Tolerance.ca
Regard sur nous et ouverture sur le monde
Indépendant et neutre par rapport à toute orientation politique ou religieuse, Tolerance.ca® vise à promouvoir les grands principes démocratiques sur lesquels repose la tolérance.

Victoire surprise du démocrate Doug Jones à l’élection sénatoriale de l’Alabama

par
Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

L'élection sénatoriale de cette année dans l’État de l’Alabama avait un goût particulier. D'où l'intérêt porté dans le reste du pays à son déroulement et à son issue.

 

La vague #MeToo n’a visiblement pas épargné un bastion conservateur comme l’État de l’Alabama. Le président Donald J. Trump l'a appris ce soir à ses dépens.

Les allégations d’agressions sexuelles coûtent son élection à Roy Moore

Roy Moore est un ancien juge très conservateur. Il voulait devenir le nouveau sénateur de l’État de l’Alabama. Mais, c’était sans compter avec son passé controversé. Neuf victimes présumées l’ont accusé de harcèlement ou d’attouchements sexuels. Certaines d’entre elles étaient mineures au moment des faits allégués. Ces faits allégués remontent à quelques décennies. Il a tout nié.

Le président Trump l’a appuyé officiellement et appelé les Républicains à voter pour lui. Le Comité national républicains a fini par se rallier à sa candidature. Mais, cela n’a pas dissuadé le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, d’appeler, le 13 novembre dernier, le candidat à se retirer de la course.

La campagne électorale était dure. Elle était suivie dans l’ensemble du pays à l’ombre du nouveau climat social et culturel créé par le mouvement social #MeeToo (#moiaussi). Plusieurs se demandaient si le tribalisme politique va avoir raison des questions de morale et de justice.

L’extrémiste de droite Steve Bannon a pesé de tout son poids pour faire élire Roy Moore. D’ailleurs, on les a vu faire campagne ensemble. L'occasion aussi d'attaquer les adversaires démocrates. La critique d’Ivanka Trump de la candidature de l’ancien juge lui a valu des attaques acerbes de la part de l’ancien conseiller en chef de son père en matière de stratégie politique. Le président était lui aussi mécontent de l’expression publique de la réaction négative de sa fille.

L'ancien président démocrate Barack Obama et l'ancienne ministre des affaires étrangères de George W. Bush, Condoleezra Rice, originaire de l'État, n'ont pas fait mystère de ce qu'ils pensaient du candidat républicain. 

Différents sondages donnaient Roy Moore élu.

Ce mardi 12 décembre, le candidat démocrate Doug Jones (de son vrai nom Gordon Douglas Jones) a créé la surprise. Contre toute attente, il a été élu comme le nouveau sénateur de l’État de l’Alabama. Il a récolté 49,5% des suffrages, contre 48,8% pour son adversaire. Le président Trump a salué avec un tweet sa victoire. Mais, pour le moment, le candidat malheureux refuse pour sa part de lui concéder la victoire.

Avec l'élection de cet ancien procureur fédéral (né en 1954), les victimes présumées de Roy Moore peuvent respirer de nouveau. Le parti républicain évite de son côté de se mettre dans une situation embarrassante et intenable au Sénat. D'un autre côté, les Démocrates voient leur marge de manoeuvre et de négociation s'améliorer face à leurs adversaires républicains et au premier d'entre eux, le président Trump.

Cette défaite n’est pas seulement celle de Roy Moore. C’est également celle d’un Donald J. Trump qui a fait son possible pour le faire élire. Pour lui, l'élection de M. Moore lui permettrait de mener à bien ses réformes. Cette défaite est également celle du suprématiste blanc Bannon qui est obligé de constater ce soir la limite de son influence et de sa recette.

***

La recette de Donald J. Trump n’a donc pas fonctionné cette fois. La défaite de Roy Moore est un revers à la fois personnel et politique majeur pour lui. Il constate les limites de son pouvoir de séduction parmi les conservateurs de l'État. Il voit également sa marge de manœuvre au Sénat se rétrécir. En perdant un siège, il se retrouve avec 51 sénateurs. Il va donc rencontrer encore plus de difficultés à faire passer ses projets de lois.

12 décembre 2017



Réagissez à cet article !
Pour écrire votre réaction, nous vous encourageons à devenir membre de Tolerance.ca® ou de vous identifier si vous êtes déjà membre. Vous pouvez poster une réaction sans devenir membre, mais vous devrez compléter vos informations personnelles pour chaque réaction.

Devenir membre (gratuit)   |   S'identifier

L'envoi de votre réaction est soumis aux règlements et conditions de Tolerance.ca®. Vous devez lire Les règlements et conditions de Tolerance.ca® et les accepter en cochant la case ci-dessous avant de pouvoir soumettre votre message.
Votre nom :
Courriel :
Titre :
Message :
 
  J'ai lu et accepté les règlements et conditions de Tolerance.ca®.
Chronique
Cet article fait partie de

Le monde de Donald J. Trump
par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

Lisez les autres articles de Aziz Enhaili
Suivez-nous sur ...
Facebook Twitter