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Affaire Ben Barka. La France et le Maroc doivent lever le voile sur cette affaire d’État

par
Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®
L’affaire Ben Barka continue de défrayer la chronique. Chaque fois que la pression sur les autorités marocaines ou françaises s’accentue pour que le voile soit enfin levé sur les zones d’ombre de cette affaire plus que franco-marocaine, de nouvelles «révélations» sont faites opportunément. L’objectif étant ici de l’envelopper d’un épais brouillard de mystère.



Plus de quatre décennies se sont écoulées depuis l’éclatement de l’«affaire Ben Barka», du nom de cet illustre chef de file de l'opposition marocaine en exil disparu un 29 octobre 1965 en plein jour à Paris, aux mains (dit-on) des services secrets marocains avec la complicité de policiers et de truands français. Cette bête noire du roi Hassan II inquiétait les Américains et indisposait les Français et les Israéliens («Maroc-France: l’inachevée affaire Ben Barka»). Sa disparition arrangeait donc plusieurs puissances.

Depuis, la mémoire de ce leader charismatique résiste toujours à l’usure du temps et aux calomnies opportunes! Dans son pays, cette icône de la gauche conserve encore intacte un aura dont n’ont droit que peu de figures historiques. Les péripéties entourant sa disparition ont ajouté à la tragédie une touche romantique. Sa famille, son comité de soutien international et tous ceux à la recherche de la vérité sur cette affaire sordide n’ont cessé depuis le 30 octobre 1965 de scruter le moindre indice qui pourrait les aider à refaire l’itinéraire tragique de leur héros disparu à jamais. Une démarche restée vaine à ce jour!

C’est pourquoi il est assez compréhensible de les voir faire preuve d’enthousiasme chaque fois que de nouveaux «développements» viennent s’ajouter au lot déjà connu des «révélations». Ce faisant (de rebondissement en rebondissement), ils contribuent à maintenir vivante la flamme de l’«affaire Ben Barka». Au grand embarras des autorités de Paris et de Rabat.

Ahmed Boukhari/Georges Fleury: vérité ou intox ?

Mais chose curieuse, chaque fois que la pression monte de façon significative sur les autorités marocaines et/out françaises (surtout à l’approche du 29 octobre, date de la disparition forcée de Ben Barka) pour qu’elles lèvent enfin le voile enveloppant cette «affaire», de nouvelles «révélations» font subitement leur apparition. Opportunément! La dernière en date est celle livrée par l’hebdomadaire français Le Journal de Dimanche (10 octobre 2009). On apprenait (grâce à une entrevue (?) avec Georges Fleury (écrivain et ancien des commandos de marine) que le corps du disparu a été incinéré à l’Essonne (en France). Cette «nouvelle» piste nous rappelle une autre piste, marocaine celle-là. C’est celle présentée par Ahmed Boukhari, un ancien des services secrets marocains. Dans un livre vieux de sept ans, cet agent affirme que le corps de Ben Barka a été dissout dans une solution chimique très puissante (voir Ahmed Boukhari, Le secret: Ben Barka et le Maroc.. Un ancien agent des services spéciaux parle, Neuilly-sur-Seine: Michel Lafon, 2002).

Deux éléments ont frappé à prime abord quelqu’un comme l’auteur de ces lignes (qui est loin d’être du secret des dieux). D’abord, chacun de ces deux conteurs a été (ou continue d’être) au service de l’État de son pays. Ensuite, ils ont tous les deux laissé entendre (ou dit) qu’il n’y a plus de traces du corps du disparu. Ces deux contes nous laissent l’impression étrange qu’en fait ils voudraient décourager toutes les personnes à la recherche de la vérité sur cette affaire sordide (la famille Ben Barka en tête).

**

La flamme de l’«affaire Ben Barka» résiste toujours au passage du temps. Si le passé est garant de l’avenir, on pourrait parier que la caverne d’Ali Baba recèle encore et encore d’autres «bijoux» de révélations à venir. Mais chose certaine, tant que la France et le Maroc ne lèvent pas conjointement tout le voile sur cette affaire d’État, la vérité demeurera orpheline.

12 octobre 2009


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La Chronique de Aziz Enhaili, rédacteur en chef de Tolerance.ca
par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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