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ONU 2017: Donald J. Trump menace de ''détruire complètement la Corée du Nord''

par
Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

Cette semaine était un grand test pour le président américain. Il a fait ses premiers pas au siège des Nations unies, non loin du siège de son entreprise, l’Organisation Trump. L’occasion pour lui de dire ce qu’il pense des affaires internationales.

Kim Jong-Un est une des bêtes noires de Donald J. Trump. Les 193 chefs d’État et de gouvernement qui allaient participer à la 72e Assemblée générale annuelle des Nations unies devaient se demander ce que le président américain allait dire à propos de son homologue nord-coréen. Son discours à cette occasion leur a finalement permis d’être fixés là-dessus.

''Détruire complètement la Corée du Nord''

Le lundi 18 septembre, le président américain a prononcé un discours dans lequel il a appelé à la réforme des Nations unies et à la rationalisation de ses dépenses. Le lendemain, il a livré durant 41 minutes un discours à saveur nationaliste et a, entre autres, abordé la crise avec la Corée du Nord.

Donald J. Trump a rappelé à l’Assemblée générale des Nations unies un épisode douloureux pour son pays, celui d’Otto Frederick Warbbier mort à 22 ans. ''Il a été renvoyé aux États-Unis uniquement pour y mourir quelques jours après son retour,'' a-t-il regretté. Pour rappel, M. Warbbier était un étudiant américain. Pendant sa visite en Corée du Nord comme touriste en janvier 2016, il a été arrêté et condamné à 15 ans de prison et aux travaux forcés pour avoir tenté de voler dans l’hôtel où il résidait une affiche de propagande, un poster. Après dix-sept mois de captivité, Pyongyang l’a, en juin 2017, rapatrié aux États-Unis. Il était dans un état comateux. Six jours plus tard, il est décédé.

Le président américain a également rappelé l’assassinat du demi-frère de Kim Jong-Un, Kim Jong-nam. Pour rappel, cela s’est passé le 13 février dernier à l’aéroport international de Kuala Lumpur, en Malaisie. Il a été intoxiqué par l’agent neurotoxique VX, une arme prohibée par la ''communauté internationale.''

Le dirigeant américain a accusé le régime ''vicieux'' et ''voyou'' de Pyongyang d’avoir affamé à mort des millions de Nord-Coréens et d’être responsable de la détention, de la torture, de l’exécution et de l’oppression de bien d’autres de ses ressortissants.

Dans le même ordre d’idée, il s’en est également pris à Kim Jong-Un en personne. Il l’a qualifié d’''homme-fusée.'' Il a ajouté à son propos qu’il s’est engagé dans une ''mission suicide pour lui-même et pour son régime.'' Une allusion au développement de son programme nucléaire et à ses essais balistiques, au mépris des sanctions internationales. Il a aussi menacé le leader nord-coréen et son pays avec la puissance de feu américain: ''Les Etats-Unis ont une grande force et une grande patience, mais si nous sommes forcés de nous défendre ou de défendre nos alliés, nous n’aurons d’autre choix que de détruire complètement la Corée du Nord.'' Tout en disant enfin espérer ne pas arriver à cette extrémité et en appelant les Nations unies à redoubler d’efforts diplomatiques pour éviter une telle issue: ''Espérons que ça ne sera pas nécessaire, c’est à ça que servent les Nations unies.''

Donald J. Trump s’en est, d’un autre côté, pris à tous ces pays qui entretiennent des relations économiques avec la Corée du Nord et l’approvisionnent en armes et en énergie et la financent. Si cela s’applique à la Chine, principal allié de Kim Jong-Un, nombre de proches alliés de Washington entretiennent des relations diplomatiques et commerciales avec Pyongyang. Pour le dirigeant américain, aucun pays au monde n’a intérêt à voir ''cette bande de criminels se doter de l’arme nucléaire et de missiles balistiques.'' Il a appelé tous les membres de la ''communauté internationale'' à isoler la Corée du Nord jusqu’à ce qu’elle renonce à son attitude hostile.

Pour être sûr d’avoir été bien compris de tous, Donald Trump a affirmé que la dénucléarisation de la Corée du Nord est la seule option acceptable pour son pays.

Donald J. Trump s’en est pris également à l’Iran (on y reviendra dans une chronique), à Cuba et à son protégé vénézuélien Maduro.

Le discours agressif du président américain contraste avec celui diplomatique du secrétaire général des Nations unies. Antonio Guterres a mis en garde Washington contre tout risque de guerre avec Pyongyang. A la place, il a plaidé en faveur d’une ONU unie face à la Corée du Nord. Pour lui, c’est le moyen à même de parvenir à résoudre cette crise.

***

Donald J. Trump doit être un naïf ou un mauvais joueur. S’il pensait que sa menace de détruire tout un pays impressionnerait son dirigeant au point de le pousser à déclarer forfait avant même l’ouverture des hostilités, il se trompe lourdement. Sans se rendre compte, sa menace renforce l'unité des troupes autour du chef et plus important encore elle offre à Pyongyang le prétexte de justifier devant son peuple et la ''communauté internationale'' la poursuite de son programme nucléaire et de ses tests balistiques et de les présenter comme une garantie de survie non pas de son régime, mais de tout le pays.

22 septembre 2017



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par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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