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Human Rights Observatory

Corée du Sud – La voie des ressources humaines


(French version only)
Lors de son allocution prononcée à Accra au Ghana le 11 juillet 2009, le président Obama remarquait que des pays comme le Kenya, qui avaient per capita une économie supérieure à celle de la Corée du Sud quand il est né, c’est-à-dire en 1961, ont été largement distancés. Et comment ! La Corée ne peut désormais se comparer qu’avec les grands. 




En une dizaine de jours passés dans le pays de Lee Myung-bak cet été, j’ai pu découvrir une société ultramoderne, qui a fait le pari d’investir sur son peuple.

Dès l’aéroport d’Incheon, élu meilleur aéroport en 2008, on a un avant-goût de ce que nous réserve le pays. Des salles d’attente confortables aux toilettes automatisées, le design intérieur d’ensemble, tout transpire la modernité et le bon goût. Dans l’autobus qui m’amène à mon hôtel, je suis frappé par la largeur des routes, lesquelles n’ont rien à envier à certaines avenues newyorkaises. La route passe et le développement suit, dit l’adage.

Les Coréens l’ont bien compris.

Ils ont mis le paquet pour faciliter le déplacement de leur cinquantaine de millions d’habitants. La qualité de l’asphalte donne l’envie de rouler. Ici, l’automobiliste montréalais a presque la nostalgie des nids de poule, puisqu’il perd la justification première de ses jurons intempestifs. Séoul est une ville divisée en deux par le Hangang, mais qui fonde sa continuité sur la vingtaine de ponts ferroviaires et routiers, lesquels rattachent les deux rives de son grand fleuve. En somme, un réseau routier et un système ferroviaire qui font de la visite de Séoul une agréable ballade.

Dans le métro, on ne peut s’empêcher de constater la propreté des lieux (rien à voir avec celui de Paris et ses désagréables odeurs de pisse) et sa sécurité (rien à voir avec le métro de Montréal où l’usager qui attend l’arrivée du train, doit constamment demeurer sur ses gardes). Autant le dire, le métro de la métropole coréenne, un entrelacement riche de 12 lignes, est plutôt captivant. La propreté est de mise, alors que les murs de vitre assurent la sécurité des passagers et sert de rempart aux velléités suicidaires. Debout dans la station, ou alors assis sur ses reposantes banquettes, on attend son train dans la plus grande quiétude. On attend en regardant une émission de télé, en lisant les messages publicitaires sur des panneaux électroniques, en feuilletant son magazine. Parlons écologie. Un montant de 500 wons s’ajoute automatiquement sur le titre du transport au moment où le passager se procure une passe dans quelque guichet automatique en station. Son trajet complété, il doit retourner la carte, s’il veut récupérer ses 500 wons bien entendu. Il lui suffit de la réinsérer dans la machine. Inspirant, non ! Dans l’autobus, le Coréen paye son déplacement de diverses manières. Il peut utiliser du cash. Pas besoin d’avoir la monnaie exacte. Peu importe le montant qu’il dépose, le chauffeur presse sur une ou deux touche et le passager ramasse son change. Il peut aussi présenter une passe, ou tout simplement glisser sa carte de crédit sur un dispositif et le tour est joué.

Investir dans la ressource humaine

Comment un pays dont le PIB, il y a une cinquantaine d’années, était comparable à celui du Cameroun ou d’autres pays pauvres de l’Afrique a-t-il réussi une poussée aussi spectaculaire ? Rappelons qu’en 1988 déjà, c’est-à-dire moins de 30 après la naissance d’Obama, la Corée s’était dotée d’une assise économique et infrastructurelle suffisante pour accueillir les Jeux Olympiques.

Comment expliquer un tel succès ?

Interrogation d’autant plus pertinente que le pays est plutôt pauvre en ressources naturelles et dépend largement de l’importation pour l’énergie et les matières premières. Quand on demande au Coréen quelle est leur principale ressource naturelle, il répond, le sourire espiègle : « Le kimchi. » En réalité un légume typiquement coréen dont la préparation requiert une longue période de fermentation. Plus sérieusement, So Young, une organisatrice d’événements qui nous guide à travers la ville nous confie : « Nous avons investi dans nos gens, c’est notre principale ressource. » Les Coréens ont compris qu’il n’y a pas meilleur investissement que dans la jeunesse et qu’il n’y a pas meilleure stratégie initiale de développement que celui d’un marché local. Quelques minutes dans un coin de rue et vous voyez défiler à l’infini des Santa Fe, Sonata, Tucson, Sportage, Sorento et autre modèles du groupe Hyundai-Kia, quatrième constructeur automobile mondial. Une vibrante classe moyenne, qui consomme la production locale.

En phase avec l’évolution du monde, le gouvernement coréen a récemment introduit l’apprentissage de l’anglais au primaire. « Comme ça, nous pouvons être mieux fonctionnels dans un monde global », explique Yong-Kong qui s’estime chanceux d’avoir pris au sérieux ses cours d’anglais au secondaire, puisqu’il peut aujourd’hui échanger avec la plupart des étrangers qui visitent son pays. Bref, les Coréens du Sud ont su mettre en valeur leurs ressources humaines. Le résultat, c’est une société moderne, riche de son savoir-faire. La Corée a développé une industrie électronique et automobile des plus compétitives dans le monde. Aujourd’hui, son économie occupe le 13ème rang mondial.

Malgré la menace…

Une réussite remarquable, qui fait son chemin malgré la menace constante du voisin nordique. Depuis la fin de la guerre de Corée en 1953 et l’établissement d’une zone tampon entre les deux pays, les Nord Coréens ont tenté quatre invasions du Sud par des tunnels souterrains, la dernière datant seulement de 1990. Fort heureusement, à chaque fois, le tunnel a été découvert à temps et l’avancée des envahisseurs stoppée. La plus dangereuse tentative aura sans doute été celle de 1978. Les Nord Coréens s’étaient alors retrouvés à seulement 52 kilomètres de Séoul quand le tunnel a été découvert, c’est-à-dire dans le district administratif de Paju.

Aujourd’hui, l’excavation est aménagée en attraction et fait partie intégrante d’une visite touristique de la zone démilitarisée. Comme quoi, avec un peu d’esprit, on peut transformer un drame de l’histoire en activité génératrice de profits. Avec une douzaine de bases militaires américaines à travers le pays, les Coréens du Sud n’ont pas vraiment peur de leur voisin du Nord. C’est en tout cas ce dont nous a assurés la guide touristique qui a dirigé notre excursion dans le tunnel : « Nous ne sommes pas plus inquiets que le reste de la communauté internationale. Nous ne pensons pas qu’ils vont nous attaquer. » Reste que l’esprit belliqueux du voisin demeure très préoccupant pour les autorités du pays. 



Au final, je dirais que ce qui fait véritablement le charme de ce pays, ce sont ses gens à la politesse et la courtoisie peu communes. Leur perpétuelle révérence, empreinte d’une tradition millénaire ; ce chauffeur d’autobus qui descend m’indiquer mon chemin ; ce passant qui m’invite sous son parapluie ; cette bonne dame, vendeuse de poterie, qui m’offre une part de ses délicieuses patates douces ; ce brave commerçant, inconditionnel de Samuel Éto’o, qui se met à danser en apprenant que je suis du Cameroun. Très cool, ces Coréens. Impressions du touriste, certes, mais ponctuées par tant de menus événements plutôt agréables qui laissent dans l’esprit un souvenir marquant.


*  Place de la zone démilitarisée


** Un quai de métro à Séoul


***  En face du restaurant de référence de la zone démilitarisée.



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