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Le Koweït réduit ses relations diplomatiques avec la Corée du Nord

par
Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

Le développement des programmes nucléaire et balistique de la Corée du Nord lui a attiré une série de sanctions internationales. Pour essayer de l'isoler davantage, les États-Unis et leurs alliés exercent de fortes pressions sur plusieurs pays pour qu'ils mettent un terme à leurs relations diplomatiques et économiques avec Payongyang. Le Koweït y a succombé, mais à sa manière.

Les sanctions internationales n’ont pas à ce jour réussi à convaincre la Corée du Nord d'arrêter le développement de ses programmes nucléaire et balistique. Suscitant des condamnations aux quatre coins du monde. Les États-Unis ont pour leur part durci le ton vis-à-vis de ce pays. Ils ont également exercé de fortes pressions sur leurs alliés pour qu’ils rompent leurs relations diplomatiques et économiques avec lui.

Le Koweït adopte plusieurs mesures hostiles à la Corée du Nord

Depuis l’éclatement de la crise diplomatique entre le Qatar et quatre pays arabes, le Koweït n'a ménagé aucun effort pour essayer de trouver une issue satisfaisante pour les deux parties. Sans succès pour le moment. Cette question a figuré sur la liste des sujets abordés, le 7 septembre, avec le président Donald J. Trump lors de la visite officielle à Washington de l’émir koweïtien, le cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Sabah. L’occasion pour la Maison-Blanche également d’exercer de fortes pressions sur le proche allié qui héberge la seule ambassade nord-coréenne dans les pays arabes du Golfe Arabo-Persique pour qu’il rompe des relations vieilles de 25 ans avec Pyongyang. La Corée du Sud et le Japon ont eux aussi multiplié les pressions dans ce sens sur le riche émirat arabe.

Dix jours plus tard, on a vu le résultat de ce lobbying.

Le Koweït a décidé non de rompre ses relations diplomatiques avec Pyongyang, mais de les réduire de manière drastique. Il a ordonné à l'ambassadeur nord-coréen So Chang Sik de quitter son territoire, mais lui a laissé un mois pour le faire. Il a également réduit la représentation diplomatique de son pays à un chargé d’affaires et trois diplomates. Il a aussi arrêté l’octroi de visas de travail aux ressortissants nord-coréens.

La main d’œuvre nord-coréenne est elle aussi touchée par la nouvelle politique koweïtienne. Dès que leurs chantiers d’infrastructure seront terminés, les 6064 travailleurs nord-coréens (AP, 11 août 2017) que compte le pays devront plier bagage et s’en aller. Le Koweït ne va donc pas les expulser tout de suite.

D’autres étapes avaient précédé ces mesures.

En 2016, le Koweït a mis un terme aux vols directs de la compagnie aérienne nationale de la Corée du Nord, Air Koryo. Le mois dernier, il a arrêté les vols directs depuis et vers ce pays et a cessé l'octroi des visas d’entrée et des licences commerciales aux Nord-Coréens.

Les États-Unis et leurs alliés affirment que la majeure partie de l’argent gagné à l’étranger par des travailleurs nord-coréens en devises fortes se retrouve dans les caisses de Pyongyang, ce qui l’aide à se doter, entre autres, de missiles qui menacent désormais plusieurs pays limitrophes. L’idée est simple pour eux: si on empêchait l’entrée de devises en Corée du Nord, cela rendrait les choses plus compliquées pour Kim Jong-Un et pourrait retarder la réalisation de ses ambitions nucléaires et balistiques. Pour arriver à leurs fins, ces puissances multiplient leurs pressions sur les pays entretenant des relations diplomatiques et économiques avec Pyongyang.

En moins d’un mois, le Koweït a donc fait un virage à 180 degrés dans sa politique nord-coréenne. La preuve? Le mois dernier, il déclarait non seulement qu'il n'allait pas expulser du pays la main-d'oeuvre nord-coréenne à bon marché, mais qu'en plus il allait accorder de nouveaux visas au compatriotes de Kim Jong-Un qui voudraient travailler sur ses chantiers de travaux publics.

***

Le Koweït est un allié de longue date des États-Unis. Ce sont ces derniers qui lui ont permis de retrouver une souveraineté violée par l’invasion des troupes de Saddam Hussein de son territoire au début des années 1990. Au sud de la capitale Koweït-City, se trouve la base Arifjan où sont stationnés 13 500 militaires américains et où le Commandement central avancé de l’armée américaine a ses quartiers. Ces éléments ajoutés au caractère du président Trump et à un contexte régional volatile ont été, nous semble-t-il, pris en compte au moment de décider quoi faire dans le dossier nord-coréen. Koweït City pourra évidemment justifier ses revirements en arguant qu’elle ne pouvait faire autrement que de se conformer aux sanctions adoptées par les Nations unies contre Pyongyang et donc qu'elle devait changer son fusil d’épaule. Cette décision montre combien est réduite la marge de manoeuvre du Koweït vis-à-vis de son allié américain.

18 septembre 2017



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La Chronique de Aziz Enhaili, rédacteur en chef de Tolerance.ca
par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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