolerance.ca® - Vous avez mentionné dans une entrevue radiophonique que vous vous trouvez présentement à votre place au bon moment. Qu’est-ce que vous entendez par cela?

© Tolerance.ca***

Yolande James - Moi, je crois au destin, c’est-à-dire que ce n’est pas par hasard si je suis arrivée au poste que j’occupe et je ne dis pas cela dans le sens que je l’ai planifié et que c’était voulu que je devienne la ministre de l’Immigration avant telle date, non pas du tout. Je me dis que oui, les circonstances ont fait en sorte que je vive ça. Je ne suis pas philosophe (rires), mais je crois que, des fois, on vit un moment et on ne comprend pas nécessairement pourquoi, comment et qu’est-ce que cela nous apporte, et, des fois, c’est plus tard qu’on comprend et qu’on apprend de ces leçons de vie et de ces expériences. Moi, je me dis que chaque chose qui m’arrive, ce n’est pas pour rien, et quand je dis que je suis à ma place au bon moment, c’est à ça que je pense.

Tolerance.ca® - Merci beaucoup de nous avoir accordé cet entretien.

Yolande James - Vous m’avez fait beaucoup réfléchir. Merci à vous aussi.

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Entrevue réalisée par Véronick Talbot pour Tolerance.ca ® en collaboration avec Victor Teboul.

Lisez aussi le Portrait de Yolande James. Cliquez sur :
  « Changer les choses, ça peut se faire en politique ».

Photo : Gunther Gamper.

© Tolerance.ca®  Inc. 2008.

 



* Image : © Tolerance.ca

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