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Observatoire des droits humains

Le Canada face à la politique étrangère iranienne et au dossier des droits humains

par
Rédacteur en chef adjoint, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®
Les reproches du premier ministre canadien, Stephen Harper, à l’endroit de l’Iran ne se limitent pas au seul programme nucléaire. Elles s’étendent aussi à sa rhétorique agressive, à son soutien à des groupes islamo-nationalistes (Hamas palestinien et Hezbollah libanais), qualifiés de «terroristes» par Ottawa, et à ses ambitions stratégiques dans une région clé comme le Moyen-Orient.



Stephen Harper et la politique moyen-orientale de l’Iran

La rhétorique agressive et négationniste de Mahmoud Ahmadinejad et Co.

Le président iranien ne manque aucune tribune pour faire parler de lui. Sa dernière trouvaille est celle de mettre en doute la véracité historique de la Shoah («Iran: Ahmadinejad, «nouvel historien» de la Seconde Guerre mondiale»). Au mépris de toutes les preuves disponibles et accessibles à tous en la matière. La dernière fois, c’était à la barre de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2009. Un positionnement qui a beaucoup choqué les survivants de cette tragédie et leurs ayant-droits. À raison! Pour montrer sa réprobation de ce discours négationniste, «répugnant», aux dires de Stephen Harper, le Canada a pris la bonne décision de boycotter l’Assemblée générale à cette occasion. Plusieurs pays ont fait de même, montrant l’isolement de l’Iran sur cette question douloureuse.

En plus de nier la véracité historique de la Shoah, Ahmadinejad continue de s’attaquer à Israël et de le menacer de destruction. Propos pris très au sérieux par le gouvernement de Stephen Harper. Une démarche sensée, quand on garde à l’esprit le messianisme du président iranien et de son mentor, l’ayatollah Mesbah Yazdi, qui voue une haine féroce à l’égard des Juifs («La politique du Canada face au programme nucléaire de l’Iran»).

Le soutien iranien aux groupes politico-militaires Hamas et Hezbollah

L’Iran a œuvré à la formation du Hezbollah chiite libanais. Il a aussi appuyé depuis de nombreuses années le Hamas palestinien. Il les soutient politiquement, financièrement et militairement. Ces deux groupes politico-militaires qui luttent contre Israël, n’ont jamais hésité à recourir au terrorisme dans l’intention d’atteindre des objectifs politiques. Le premier a obligé Tsahal en 2000 à retirer ses troupes de la quasi-totalité du territoire libanais (Israël garde encore une minuscule bande de terre du nom de ‘‘fermes Chebaa’’, «Mohamad Bazzi: Les défis de la politique étrangère du Liban au Moyen-Orient»). Le second dirige depuis quelques années une bande de Gaza presque totalement coupée du reste du monde («Dominique Vidal: Le mouvement Hamas. Une perspective non israélienne»).

Le gouvernement Harper considère comme «terroristes» ces deux groupes combattants. À cela s’ajoute leur dimension islamiste qui inspire beaucoup de craintes au Canada comme partout dans le monde, à l’ère post- 11 septembre 2001 de la «guerre mondiale» contre l’extrémisme islamiste, dont Al-Qaïda est une illustration édifiante. Le cabinet Harper estime que le soutien iranien à ces groupes ne milite pas en faveur de leur modération, encore moins pour la pacification de leurs activités, et les empêche en fin de compte de devenir des parties prenantes d’un processus de paix au Proche-Orient. Une idée à ne pas rejeter de prime abord.

La politique de puissance de la République islamique au Moyen-Orient

En plus de l’aide apportée à des groupes politico-militaires anti-israéliens, l’Iran a profité des déboires américains dans la région depuis la guerre d’Irak en 2003 pour renforcer sa position et devenir dans les faits la puissance dominante, au détriment notamment de l’Arabie saoudite et de l’Égypte. Grâce à ses leviers d’influence en Irak, en Afghanistan, au Liban, dans les territoires palestiniens, en Asie centrale et dans les monarchies du Golfe, la République islamique est maintenant en mesure de compliquer la tâche américaine dans la région, de déstabiliser les alliés de l’Occident et de menacer à terme les intérêts de celui-ci. D’où une inquiétude compréhensible de la part du gouvernement Harper. D’ailleurs, les voisins de l’Iran partagent cette inquiétude. À raison!

La question des droits humains

Les violations répétées et graves des droits humains par la dictature iranienne représentent un motif supplémentaire de préoccupation pour le gouvernement de Stephen Harper. Cela s’explique par deux raisons. La première est idéologique. La seconde est conjoncturelle.

Comme tout dirigeant d’une démocratie libérale, le premier ministre canadien ne pouvait s’enfermer dans une posture de spectateur du comportement du régime islamique en matière des droits humains. Si ce pouvoir théocratique avait déjà montré durant les 31 dernières années de son existence («Iran: le bilan de la République islamique après trente et un ans d'existence») de quoi il était capable en ce chapitre (arrestations arbitraires, torture, enlèvements, exil forcé, assassinats de dissidents…), la période post-élection présidentielle de juin 2009 l’a vu accentuer encore davantage sa répression des contestataires de la réélection de son «champion», Mahmoud Ahmadinejad («Iran: la République islamique et la dissidence du Grand Ayatollah Montaziri». D’où l’expression du gouvernement conservateur de ses préoccupations relativement, entre autres, aux questions de l’indépendance de la justice, de la liberté d’expression, de manifestation et de réunion, des droits des femmes et des minorités ethniques et religieuses dans ce pays soumis à une dictature islamiste.

Un autre motif de préoccupation de Harper est lié à la détention de journalistes canado-iraniens, dont Maziar Bahari (un reporter de Newsweek élargi le 17 octobre 2009, après avoir passé près de quatre mois en détention sans motif d’accusation valable). Sans oublier la douloureuse affaire de Zahra Kazemi, une photojournaliste canado-iranienne, morte en 2003 dans une prison iranienne sous la torture, aux mains des services du procureur général de Téhéran, Saïd Mortazavi. Caché sous de fallacieux artifices légalistes (Téhéran ne reconnaît aucunement la double nationalité de ses ressortissants et rejette donc la protection légale que celle-ci pourrait représenter pour eux en cas de besoin), Téhéran continue de ne faire qu’à sa tête. À titre d’exemple, la République islamique a toujours refusé que la lumière soit faite sur «l’affaire Kazemi». De plus, sa justice aux ordres s’est chargée de disculper et d’acquitter le 24 juillet 2004 Mohammad Reza Aghdam Ahmadi, agent des services de renseignements, unique accusé de son meurtre. Illustration du triomphe de l’impunité dans les palais de justice des mollahs.

**

À cause notamment du comportement voyou du régime iranien, le gouvernement de Stephen Harper s’est toujours montré méfiant à son égard. Comme il y voit, à raison, un facteur aggravant d’instabilité au Moyen-Orient, il a préféré lui aussi aborder sa relation avec ce pays à l’aide d’une approche de «dialogue contrôlé», en attendant qu’il s’amende.

16 février 2010.


 


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