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L’extrême droite défile de nouveau à Charlottesville en Virginie

par
Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

L’élection du Républicain Donald J. Trump a fouetté les ardeurs des différents groupes d'extrême droite aux États-Unis. Ils mettent à profit toutes les occasions qui se présentent à eux (quand ils ne les provoquent pas) pour se faire voir. Histoire de se rassurer et de faire parler d'eux.

 

 

Ce samedi, l’extrême droite était de retour dans les rues de Charlottesville. Les habitants de cette ville universitaire de l’État de Virginie se rappellent encore de leur manifestation, en mois d’août dernier, quand un néonazi avait foncé, à bord de sa voiture, sur des manifestants antiracistes. Il avait alors causé la mort de l’avocate Heather Heyer et blessé dix-neuf personnes. Cela a provoqué un énorme choc aux États-Unis. À cause de la tiédeur de sa réaction, le président Trump s'est vite retrouvé dans l’eau chaude. Il a fini par céder sous une forte pression venant de membres éminents de son entourage et de son parti, sans parler des Démocrates et du public en général.

Parader encore une fois avec des torches à la main

Ce 7 octobre, l’extrême droite a défilé à Charlottesville, sous la bannière ''Unir la droite'' (''Unite the Right''). Encore une fois. Ils étaient cette fois une trentaine de racistes avec des torches à la main. Ils ont fait un flash mob dans l’Emancipation Park. Tout un symbole qui rappelle des chapitres sombres de l’histoire des États-Unis.

Richard Spencer, un néonazi et fervent partisan du président Donald J. Trump, était en tête du rassemblement. Il a prêché sa litanie habituelle: l’establishment de gauche favorise des politiques hostiles aux Blancs.

Lors de ce rassemblement au pied de la statue du confédéré général Robert E. Lee, on a, autour de 20 heures, entendu plusieurs slogans: ''Le Sud renaîtra,'' ''Vous n’arriverez pas à nous remplacer,'' etc. Ce dernier message traduit cette peur imaginaire de disparaître (la thèse du grand remplacement qui est chère également à l’extrême droite en Europe) que cette partie xenophobe de la majorité blanche cultive dans un pays qui est fruit de vagues successives d'immigrants venus des quatre coins du monde. Cette même frange voit dans la Russie du Slave Vladimir Poutine un allié des États-Unis, même si dans les faits le Kremlin cherche à exploiter toutes les occasions qui s’offrent devant lui pour affaiblir l’influence américaine dans le monde.

La police était sur les lieux pour surveiller ce qui se passait et prévenir toute violence.

Les suprémacistes blancs ont promis de revenir dans les rues de Charlottesville: ''We will be back.'' Mais, ils savent ce que pense le maire de la ville d’eux. Sur son compte Twitter, le Démocrate Michael Signer n’a pas mâché ses mots. Il a parlé à ce propos ''d’une visite dégoûtante de plus de néonazis lâches.'' Il leur a également réitéré le même message qu’il leur avait livré en août dernier: ''vous n’êtes pas les bienvenus ici. Rentrez chez vous.'' Tout en alertant que toutes les voies légales seront examinées pour éviter à l’avenir d’autres rassemblements de groupes suprémacistes blancs à l’Emancipation park.

Sur son compte Twitter, le gouverneur démocrate de l’État, Terry McAuliffe, a de son côté déclaré qu’il suit la situation de près et rappelé son rejet de ces groupes racistes et de leur message haineux.

Le suprémaciste blanc Spencer a, pour sa part, parlé sur son compte Twitter d’''un grand succès.''

***

Le rassemblement de ce samedi entre dans le cadre de la stratégie de communication publique des groupes d'extrême droite aux États-Unis. Tout en faisant parler d'eux dans les médias nationaux, cela les aide à tester la réaction du grand public à leur message, à se faire remarquer et à recruter de nouveaux membres.

 

7 octobre 2017



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Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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