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Nouvelles sanctions américaines anti-russes, riposte de Vladimir Poutine et remerciements de Donald J. Trump

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Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

La Russie avait tiré avantage de l'indécision et du vide laissé par le gouvernement Obama ici ou là pour placer ses pions sur l'échiquier géopolitique. Cela n'a pas été bien apprécié par le méfiant establishment traditionnel de la politique étrangère américaine. Le président Trump n'a pas pu atténuer cette méfiance, y compris au sein de son propre parti.

Le président russe Vladimir Poutine ne voulait pas de la candidate démocrate Hillary R. Clinton à la Maison-Blanche. Il comptait sur l’élection du républicain Donald J. Trump pour normaliser les relations de son pays avec les États-Unis. Mais, l’élection de son favori ne lui a pas permis pour le moment d’obtenir ce qu’il désirait.

Donald J. Trump remercie Poutine pour l’expulsion de centaines de diplomates américains en Russie

La communauté du renseignement américain a accusé la Russie d’ingérence dans la campagne électorale de 2016 en faveur du candidat républicain. Le président Vladimir Poutine s’en est vigoureusement défendu. Le président Trump a, de son côté, rejeté toute collusion de son équipe de campagne avec Moscou et est allé jusqu’à affirmer que le Kremlin n’avait pas intérêt à le voir lui et non son adversaire démocrate à la tête de la Maison-Blanche. Pour faire la lumière sur cette affaire, le Congrès américain et la police fédérale mènent leurs enquêtes. Aussi, les deux chambres d’un Congrès à majorité républicaine, d’abord la Chambre des représentants le 25 juillet, et le Sénat, le 27 juillet, ont voté en faveur de nouvelles sanctions économiques contre la Russie, renforçant ainsi le régime existant depuis l’illégale annexion russe de la Crimée et son ingérence dans la partie Est de l’Ukraine. Un camouflet pour le président républicain qui a dû, à son corps défendant, signé le texte du Congrès. Toutefois, il a déclaré que ces nouvelles sanctions lui posaient problème.

C’en était trop pour une Russie dont l’économie était déjà affectée par le régime déjà existant des sanctions américaines, européennes et canadiennes, et qui comptait sur l’arrivée au pouvoir de Donald J. Trump pour améliorer les relations entre leurs deux pays. En guise de riposte, Vladimir Poutine a, le 28 juillet, ordonné à Washington de réduire les effectifs de son ambassade et de ses consulats en Russie de 755 employés. Cela devrait prendre effet à partir du 1er septembre prochain. Cette sanction diplomatique devra ramener les effectifs américains à ceux russes aux États-Unis, soit 455 personnes. Aussi, les collaborateurs russes seront également touchés par la mesure de leur gouvernement.

Le 10 juillet, le locataire de la Maison-Blanche a, pour la première fois, réagi publiquement à la mesure hostile du maître du Kremlin. On se serait attendu de sa part à ce qu’il fasse une sortie tonitruante, une critique acerbe ou quelque chose du genre. Mais, c’était mal connaître l’atypique Donald J. Trump.

Le républicain se trouvait à son club du golfe de Bedminster au New Jersey au moment de sa sortie. Il s’est réjoui de la mesure de rétorsion prise par son homologue russe. "Je veux le remercier parce que nous essayons de diminuer nos dépenses et en ce qui me concerne, je suis très reconnaissant qu'il se sépare d'un grand nombre de personnes parce que maintenant nous avons de plus faibles dépenses," a-t-il déclaré. Il a ajouté que: "Il n'y a pas vraiment de raison pour qu'ils (les 755 diplomates et techniciens, ndlr) y retournent." Mais, s’il a insisté sur l’idée que la décision russe allait permettre à son pays d’"économiser beaucoup d’argent," il n’a pas montré comment cela devait-il se traduire dans les faits. Ces diplomates et techniciens qui seront expulsés de Russie seront-ils purement et simplement congédiés, sans aucune forme de procès? Le peut-il vraiment? Pas sûr.

Devant le tollé suscité par la déclaration de Donald J. Trump, la Maison-Blanche a essayé de minimiser l'incident, en parlant de sarcasme présidentiel. Même ligne de défense à des occasions précédentes.

***

Les relations entre la Russie et les États-Unis restent mauvaises. Leur méfiance mutuelle est encore de mise. Le changement de pouvoir à Washington n'a donc pas permis le changement espéré au Kremlin. Rien n'indique pour le moment un changement de cap de leurs relations à court ou moyen termes 

11 août 2017



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par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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